Au-delà des activités sportives, la visite des stands d’exposition des productions de presse, la conférence débat qui s’est tenue dans la salle multimédias de la délégation régionale de la communication a constitué le clou des manifestations dont le gouverneur de la région du Sud a assisté de bout à en bout.
De l’interaction entre les médias et l’état de droit aux médias comme facteur d’équilibre dans un état de droit en passant par le droit à l’information, le panel a été riche en débat sur ces aspects de droit. Pour le Dr Ndjollo enseignant à la faculté des sciences juridiques et politiques à Ebolowa, les médias sont un facteur important d’équilibre de pouvoir. En le reconnaissant comme tel, on confère à ceux-ci un statut qui les permet d’exercer dans les conditions acceptables. Utilisés autrement, ils peuvent être un facteur de déséquilibre du pouvoir. Pour Magloire Tigyo magistrat, il est question de voir comment la justice doit accompagner le journaliste dans l’exercice de son métier. Une panoplie des textes internationaux attendent d’être appliqués pour parachever cet accompagnement. Le journaliste doit parler, il doit révéler ce qu’il connait, il peut donc arriver que la justice cesse de le protéger mais plutôt le sanctionne.
A Elvis Mimba journaliste à la Crtv de s’interroger si les réseaux sociaux peuvent ils remplacer la presse, pour dire que cette presse est récupérée par l’évolution technologique qu’il va falloir s’y adapter. Tout le monde peut publier sur les réseaux sociaux, pour l’instant il n’y a pas une technique de filtre d’information dans ce milieu. Ce qui engage alors la responsabilité de ceux qui sont journalistes à être les médiateurs entre les faits et le public, des médiateurs qui donnent à l’information sa valeur. Ce qui a permis aux hommes de médias exerçant dans la région du Sud, de constater que leur situation n’a pas assez avancée dans le sens de l’amélioration de leurs conditions de travail. L’accès à l’information reste difficile, les médias sont confisqués par le politique et l’administratif qui voient alors les autres comme étant des hors-la-loi et même qualifie de médias de l’opposition. Ils sont refoulés à la moindre sollicitation d’accès à une information en vue même de l’équilibre simple.
Dans le milieu, la porosité d’accès au métier confère peu de sérieux pour l’ensemble malgré la volonté des derniers états généraux. La confusion qui s’est installée a créée l’humiliation collective, aujourd’hui, tout le monde peut donner des orientations à un homme de médias, et chacun peut donner des qualificatifs sur un article de presse. Voilà un métier qui se meurt lorsqu’on se retourne du côté des employeurs qui réservent un traitement scabreux à leurs employés. Des mois et des mois d’impayés de salaire, parfois on n’est même pas pris en compte dans les effectifs de la structure, mais pour l’amour du métier on travaille. Du coup, ce qui engage alors le nomadisme dans les rédactions à la quête de la pitance. Ce qui expose aussi les hommes de médias à des tentations multiples et à des pratiques journalistiques inexplicables.
Avec le thème de la célébration de l’édition de 2018 à savoir « Médias, justice et état de droit : les contres poids du pouvoir », pour Félix Ngulé Nguelé gouverneur du Sud il est question d’avoir une presse engagée, responsable, consciente du contexte dans lequel elle évolue. C’est le 4 ème pouvoir, sur lequel il faut compter pour qu’il soit allié, acteur dans l’édification du Cameroun émergent à l’horizon 2035. Avis que certainement Jules Evina journaliste ne cerne pas, lorsqu’il pense à paupérisation infligée à la presse Camerounaise, pour lui pas un espoir. Car, le journaliste n’a pas de salaire et aucunement ne peut s’épanouir, ce qui va donner libre cour à toutes les pratiques conduisant aux dérives. Pour lui, on peut en parler de la liberté avec le ton des débats dans les radios, télévisions et presse écrite, mais une liberté qu’on se veut bien contrôlée, circonscrite également. La mobilisation de ce corps de métier est nécessaire à travers des syndicats forts et dépouillés de toute infiltration.
Jacques Pierre SEH
Réaction :
Sosthène Médard Lipoth
Enseignant de journalisme

Le Cameroun est classé par l’Ong Reporter sans frontière 129 ème sur 180 pays où on observe les menaces permanentes sur les médias qu’est ce que cela enseigne ?
Ce n’est pas de gaité de cœur qu’on apprend cela. Cela prouve qu’il y a des soucis en matière de respect de la liberté de presse. Ce classement peut ainsi expliquer un net recul non seulement des libertés publiques mais aussi individuelles. C’est regrettable pour la liberté de la presse et c’est choquant pour notre pays. Mais, on peut également se demander si ce n’est pas un miroir qui peut nous permettre d’apprécier les avancées mais aussi de mieux s’atteler sur les menaces pour enfin corriger. De nombreux journalistes ont eu maille à partir dans l’exercice de leur métier ces 12 derniers mois, avec des forces économiques, et des acteurs politiques. Le conseil national de la communication (Cnc) a subi des procès en justice par un groupe de presse, pour avoir sanctionné un journaliste. Les ordres du Cnc ont été bafoués et c’est regrettable, il y a des libertés propres aux journalistes, des menaces vécues. Il y a aussi le fait qu’au cœur du milieu de la presse, on infiltre des gens qui n’ont rien à voir avec la presse et dont le seul rôle est de tirer vers le bas cette noble profession.
Pensez- vous qu’environ 600 titres de presse écrite est synonyme d’une liberté de presse ou d’un frein à l’émerge d’une presse citoyenne ?
A priori, on peut penser que 600 titres par exemple expriment le niveau de liberté de la presse au Cameroun que non. Il y a 600 titres de presse écrite, c’est une bonne chose mais combien sont constitués en entreprise où le journaliste est payé, peut être entretenu à la hauteur de son travail, mener une vie moyenne. Mener une vie non seulement de spécialiste de l’information et de la communication, mais aussi une vie de star. Car, là où les journalistes sont bien traités, ils deviennent des stars parce que le public les aime. Ils sont à l’abri du premier besoin, dans les conditions actuelles, certains n’arrivent pas à recevoir le Smig comme salaire mensuellement. Vous êtes clochardisé, tout le monde est prêt à vous donner des leçons sur votre métier, voilà le journaliste vu de chez nous. La précarité dans laquelle vivent les journalistes est un frein à la liberté de la presse. On a besoin d’un journaliste digne, qui parle la tête haute, qui ne saurait céder à la première tentation. C’est le 4 ème pouvoir, le contre pouvoir de toutes les formes d’humiliation qui s’imposerait non seulement aux hommes de médias, mais à l’ensemble de la société. Mais en somme, il faut reconnaitre que la presse est porteuse au Cameroun. L’appréciation qualitative de la production médiatique, rassure que le Cameroun est un pays des hommes de médias.
Propos recueillis par/ Jacques Pierre SEH
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