En 2007 la Sodecao hérite du patrimoine cacaoyer suite à la fin du Pscc (programme semencier cacao café) dans l’optique de mettre le matériel végétal à la disposition des producteurs. Il est question de sortir du cap de 270.000 tonnes de fèves produites annuellement, dans des conditions rustiques qui freinent l’amélioration des rendements malgré le bon envie des acteurs à faire de la cacaoculture. Le champ semencier de Nkoemvone reste alors celui qui peut permettre de combler ce désir en semences de qualité et en quantité. Jadis, il produisait environ 1.5 millions cabosses de cacao annuellement et aujourd’hui peine à faire le tiers. La cause première, les champs ont vieilli, d’autres parcelles abandonnées dans la broussaille, sans suivi, la vieille main d’œuvre de l’époque n’a pas été renouvelée, les équipements en quantité insuffisante bref, ce patrimoine ne peut plus produire les résultats attendus. Bâti sur 105 hectares, aujourd’hui seuls une trentaine hectares sont en voie de réhabilitation, et réussissent à produire juste une centaine de mille de cabosses de cacao annuellement, un gâchis en somme. Il est question pour le directeur général de la Sodecao d’assurer le redressement de cette économie cacaoyère, il faut rendre disponible davantage le matériel végétal.

Pour Jean Claude Eko’o Afouafane, « il n’y a pas que le champ semencier de Nkoemvone, on peut miser sur ceux de Mengang et d’Abong Mbang qui couvrent 38 hectares. Il est donc question du développement de nos capacités de production de la semence, nous accusons une insuffisance criarde du matériel végétal. Nous travaillons également à Pouma pour la mise en place des pépinières ». Du constat fait, il y a un problème de densification des champs que ce soit à Nkoemvone, Megang comme celui d’Abong Bang. Il y a également des problèmes d’outillage, d’équipements qu’il faudra rapidement résoudre. Et le champ de Nkoemvone permet de prendre la mesure de l’effort qui doit être celui de l’état à travers la Sodecao. La tâche est donc immense, et le patron de l’agriculture et du développement rural en a pris l’ampleur de celle-ci. Pour Gabriel Mbaïrobe, « le champ semencier de Nkoemvone est très important pour la relance de la culture cacaoyère. Le plan stratégique prévoit qu’on atteigne la production de 600.000 tonnes de fèves par an. Il manque environ 280.000 tonnes à produire dans un avenir de 3 à 4 ans, il est urgent que l’on puisse atteindre cette production annuelle qui fait partie de nos objectifs stratégiques du développement du secteur rural. Mais pour y parvenir, il faut passer par la production des plants dont la semence de qualité. Aujourd’hui, nous estimons nos besoins à environ 50 millions de plants par an à mettre au sol. Tout débute donc par la production des cabosses, c’est ce qui se passe à Nkoemvone. Il est question également de mettre sur pied 15 hectares de champs semenciers en vue de produire les variétés camerounaises, pour préserver la qualité du cacao camerounais qui est très prisé à travers le monde ». A l’observation, les cacaoculteurs sont mobilisés aujourd’hui pour ce produit qui est le cacao, si chers à l’économie camerounaise, et aux familles des producteurs. Dans certains pays producteurs on rencontre des forêts de cacaoyers et au Cameroun, il y a le cacao dans la forêt comme pour dire qu’il y a des choses à faire dans cette œuvre de redressement de l’économie cacaoyère nationale. Il faut révéler que ce besoin actuel en plants de cacaoyers s’évalue en cinquantaine de millions de plants, ne peut plus être satisfait par la seule voie des pépinières, il faudra directement faire appel à d’autres procédés qui permettent de produire les plants à suffisance comme la boi fabrique mise en exergue au Brésil.
Jacques Pierre SEH