Comprendre le sous-système anglophone

Comprendre le sous-système anglophone

Constituant l?un des deux composants du système éducatif national, ses spécificités le différencient du sous-système francophone.

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Le système éducatif camerounais est régi par la loi n° 98/004 du 14 avril 1998 d’orientation de l’éducation au Cameroun. Une loi à qui l’on doit les bases et les fondements du fonctionnement de l’institution scolaire nationale. De ce fait, ladite loi qui détermine les cadres, les moyens, buts et objectifs du système éducatif scolaire camerounais dispose dans son article 15 : «Le système éducatif est organisé en deux sous-systèmes, l’un anglophone, l’autre francophone, par lesquels est réaffirmé l’option nationale du biculturalisme. Les sous-systèmes éducatifs sus évoqués coexistent en conservant chacun sa spécificité dans les méthodes d’évaluation et les certifications». Ainsi donc, le Cameroun connaît deux sous-systèmes qui présentent chacun,  des traits caractéristiques particuliers avec pour point commun,  l’enseignement général et technique. La même loi dans ses articles 16 et 17 organisent ces     sous-systèmes en cycles et filières dont le préscolaire, le primaire, le post-primaire, le secondaire et le normal.



Le sous-système anglophone, moins connu à cause de son nombre d’établissements réduits est (plus répandu dans les régions du         Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun Ndrl) perçu par l’opinion publique comme le moins dense et le moins compliqué. A cause du fait qu’on n’y enseigne pas les langues vivantes telles que l’allemand et l’espagnol. L’Education physique n’est pas une discipline obligatoire et lors des examens officiels, les candidats ont la latitude de choisir entre plusieurs disciplines qui leurs sont dispensées. A la seule différence qu’ils ont les mathématiques, l’anglais et le français comme disciplines obligatoires. « A mon avis, il n’y a pas de comparaison à faire entre ses deux sous-systèmes. Ils sont tous autonomes avec chacun une valeur. Le Cameroun est uni pourquoi encore créer deux sous-systèmes ? Il vaut mieux s’inspirer des deux pour mettre sur pied un système fort qui fera la force de notre éducation », s’exprime sous anonymat un chef d’établissement anglophone.



Common Entrance



Le premier cycle secondaire général anglophone qui dure cinq ans est sanctionné par le  «General Certificate of  Education Ordinary Level (GCE O/L) », qui intervient en classe de  Form5 du secondaire anglophone. Son admission se fait officiellement par voie de concours, le « Common Entrance » sous la supervision du ministère de l’Education de base (Minedub). Ce concours qui se déroule dans les établissements publics et  qui donne accès à Form One doit ses moyens logistiques au Minedub qui fixe la date et supervise le concours dont l’organisation dépend de chaque chef de centre et par ailleurs chef d’établissement concerné. «Ici, même si l’élève réussit au Common Entrance, il ne peut pas directement avoir accès au lycée ; il est encore soumis à un autre examen comparable à l’oral, organisé par le chef de l’établissement pour être définitivement admis », recadre Paul Tiku Ebone, proviseur du lycée bilingue de Yaoundé.



 Le second cycle qui compte deux années est sanctionné par  le « General Certificate of  Education Advanced Level (GCE A/L) ». Tout comme le « General Certificate of  Education Ordinary Level (GCE O/L) », il est organisé par le General Certificate of Education Board (GCE?Board) à Buéa. Les élèves du sous-système anglophone ont la possibilité de s’inscrire à neuf matières pour les « arts GCE O/Level » ou à huit matières pour les « sciences GCE o/Level » ou encore à11 matières pour les deux types de GCEO/Level. Pour qu’un candidat soit déclaré admis au GCE O/Level, il faut qu’il ait obtenu une note supérieure ou égale à 10/20 sur au moins quatre matières. Les épreuves du GCE O/Level sont proposées au GCE Board par des enseignants tenant les classes de Form5. Elles sont stockées dans une banque de données et font l’objet du tirage au sort au moment opportun.



La correction se fait dans des centres spécialisés à Bamenda et Buéa. Ce système comme l’indique le proviseur du lycée bilingue de Yaoundé, a la particularité d’être corrigé par des enseignants invités. Il est contrôlé par des accesseurs, des « chiefs examinators » et des adjoints. « Parfois, les copies sont corrigées par deux  examinateurs dans les disciplines telles que le français et l’anglais», soutient-il.



 

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