La nouvelle est tombée alors que le natif de Monatélé, dans la région du Centre, était en pleine campagne de promotion de l’éducation civique et d’intégration nationale du côté de l’Océan. Cette réunion, à en croire plusieurs sources, s’est achevée en queue de poisson. Car, bien de personnalités présentes à cette cérémonie, ont simplement vidé les lieux, estimant que M. Ndjaga qui, du fait de sa déchéance, a perdu ses prérogatives de gouverneur, n’était plus habileté à conduire cette activité. Dans la cité capitale du Sud, la nouvelle qui s’est repandue comme une trainée de poudre, a diversement été accueillie. C’était un vendredi noir, une pilule amère pour ses «amis», et une délivrance pour d’aucuns.
Officiellement en retraite depuis mars 2013, Jules Marcellin Ndjaga qui bénéficiait d’une rallonge, a pris les commandes du Sud en mars 2010. En plus d’avoir géré le comice agropastoral organisé en janvier 2011, il fait partie des gouverneurs ayant le plus côtoyé le chef de l’Etat au cours des cinq dernières années. Cette proximité avec « Nnôm Ngii » positionnait celui qui passe pour être le fils du «Marabout» du chef de l’Etat, dans l’appareil gouvernemental jusqu’à la récente nomination de son frère Ayina Ohanda au poste de secrétaire d’Etat aux travaux publics. Une nomination qui est venue annihiler définitivement ses ambitions ministérielles.
On retient de son séjour dans le Sud, que Jules Marcellin Ndjaga a passé plus de temps à faire allégeance à Paul Biya, qu’à travailler. Le dossier de construction de l’agence régionale de la Beac, l’usine à tracteurs d’Akak Essatolo, le route Mengong-Sangmelima, le complexe sportif d’Akak Essatolo, la tribune inachevée de Nko’ovos dont le pavillon central a été construit par le Gouverneur Enow Abrams Egbe, l’hôtel du comice dont les travaux piétinent, la construction du chemin de fer Mbalam-Kribi, la construction de l’université inter-Etats Sangmelima-Wouesso, et la construction d’un immeuble siège digne d’abriter les services de la région, sont quelques dossiers et non des moindres, que Jules Marcellin Ndjaga laisse en veilleuse dans ses tiroirs; et que son remplaçant, Félix Nguélé Nguélé, préfet de la Mezam, à Bamenda avant sa nomination, est tenu de réchauffer prioritairement.
L’autre défi qui attend M. Nguélé Nguélé, est la lutte contre l’incivisme et le grand banditisme qui ont fait leur nid dans le Sud en raison de l’ouverture de cette région à pas moins de trois pays de la sous-région Cemac que sont le Gabon, le Congo, la Guinée-Equatoriale. Le nouvel homme fort du Sud doit également rapprocher les populations de l’administration. Ce volet a été pendant cinq ans, le ventre mou du commandement sous le règne de M. Ndjaga dans cette partie du pays. Le nouveau gouverneur doit enfin restaurer l’autorité du préfet sur la communauté urbaine, en évitant d’entretenir à la tête de cette structure, le bicéphalisme érigé par son prédécesseur. Une pratique qui a suffisamment contribué à plomber la gestion de cette unité territoriale décentralisée.
Sud :Le gouverneur en chute libre
Jules Marcellin Ndjaga est depuis vendredi dernier, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
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