SUD,Ebolowa : Une autre cuvée de techniciens agropastoraux prêts pour emploi

SUD,Ebolowa : Une autre cuvée de techniciens agropastoraux prêts pour emploi

Ces lauréats sont désormais mis à la disposition du marché de l?emploi depuis le 25 juillet dernier au terme d'une formation de deux ans dans les écoles de formation professionnelle du ministère de l?agriculture et du développement rural (Minader), à l?occasion de la cérémonie solennelle présidée par le gouverneur de la région du Sud qu?accompagnaient les responsables en charge de la formation professionnelle dans ledit département ministériel.

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Au total, 253 lauréats dans les options de la technique agricole, du conseil de la coopération et du conseil en entrepreneuriat agropastoral. Les défis qui les attendent sont nombreux entre autres, trouver une place importante au soleil et réduire le spectre des demandeurs d’emploi de plus en plus grandissant. Les différentes formations ont été reçues au collège régional d’agriculture (Cra),  à l’école technique d’agriculture (Eta) où alors à l’école des spécialistes pour la coopération (Efsc) tous à Ebolowa. Ce qui pour les lauréats augure  un lendemain meilleur, lorsqu’on sait qu’ils ont été au four et au moulin pour braver les rudes épreuves y relatives. Ce sont déjà des spécialistes pointus dans leurs différents domaines en même de créer et de gérer les exploitations agricoles. Le parchemin n’étant pas une fin en soit mais juste une capacitation dans un domaine, ils devront alors remuer les méninges, être imaginatif pour trouver de quoi garantir leur vie après cette formation. Ils sont donc attendus au pied du mur comme des maçons. En s’appuyant sur ce qu’ils savent faire, les yeux des populations sont désormais rivés sur eux, ils doivent contribuer à l’augmentation des rendements des exploitations agropastorales ou alors contribuer à cela de par leurs conseils dans les exploitations familiales. Car, c’est bien cette insuffisance des vivres qui créé la spéculation dans les marchés au moment ou la bourse des consommateurs s’amenuit au jour le jour et le panier de la ménagère en prend ainsi un coup violent. Ces lauréats devront ainsi s’appuyer sur leurs propres forces mentales à braver les épreuves rudes de l’accès au foncier et aux guichets de financements  pour s’installer à leur propre compte au moment où l’état ne peut plus employer tous le monde. Au moment où le chef de l’état invite les jeunes à aller vers le travail de la terre car, cette terre ne trompe jamais. Doit-on aller dans ce travail les mains vides, sans outils lorsqu’on sait qu’avec le minimum l’envie se déclenche. C’est effectivement ce que pensent et désirent nos lauréats et anciens lauréats dispersés dans le triangle national. Pour Antoine Mbida directeur du Cra d’Ebolowa, « dans les économies agropastorales ou financières, l’initiative entrepreneuriale doit alors prendre le relai en vue de rendre disponible la production. Et par elle,  on peut en faire de bénéfices pour améliorer les conditions de vie et mieux contribuer à la sécurité alimentaire du pays. Ce qui nécessairement passe par la mise sur pied des exploitations dignes de ce nom et enfin créer des postes de travail pour la résorption du chômage. Le potentiel est là, avec des initiatives courageuses on peut espérer à un lendemain plus meilleur encore ». Espoir, c’est le leitmotiv du  porte-parole des étudiants qui a  émis le vœu que les pouvoirs publics les accordent les facilités pour une meilleure installation. Il s’agit là d’une ouverture aux guichets de financements et à l’accès au foncier sans lequel l’agriculture est impossible.  La thématique de la leçon inaugurale à savoir, « formation professionnelle, enjeu pour le décollage de la précarité de nos populations » a permis à chaque lauréat d’avoir quelques clés pour  mieux développer l’esprit entrepreneurial. Un engagement qui fera basculer les pesanteurs compte tenu des opportunités de marchés que présente les différents marchés de la  sous-régional de la Cemac. C’est dans cette optique que le Félix Nguelé Nguelé gouverneur de la région engage alors les uns et les autres à dénicher toutes les opportunités possibles d’emploi par une diversification de leurs actions. Pour lui, « il est question de  toujours  garder l’espoir et de continuer à scruter pour de grandes perspectives. Car, l’engagement de l’état est remplit, divers programme qui s’intéressent à l’entrepreneuriat jeunes sont là. L’accompagnement est assuré à travers les départements ministériels techniques. Il reste à combiner volonté et imagination pour atteindre le résultat escompté ».

Jacques Pierre SEH



Interview

 Mbahe Rigobert Elarion

« Si nous voulons que les producteurs décollent dans leurs activités, dites aux politiques de mettre en place un dispositif direct pour les atteindre »


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Ingénieur général d’agriculture, il a occupé plusieurs hautes fonctions au ministère de l’agriculture. Actuellement en cabinet depuis environ quinze ans d’affilés, il est consultant à l’international et  travaille avec les coopérations. C’est à ce titre qu’il a été appelé à présenter la leçon inaugurale à ces lauréats qui vont affronter les affres de vie parlant, du monde de l’emploi. Car, dans un contexte où l’état a de la peine à donner du travail à ses fils que faire si ce n’est pas aller dans l’entrepreneuriat. Les expériences vécues dans le cadre de ses missions en Afrique de l’ouest avec le mouvement coopératif peuvent inspirer les jeunes en quête d’emploi.




Quelle peut être le levier qui peut faire décoller l’entrepreneuriat agricole au Cameroun ?

Dans une économie agricole comme c’est le cas au Cameroun, l’entrepreneuriat occupe une place de choix. Le diagnostic établi révèle trois grands problèmes qui inhibent l’avancée. Nous avons écrit des livres sur l’entrepreneuriat agricole réellement opérationnel avec la coopération allemande. Et ce diagnostic a été établi comme suit. Premièrement, les producteurs dans les milieux de production ne sont pas organisés. L’organisation signifie de s’interroger sur ce qu’on va faire au cours de la campagne agricole, et pour gagner quoi à la fin de la campagne. Deuxième, le peu qui vient de cette inorganisation en tant que revenus est dilapidé faute d’objectif de départ. Troisièmement, à la fin on n’arrive pas à faire une évaluation sans complaisance. Si nous voulons que les producteurs décollent dans leurs activités, dites aux politiques de mettre en place un dispositif direct pour les atteindre. Il sera question d’éveiller leur conscience afin qu’ils sachent qu’ils doivent se battre pour sortir de la précarité ambiante.

 


Quelles sont les pistes de solutions envisageables pour mieux avancer ?

La première chose est de se mettre en commun car, seul on ne peut pas regarder plus loin. En commun on est fort, on a des objectifs de production c'est-à-dire du champ jusqu’à la table pour la consommation. Dans quels maillons dont ces jeunes mis ensemble peuvent s’insérer pour saisir une opportunité. Là, il s’agit de comprendre où on veut aller. C’est la vision sans laquelle rien de fructueux ne peut se faire. Mettre sur pied de bons plans d’affaire, rédiger des projets à soumettre aux guichets de financements. Mais pour démarrer, il ne faudra pas attendre seulement l’argent qui viendra des coopérations, il faut se dire qu’il n’y a plus du gratuit par conséquent il faut se battre. Ensemble, il faut commencer, l’idéal étant que le financement vous trouve avec un projet bien ficelé au lieu d’aller faire le mototaxi ou alors le call box. Il est question de se projeter.

 


Quelle peut-être la responsabilité de l’état dans ce blocage entrepreneurial ?

Aujourd’hui l’état est défaillant  ça vous pouvez le connaitre. Avant, étant à l’école de formation on donnait les bourses aux apprenants, on donnait les comprimés antipaludéens, les élèves recevaient des vermifuges, c’est l’époque où l’état avait plus de ressources financières. Sans ressources aujourd’hui, il lui reste juste à avoir des grandes stratégies de développement pour faire avancer les choses. Antérieurement, on accompagnait des groupements de producteurs on peut se demander que sont-ils devenus aujourd’hui. Ils ont réussi à fructifier cet accompagnement, je ne pense. On donne des appuis sans impact réel sur le terrain et pire encore sur la vie des producteurs. Et l’éligibilité à ces guichets est même à tête chercheuse, on parle des moyens mis à la disposition des paysans qui ne les atteignent pas. Je pense qu’il est question de former les gens et les mettre dans un projet unique, ensemble ils peuvent mieux s’exprimer et donner les meilleurs résultats. Il est davantage question de penser à l’organisation en coopérative qui est le point d’ancrage qui peut nous aider à progresser.

 


Propos recueillis par

Jacques Pierre SEH



 

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