En détention depuis le 6 décembre dernier, jour où il a été interpellé dans la métropole économique, Douala, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays pour le Zimbabwe, dont son épouse est originaire, il a été extrait tôt le matin de la prison centrale de Yaoundé, la capitale, puis présenté au juge du tribunal de première instance de la ville qui lui a signifié l’arrêté des poursuites pesant contre lui, suite aux réquisitions du procureur.
Avant de sortir du bureau du juge, son passeport camerounais, selon son avocat, lui a été retiré par la justice, qui lui a néanmoins restitué le passeport américain dont il est également détenteur. Dans ce pays, rappelle-t-on, un citoyen détenant un autre passeport perd automatiquement la nationalité camerounaise.
Cet épilogue semble avoir étonné plus d’un observateur, au vu des charges retenus contre Patrice Nganang dont, en outre, la première audience devant les juges était programmée pour le 19 janvier 2019.
Selon l’avocat Emmanuel Simh, c’est en réalité le ministre de la Justice, Laurent Esso, qui a ordonné l’arrêt des poursuites, une solution jugée «logique», l’infraction d’outrage au chef de l’Etat ayant été abandonnée entre-temps.
A en croire des sources proches du dossier, le gouvernement camerounais avait de plus en plus de mal à résister à la pression nationale et internationale, embarrassé qu’il était face à un dossier qui n’arrêtait pas de susciter la controverse.
Très remuant sur les réseaux sociaux, M. Nganang avait notamment promis, le jour où il l’a en face, de loger une balle «exactement dans le front» du président Paul Biya.
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