Le Cameroun renforce sa flotte aérienne avec 2 aéronefs chinois, uninstitut d'aviation en vue

Le Cameroun renforce sa flotte aérienne avec 2 aéronefs chinois, uninstitut d'aviation en vue

YAOUNDE, (Xinhua) -- Avec le concours de la Chine, le Cameroun se prépare à créer un institut de formation aux métiers de l'aviation, un projet annoncé avec emphase par le ministre camerounais des Transports Robert Nkili mardi à Yaoundé en marge de la réception officielle de deux aéronefs chinois, de type MA 60, pour le renforcement de la flotte de la compagnie nationale de transport aérien Camair-co.

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Selon M. Nkili, le projet d'installation d'un institut de formation dans le domaine de l'aviation civile représente un symbole fort de la coopération sino-camerounaise densifiée par une grande ouverture au secteur aéronautique, où un palier supplémentaire a été franchi avec l'acquisition de deux nouveaux avions MA 60 après le premier réceptionné sous forme de don en 2012.


 


"L'avion moyen courrier MA 60 est d'une réelle fiabilité. En l' achetant pour notre compagnie, le chef de l'Etat a donné là une indication forte de faire de Camair-co la vraie étoile du Cameroun ", a-t-il déclaré, en référence au nom de baptême de la compagnie nationale qui, dotée d'une flotte de trois appareils dont deux exploités en leasing, connaît une activité pénible depuis son lancement en 2011.


 


Ce propos est aussi une réponse à une polémique abjecte distillée par médias interposés par une certaine opinion publique comprenant des acteurs politiques sans qualification contre les aéronefs issus des usines de l'entreprise chinoise Avic International Holding Corporation et qui a fini par irriter des spécialistes de l'aviation.


 


Par exemple, Charles Ndongué, chef pilote de Camair-co, a fait part de son indignation à Xinhua a souligné que "ce qui me fait un peu mal est qu'il y a énormément de Camerounais qui ne connaissent rien, mais qui se permettent de bavarder et de dire des choses qui ne sont pas vraies. Ils racontent des inepties".


 


De l'avis de ce pilote d'expérience, qui fait d'ailleurs partie d'un groupe de pilotes, d'ingénieurs, de mécaniciens, d'agents techniques d'exploitation, de stewards et d'hôtesses camerounais formés en Chine à l'utilisation des avions fabriqués par la société Avic International, "les MA 60, c'est comme la plupart des avions modernes qu'il y a aujourd'hui, parce qu'il y a des exigences qui font qu'on ne peut plus fabriquer des avions n' importe comment".


 


"Il y a au niveau de la sécurité, de la sûreté et de la fiabilité des normes qui sont imposées. Donc, cet avion, au niveau de l'équipement, il n'y a pas de problème. Il est exactement, sinon mieux que beaucoup d'avions dont on entend parler. Au niveau de la fiabilité, il n'y a rien à dire. Au niveau de la sûreté, au niveau de l'efficacité, je ne sais pas ce que je peux ajouter", a- t-il ajouté.


 


En présence du ministre des Transports avec à ses côtés l' ambassadeur de Chine au Cameroun, Wei Wenhua, et du président d' Avic International, Lai Weixuan, les deux MA 60, d'une capacité de 48 places modulables, arrivés le 1er avril à Douala, la métropole économique camerounaise, ont fait l'objet mardi d'un vol de démonstration à partir de l'aéroport international de Yaoundé- Nsimalen.


 


Aux commandes, deux équipages distincts composés de pilotes américains et néerlandais exerçant pour le compte de Southern Cross Aviation, entreprise américaine chargée du convoyage des ces appareils en direction des pays ayant passé des commandes, dont le Cameroun après un long voyage depuis la Chine.


 


"J'aime cet avion. C'est un bon appareil. Il est utilisé par certains autres pays africains, il n'a jamais causé de problème", a assuré à la presse le capitaine Robert Verdonk, l'un de ces pilotes,de nationalité néerlandaise, qui a lui aussi dénoncé la campagne sur la remise en cause de la fiabilité des avions dont le vol de démonstration a permis de découvrir leur facilité de déplacement, y compris à basse altitude.


 


"Ces avions-là sont prévus pour faire du très court, court et moyen courrier et faire des pistes sommaires et de ce côté-là, ils sont dans leur rôle et largement au-dessus de leur rôle", a en outre indiqué le chef pilote de Camair-co Charles Ndongué, évoquant quelques-unes des principales caractéristiques des MA 60.


 


Un autre de ces atouts réside dans le fait que ces avions " consomment moins de carburant et assurent plus de sécurité", a pour sa part relevé l'ambassadeur de Chine, qui a rappelé le rôle joué par le premier aéronef exploité par l'armée de l'air, dans la conduite de missions gouvernementales dans d'autres pays d'Afrique centrale, le rapatriement des Camerounais de Centrafrique pendant la crise ou encore le transport d'ex-otages français de Boko Haram.


 


Pour le diplomate, l'utilisation de ceux acquis au profit de la compagnie nationale pour des liaisons internes permettra de réduire davantage les distances entre les grandes villes du Cameroun.


 


"La coopération sino-camerounaise a franchi un nouveau palier, qui monte de la terre au ciel", a-t-il résumé par un propos imagé.


 


L'événement ainsi célébré a pour déclic la visite d'Etat que le président Paul Biya avait effectuée en juillet 2011 en Chine et au cours de laquelle il s'était déplacé à bord d'un MA 60 pour apprécier les progrès technologiques réalisés par la société Avic International dans ses usines de Xian, dans le Nord-ouest du pays.


 


"Quatre ans après, je peux répondre à S.E. Paul Biya avec fierté que nous avons accompli la tâche de production et de livraison de ces trois avions MA 60 avec succès, et que nous nous engageons à continuer à fournir l'assistance à la maintenance sur place", a mentionné le président d'Avic International, Lai Weixuan.


 


Selon lui, le premier MA 60 livré en novembre 2012 "a une exploitation sécurisée de plus 1.130 heures de vol et a (apporté) une grande contribution (à) différentes missions importantes". En un mot, c'est la preuve d'un savoir-faire incontesté d'une entreprise de renom dont l'activité principale est l'importation et l'exportation des produits et technologies aéronautiques.


 


"Elle dispose de plus de 134 filiales et bureaux de représentation dans le monde. Pendant les 30 dernières années, nous avons exporté plus de 1.400 aéronefs dans le monde, dont plus de 400 en Afrique", a par ailleurs précisé le chef d'entreprise.


 


Raphaël MVOGO


 

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