Le Cameroun est un pays dont environ 60% de la population vit en zones rurales. Ces zones se caractérisent par un faible revenu des populations, une activité essentiellement agricole et une faible pénétration des équipements de télécommunications. Un accès très difficile des populations concernées aux informations, ainsi qu’aux ressources éducatives et sanitaires. Si les problèmes semblent trouver des solutions en zones urbaines, en revanche les zones rurales pas et ceux-ci se posent avec acuité. L’option de déployer les Tcp avait été choisie pour en doter dans une première phase, environ 150 Tcp à travers l’ensemble du territoire national. Ce qui favoriserait l’accès partagé de ces infrastructures aux communautés. La région du Sud en avait bénéficié de 27 Tcp dont certains étaient fonctionnels.
A Ndeng dans l’arrondissement de Mengong comme à celui de Biwong Bulu où ces 02 télécentres communautaires polyvalents ont été inaugurés le même jour sous une forte mobilisation des élites de ces coins témoignait de l’importance de ce projet. Les populations, le temps de cette inauguration voyaient leurs villages se transformer subitement en des centres d’excellence de grandes opportunités. Car, pour les discoureurs du jour, la ville était déjà dans le village et on pouvait vendre du moins faire des grosses affaires étant assis au seuil de sa cuisine au village. L’accès aux réseaux sociaux, la familiarité avec l’outil informatique étaient bien des visées de ce projet. Il était alors question de faire des grandes choses même étant en zone rurale. L’exemple des jeunes qui fuient les villages, ils pouvaient déjà bien se stabiliser les commodités de la ville pouvant déjà être transposables en zones rurales, un frein en somme de l’exode rural. Bref, ces Tcp devraient constituer des grands centres de convergences de populations dans les villages en vue de la préservation de la flamme du vivre-ensemble.
Cette affaire n’a duré que le temps de sa conception car, à ce jour ces Tcp sont fermés dans la région du Sud pour la plupart, certains n’ayant même pas reçu la dotation en équipements techniques. Pour Sara Mbita habitante du village Ndeng, proche d’un Tcp, « on se rappelle seulement ce jour où les gens sont venus de Yaoundé pour ouvrir ce bâtiment. On nous disait qu’on allait envoyer des équipements après et que certains des nôtres pouvaient être recrutés, après plus rien. Peut être qu’ils viendront à nouveau à la veille des échéances politiques pour nous signaler l’effectivité ». Situation similaire dans plusieurs autres localités où ces Tcp avaient été construits. Pour Martin Zanga responsable d’un Tcp au village Nselang, « le projet dans son ensemble était bien pensé. Les difficultés d’accès à l’électricité dans ces localités villageoises ont contribuées à plomber leur existence. L’in appropriation de ces ouvrages par les villages, qui ne se reconnaissent pas dans ce projet. Du coup, cela devenait l’affaire de l’état qui devait assurer, l’équipement, le fonctionnement, les salaires des personnels et la maintenance. C’est vrai également que le projet n’était pas arrivé en son terme avec l’ancien Minpostel, l’actuel n’en ait pas fait de Tcp une action prioritaire d’où ce que l’on observe à ce jour sur le terrain ». Il faut reconnaitre que les nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic) sont indispensables au développement économique et social d’une région en général et des localités en quête de modernité en particulier. La région du Sud en avait bénéficié de 27 Tcp qui a l’époque étaient fonctionnels. Il est question pour l’heure selon les experts en la matière, de redéfinir le projet et de le mettre en marche en impliquant davantage les maires qui devraient y veiller ceci dans le cadre de la décentralisation. Pour permettre aux bénéficiaires d’entrer dans la modernité qu’apporte le village planétaire avec internet. Car, il s’agit d’un instrument de la lutte contre la pauvreté, de l’exode rural et de la réduction de la fracture numérique entre les zones rurales et les zones urbaines.
Jacques Pierre SEH