Photographes: quelle image !

Photographes: quelle image !

Amateurs et professionnels se battent, chacun avec son potentiel, pour espérer vivre d?un métier ouvert pratiquement à tout le monde.

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Un groupe de photographes se fait remarquer à l’Avenue Kennedy. Avec leurs appareils en bandoulière ou accrochés au cou, ils sont à  « l’attaque ». Ils accostent les passants et proposent d’immortaliser l’instant, dans leurs voitures, au restaurant, entre amis, etc. « L’attaque »  est une façon de rentabiliser la journée pour cette catégorie de photographes. Roland Davié Mama fait partie de ces amateurs. Il se montre alerte et téméraire. « La photographie me permet d’envisager un bel avenir. J’étais laveur de voitures…J’ai des amis qui ont pris le mauvais chemin », justifie-t-il avec enthousiasme. Il se demande ce qu’il serait devenu si un Coréen dont il  lavait la voiture,  ne lui avait pas donné une chance en le recrutant dans son laboratoire photo à Yaoundé. Le virus de la photographie l’a piqué en manipulant les appareils des clients. Roland Davié Mama a appris le métier sur le tas. L’appareil qu’il tient est celui de son mentor.  Léopold Wansi, photographe et propriétaire de laboratoire photo, explique que l’histoire de ce « petit » ressemble à la sienne  dans ses débuts.




Léopold Wansi, aujourd’hui employeur, a commencé avec un appareil argentique qui, à l’époque, a fait de lui le photographe du collège. Les sollicitations pour les fêtes familiales l’ont obligé à abréger son aventure scolaire en seconde  contre  l’avis désapprobateur de ses parents. « Le risque d’échouer était grand, mais je voulais vivre ma passion », se rappelle-t-il. Une passion vécue sans formation au préalable, simplement en écumant les funérailles avec ce petit appareil amateur. « Quand l’ère du numérique arrive, je m’adapte. Je me réjouis de mon parcours », lance-t-il. Un parcours fait de couvertures de grands événements : Sommet France-Afrique à Yaoundé, Jeux africains en Algérie, CAN au Ghana, en Afrique du Sud, etc. Léopold Wansi n’écume plus les funérailles, mais les grands rendez-vous mondiaux de la photographie : la foire Fotokina  à  Cologne, le Salon de la photographie à Paris, Printekk en Turquie. « La passion m’a conduit au succès et m’a révélé la richesse et la grandeur de la profession que d’aucuns apprennent par de longues études », se félicite-t-il.




Plusieurs professionnels respectent la témérité du patron de  « Prince images ». Fabrice Ngon pense qu’il y est parvenu par le travail et la volonté d’asseoir des projets artistiques et non de vendre les photos unité par unité.  Justement, Fabrice Ngon  est de  la caste élitiste de la photographie au Cameroun. Par son savoir-faire, ses états de services surtout son bagage intellectuel dans le métier, son quotidien n’est pas celui des autres. Employé comme reporter photographe dans une grande entreprise, il plaide pour que la photographie ne soit plus perçue comme un nid de clochards. C’est un art qui doit être vu comme tel, qui mérite d’être appris. Avec son appareil, il a aussi parcouru le monde et fréquenté les palais. Il a fait des expositions, des festivals, etc. Comme Léopold Wansi, il suggère que le métier soit mieux structuré et valorisé au Cameroun, afin que la photographie soit pour la génération à venir, un métier de rêve.

 

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