Les populations se lamentent, elles voient l’intensité et la vitesse de sortie des grumes de leur forêt mais, elles n’ont rien en retour comme élément de compensation. C’est ce qui a constitué le déclic pour la tenue de cette rencontre selon Mvondo Levis élite de la contrée. Pour lui, « il est question d’apporter un encadrement aux populations afin de garantir leur bien-être. Il se trouve que depuis 07 mois environ, une société forestière est assise sur l’héritage de nos ancêtres, l’Ufa 09020 dévaste la forêt jusqu’à la destruction de nos propres plantations qui sont en forêt. Et en retour, les villages n’ont rien en compensation comme œuvres sociales. D’où l’objet de cette rencontre en vue d’édifier les riverains sur le mode de gestion partenariale de la forêt, les rôles des uns et des autres ». Il est question pour l’initiateur de mettre à la disposition des riverains, des outils afin qu’ils s’approprient de la gestion de leur forêt.
Car, faute de connaissance de la procédure même ce qui leur revient de droit ils ne le sauront pas. Pour Jean Paul Nguiamba coordonnateur de l’Ong Pem-Cameroun, « l’éveil citoyen est une vertu important pour un suivi participatif. Le défaut de connaissance est un frein pour le développement durable. La causerie éducation visait à apporter des informations sur un sujet préoccupant à savoir, la gestion durable de la forêt conformément à la réglementation. Le plan de travail a porté sur la fonction réelle de la forêt, sur le plan d’aménagement, sur le plan de mise en œuvre et l’élaboration du plan d’aménagement. Sur le second volet, on a abordé la structuration des comités précisément le comité paysan forêt ainsi que le comité riverain en matière de la gestion des revenus issus de l’exploitation forestière ». Avec ces éléments mis ensemble, les riverains maîtrisent chaque étape et savent désormais où intervenir et quoi dire. Comme c’est le cas de ce constat malheureux où toute la documentation liée à cette exploitation n’est pas en possession de la communauté.
C’est ce que confirme Roger Mvondo technicien des eaux et forêt, jeune de la contrée, « il y’a une très mauvaise gestion de cette Ufa relativement aux riverains. Les responsables de la société qui exploit cette forêt ne tient pas en considération les droits des riverains. Le ballet des grumiers est infernal, pas de matérialisation des lieux, les écoles sont exposées et les élèves aussi. Des cours d’eau entier ont été presque bouchés, les populations doivent s’adapter autrement. A l’intérieur de l’unité, aucune matérialisation indiquant les limites de l’exploitation n’est visible sur le site. En ces lieux, se trouvent nos champs qui sont détruits pour l’exploitation, aucune compensation sept mois après le début de cette exploitation. Pire encore, nous ne voyons aucun reboisement on coupe seulement. Les populations vivent dans la frustration, aucune information n’est mise à la disposition des comités qui n’arrivent pas à se mettre sur pied ». C’est une satisfaction de Mvondo Mbang David chef du village de Medjap 2, « nous sommes fiers de cet accompagnement. Cette causerie éducative nous a bien édifiée, nous savons déjà quoi faire. Nous allons continuer la sensibilisation de nos communautés pour un suivi concret et participatif. Ainsi, la population veut bien savoir ce qui la revient et ce qui est prévu pour elle, en tant que riverain. Leur seul désir étant tout simplement d’être associée à la gestion durable de la forêt ». Nous pensons qu’avec les lois de la décentralisation, la gestion des forêts doit davantage se soumettre aux règles de la bonne gouvernance.
Et être capable de booster le développement local.
Jacques Pierre SEH