La loi est dure mais c’est la loi », c’est la leçon que vient d’apprendre Ma’a Magne, qui comparaissait à Douala devant le juge Onana. Elle a été contrainte de verser plus de 100 000 francs CFA de dommage et intérêts à son désormais « ex-locataire ». Elle jure n’avoir pas cru enfreindre la loi et avoir agi avec de bonnes intentions. M. Sokeng, son locataire, crie à l’escroquerie.
Les faits racontés par les deux parties rapportent que, M. Sokeng ayant vu une plaque indiquant « maison à louer », se serait approché pour solliciter le local en question. Il rencontre donc Ma’a Magne, avec qui il tombe d’accord sur 23 000 francs CFA de loyer par mois, au lieu des 30 000 francs CFA de départ. Par la suite, le futur locataire viendra verser, accompagné de son frère, l’équivalent de huit mois de loyer, soit 184 000 francs CFA. Il entreprend également certains travaux d’aménagements, qu’il estime à plus de 75 000 francs.
Nous sommes alors au mois d’aout 2016. Le contrat stipule que M. Sokeng devrait intégrer les locaux en septembre, date à laquelle son loyer commencerait à courir. Ce qui ne se fait pas. Ma’a Magne inquiète de cette non-exploitation, dit avoir rencontré son locataire pour en connaitre les causes. Il lui aurait fait part de nombreux problèmes financiers, l’empêchant de commencer son activité. Un peu plus tard au mois de novembre, un monsieur sollicite le local auprès de Ma’a Magne qui avoue en être la propriétaire mais pas l’occupante actuelle.
L’intéressé lui fait tout de même une proposition de 30 000 francs CFA. Elle dit devoir en parler avec l’exploitant actuel. Ce qu’elle fit. Au terme de cette conversation avec Sokeng, il promet lui remettre les clés en échange de son payement initial et du remboursement de ses frais d’aménagement. Malheureusement, l’intéressé ne reviendra plus et ne fera plus signe de vie.
Ma’a Magne, conserve dont les clefs en attendant le retour de son client, en voyage hors de la ville de Douala. A son retour, il lui sert une convocation et l’entraine devant le tribunal de Ndokoti pour « escroquerie ». Il lui réclame 184 000 plus huit mois de travail, prétextant n’avoir pas jouit de son local, alors que somme versée. La somme représente environ un million de francs CFA. Il n’arrive cependant pas à convaincre le tribunal de l’intention d’escroquerie de la prévenue.
Toutefois, Ma’a Magne est reconnue coupable.
Le législateur camerounais, prévoit clairement qu’une fois qu’une somme d’argent est versée, le bailleur ne peut commencer à s’inquiété que si le loyer est arrivé à son terme ». La propriétaire n’aurait donc jamais dû reprendre les clés sans signature d’un document papier attestant du désistement du plaignant. Pour ce manque de culture juridique, Ma’a Magne a dû verser près de 300 000 francs CFA à M. Sokeng. Ce dernier ne pense pourtant pas que justice ait été rendue et dit vouloir faire appel, cette fois-ci devant le tribunal civil.