Il faut alors trouver un centre de traitement des déchets, où ceux-ci après la collecte dans les bacs à ordure en ville devaient être versés pour traitement. Le site actuel étant donc une propriété privée ainsi, environ 6.5 hectares de terrain ont été réquisitionnés pour les besoins de la cause suite à une entente sur une contrepartie à verser aux ayants droit.
Les années ce sont succédées jusqu’à dix, les propriétaires n’ont rien perçu de la Cue d’où le ras- le- bol. Les riverains, eux qui sont victimes des effets de cette décharge relatif à la pollution par les odeurs, l’effet de la permanence des mouches partout et en tout temps, décident le 08 mai dernier de voir clair dans cette situation qui dure depuis dix et qui pour eux sentait déjà la duperie. Ainsi, pendant près de 02 semaines Hysacam ne pouvait pas accéder à la décharge et par conséquence ne collectait plus les ordures dans les rues faute de lieu pour les verser. Ebolowa devenait petit à petit comme une ville bizarre avec la forte présence des immondices. C’est à la faveur de la célébration de la 47 ème édition de la fête de l’unité le 20 mai dernier en patriotes, ces revendicateurs ont été convaincus pour lever leurs barrières le temps que Hysacam puisse rendre la ville propre du fait de la forte présence des délégations des pays voisins venues festoyer à Ebolowa. Le temps de trouver une solution définitive en vue de la compensation du manque à gagner de dix années. Une réunion d’entente avait donc été annoncée pour le 28 mais dernier, celle-ci devait mettre face à face le patron de la Cue et les riverains. Cette assise annoncée a accouché d’une souris, les riverains ont répondus présents mais la partie adverse absente. Ce qui a paru non seulement comme une insulte pour les riverains mais un véritable mépris et décident alors de passer à la phase 2 de leur action. L’accès au centre de traitement des déchets a été alors barricadé à nouveau pour se faire entendre. Il faut noter qu’à l’acquisition de ce site pour décharge, il n’était pas déclaré d’utilité publique et par conséquent restait une propriété privée dont l’accès ou l’utilisation devait être précédé par une négociation. La tension monte et le statut quo perdure de ce côté, ce qui oblige donc le préfet du département de la Mvila Rachel Ngah Zang à se saisir du dossier pour trouver la médiane. Une réunion tripartite est alors convoquée par l’autorité afin de coller ce qui pouvait encore l’être, le problème des riverains étant plus basé sur leur paiement. Faute de paiement immédiat et faute de déclaration antérieure de la parcelle d’utilité publique par conséquent reste une propriété privée, l’autorité demande ainsi à Hysacam de libérer le site et lui donne 03 mois pour le faire. Et d’autres propositions de sites ont été faites dans les villages Adoum et Lo’o Biyeng où les riverains de ce côté entreront certainement en possession de leur dû avant toute utilisation. Il faut noter que l’impact des déchets sur l’environnement est indéniable sur la santé humaine, l’économie, la production agricole. Car, selon les experts cet endroit ne pourra pas être utilisé sur plusieurs dizaines d’années du fait de ces ordures qui ont été enfouies en ce lieu. Il faudra attendre que tout ce qui y a été enfoui a savoir, déchets plastiques non biodégradables et autres soient transformés par la terre et qu’en plus cette terre se consolide pour redevenir utilisable. Il faudra du temps. Il faut aussi reconnaître que la querelle ne se situait pas entre les riverains et Hysacam, mais entre les riverains et la Cue qui est venue parlementer pour cette parcelle puisque c’est elle la Cue qui en avait la charge d’offrir une décharge à son partenaire. Et aujourd’hui, Hysacam se considère comme une victime, elle qui devra payer les salaires à ses employés même comme ceux-ci n’ont pas travaillés pendant plusieurs semaines, un manque à gagner en somme.
Jacques Pierre SEH