Coronavirus. Après l'expiration de son ultimatum à Paul Biya, Maurice Kamto donne ses consignes aux camerounais

cameroun24.net Vendredi le 03 Avril 2020 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
L'intégralité de sa déclaration parvenu à la rédaction de cameroun24.

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 Déclaration du Président Élu Maurice KAMTO du 3 avril 2020 sur la défaillance de Monsieur Paul BIYA, Président de fait de la République du Cameroun.



Mes chers compatriotes,
Le monde est en guerre contre une pandémie particulièrement dangereuse qui n’épargne pas notre pays. On ne parle pas de guerre par effet de mode. Nous sommes effectivement plongés dans une guerre sanitaire qui tue et tuera probablement plus qu’un conflit armé classique avec les armes que nous connaissons. Mais, il s’agit d’une guerre encore plus terrible qui ne cible pas et ne sait pas cibler ses victimes. À côté d’un monument comme le très regretté Manu DIBANGO, il y a de nombreux Camerounais anonymes qui sont touchés et qui en meurent. Qui peut garantir qu’il sera vivant à l’issue de cette pandémie ? Chaque Camerounais qui meurt de cette attaque virale est une blessure profonde pour la Nation. Alors je me sens le devoir d’interpeller, de proposer, d’appeler le peuple camerounais abandonné à lui-même à s’organiser pour sa SURVIE. Peu importe les critiques et les insultes. Ce qui est sans prix à mes yeux, c’est la vie de chaque Camerounais, du plus grand au plus petit d’entre eux, et notre devenir commun en tant que Nation.
Ceux qui veulent exploiter la détresse sanitaire des Camerounais à des fins politiques sont ceux qui :
- se cachent derrière un chef d’Etat fantôme pour prendre des mesures en deçà de la gravité de la pandémie et des attentes légitimes des Camerounais;
- ouvrent au pays la perspective d’une catastrophe sanitaire avec de nombreuses victimes pour espérer une « union sacrée » qui détournerait l’attention des massacres de Ngarbuh; imposerait un silence politique qui leur permettrait de bricoler tranquillement une succession de gré à gré pour laquelle ils inondent les réseaux sociaux de fausses informations afin de distraire ou tester la réaction de l’opinion;
- exposent le Cameroun à une crise économique sans comparaison avec les autres pays africains de même niveau touchés par la pandémie, mais dont les chefs d’Etat ont pris des mesures énergiques à la mesure de la situation. Le Gouvernement camerounais espère peut-être qu’une aggravation de la situation apitoierait la communauté internationale et ses créanciers dans le but de quémander une annulation de la dette, alors que les dévoiements des politiques économiques à la suite de l’annulation de notre dette publique en 2006 amènent de nombreux soutiens de cette initiative à regretter son application au Cameroun.
Ce ne sont pas ceux qui :
- appellent le Président de fait du pays à assumer ses fonctions de commandant en chef dans un contexte de crise sanitaire grave aux conséquences imprévisibles pour la sécurité nationale;
- demandent que soient prises des mesures sanitaires et sociales de nature à stopper la propagation du virus (dont la progression serait particulièrement rapide) et non pas seulement pour en ralentir le cours;
- demandent que des mesures économiques, financières et sociales conséquentes soient prises pour limiter l’impact de cette redoutable pandémie sur les acteurs économiques, notamment les ménages et les entreprises, comme cela se fait dans la plupart des pays sévèrement touchés;
- appellent, devant la défaillance du chef de l’Etat en place, à une auto-organisation des populations camerounaises dans une solidarité sans faille, pour triompher dans cette guerre qu’elles doivent désormais mener elles-mêmes.
Aucune hystérie, individuelle ou collective, n’aura raison de notre volonté résolue d’assister par tous les moyens les Camerounais dans ce contexte de détresse.
 

Mes chers compatriotes,
Le vendredi 27 mars 2020, j’ai, en toute responsabilité, appelé le Président de la République de fait à prendre en main personnellement et directement la conduite de la guerre contre le COVID-19 comme l’y oblige la Constitution en vigueur dans notre pays.
En toute responsabilité, prenant à témoin le peuple camerounais et la communauté internationale face au silence incompréhensible de Monsieur BIYA, je l’engageais sous sept (07) jours, à compter de la publication de ma communication, à s’adresser aux Camerounais, lui-même, pour leur dire quelle est sa riposte contre le COVID-19 et surtout, pour mobiliser ses compatriotes dans cette guerre contre l’ennemi invisible, en annonçant entre autres les moyens de financement du confinement qui s’imposent, ainsi que le soutien aux ménages et aux entreprises afin d’éviter un effondrement économique et social du pays.
Les sept jours ont expiré. Monsieur BIYA ne s’est pas exprimé, ni ne s’est rendu visible. Quelles qu’en soient les raisons, il a ce faisant établi sa défaillance comme chef de l’Etat du Cameroun.
On n’oblige personne à assumer des fonctions, surtout pas celles de Président de la République. Mais, lorsqu’on décide de les assumer, en conséquence d’un choix démocratique ou même par un coup de force institutionnel ou autre, le peuple consentant ou subissant a des attentes légitimes vis-à-vis du gouvernant et le droit de l’interpeler sur sa conduite des affaires publiques. Nous devons nous y habituer. Il s’agit d’exigences républicaines, sauf pour ceux qui se croient dans une monarchie; ce que le Cameroun n’est pas.
Ensemble nous pouvons constater la DEFAILLANCE de Monsieur Paul BIYA comme Président de la République, à un moment où le peuple camerounais a le plus besoin d’un commandant en chef. Aucune armée ne peut gagner une guerre avec les seules effigies d’un commandant en chef que la troupe ne voit ni n’entend.
Faute donc pour Monsieur Paul BIYA d’assumer les fonctions présidentielles dont il s’est octroyé la charge depuis le dernier scrutin présidentiel, j’appelle le peuple camerounais à tirer toutes les conséquences de cette grave défaillance; la plus immédiate est son incapacité à conduire personnellement le pays dans la lutte contre le grave danger du Coronavirus, dont on assiste à une progression fulgurante et à ses premières conséquences économiques et sociales.
En conséquence, j’appelle les Camerounais à s’auto organiser, dans le cadre d’une initiative populaire baptisée « SURVIE-CAMEROON-SURVIVAL INITIATIVE ». Cette initiative vise trois objectifs majeurs: premièrement, contribuer à faire face à l’urgence sanitaire; deuxièmement, apporter une réponse à l’impact social et économique de la pandémie; et, troisièmement, préparer la bataille de la reconstruction des communautés et de la survie de notre nation. De manière plus concrète, SURVIE-CAMEROON-SURVIVAL INITIATIVE contribuera à la mise en œuvre des mesures suivantes:


1- Mesures sanitaires
Vous savez que j’attache le plus grand prix à la santé et à la vie des Camerounais. Je voudrais vous annoncer solennellement les mesures à respecter scrupuleusement pour vous protéger et nous protéger tous contre le Coronavirus.
JE DEMANDE :
1. Aux populations des villes des Régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest et du Sud-Ouest de se mettre en CONFINEMENT du 6 au 21 avril 2020 (15 jours). En restant chez-vous, vous réduisez significativement le risque de vous infecter et de contaminer les autres. Chers frères et sœurs, à quoi nous sert-il de sortir demain ou après-demain s’il faut mourir dans 3 ou 4 semaines ? Je vous le demande la main sur le cœur, pour vous-mêmes, pour vos enfants, pour vos parents, pour votre femme et votre mari, RESTEZ CHEZ VOUS PENDANT DEUX SEMAINES ! NE SORTEZ PLUS DÈS LUNDI PROCHAIN;
2. Le dépistage massif des populations dans les régions concernées, avec pour cible prioritaire toutes les personnes âgées de 50 ans et plus;
3. La désinfection des lieux publics, notamment les marchés, et les habitations des quartiers populaires et non urbanisés;
4. Le port systématique du masque généralisé à toutes les populations des régions touchées par le Coronavirus;
5. Le dépistage systématique des voyageurs entre les régions déjà affectées et les régions qui ne le sont pas. Cette mesure contribuera elle aussi à couper la chaine de transmission du virus. Nous avons la chance que les Régions du Sud, de l’Est, du Nord-Ouest, de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord semblent encore épargnées par l’épidémie. Nous devons dès à présent éviter que le virus ne s’y propage;
6. D’apporter aux personnels de santé tout le soutien dont ils ont besoin au quotidien pour faire face à cette menace. Nos médecins, nos infirmières, nos laborantins, nos ambulanciers sont les premiers soldats de cette guerre sanitaire. Beaucoup d’entre eux s’infectent tous les jours dans les hôpitaux : cela n’est pas normal. Notre mobilisation doit donc aussi tenir compte des besoins dans nos formations sanitaires.
7. De respecter scrupuleusement les règles d’hygiène. Cette mesure concerne les habitants de toutes les Régions du pays, aussi bien les populations en confinement que celles qui ne sont pas en confinement. Le lavage des mains avec de l’eau et du savon, le port du masque en public, l’utilisation de la solution hydroalcoolique, l’hygiène stricte des vêtements à chaque retour à votre domicile sont des mesures à appliquer dès maintenant sans faiblir. Disciplinons-nous. Chacun de nous doit faire un effort pour se protéger et protéger les autres.
8. Bien sûr, je sais qu’il n’est pas facile de rester à la maison alors que l’on doit aller chercher de quoi manger chaque jour. Je sais que la plupart des Camerounais ne sont pas salariés et vivent de leurs efforts quotidiens. C’est pourquoi je pense que nous devons créer nous-mêmes les conditions pour une solidarité des uns vis-à-vis des autres en ce temps de guerre sanitaire contre le Covid-19. Comme je vous l’ai déjà dit, notre principale force sera la SOLIDARITE.
9. Dans cet esprit, nous devons nous organiser pour contribuer au FOND SURVIE-CAMEROON- SURVIVAL
Notre Grande Mobilisation contre le Coronavirus doit permettre de fournir :
- Des aliments et de l’eau aux personnes en confinement, obligées de ne pas se déplacer pour nous protéger tous;
- Le matériel de protection nécessaire dans les localités en confinement et les autres localités. Nous devons donc acquérir massivement des masques de protection et de la solution hydroalcoolique;
- Des combinaisons de protection, des thermomètres infrarouges, des kits de test diagnostique, des Respirateurs, du matériel de soins, des médicaments aux personnels de santé pour la prise en charge thérapeutique des cas.
Nous devons réussir la Grande Mobilisation contre le Coronavirus. Nous n’avons plus le choix. Il s’agit de vivre, ou de mourir. Dès à présent, j’invite chacun de vous à poser le geste qui permettra à son pays de résister à la pandémie du Coronavirus et d’en venir à bout.
 

2- Mesures sociales
- Les sociétés de distribution d’eau et d’électricité ne devront pas recouvrer le paiement des quittances d’électricité, d’eau pendant trois mois : avril, mai et juin;
- Le paiement des patentes par les transporteurs est suspendu pour la même durée;
- Le paiement des droits de marché par les vendeurs en détail et les bayam-salams est
suspendu;
 

3- Mesures économiques et financières pour les entreprises
- Afin d’éviter que le poids économique et financier de la lutte contre le Coronavirus n’obère les activités et les ressources des entreprises, principales pourvoyeuses d’emplois et de recettes fiscales de l’Etat , il est urgent pour le Gouvernement d’ouvrir des discussions sérieuses avec les acteurs économiques, tous secteurs confondus, en vue d’arrêter de manière concertée un paquet de mesures financières et fiscales à déployer pour soutenir l’activité économique, éviter les cessations même temporaires d’activités et à fortiori les dépôts de bilan.
- Si des mesures conséquentes n’étaient pas adoptées en ce sens d’ici la fin du mois d’avril, les entreprises seraient en droit de ne plus s’acquitter de leurs impôts.
 

4- Dispositif organisationnel
Survie-Cameroon-Survival Initiative (SCSI) est une gigantesque organisation populaire des Camerounais du Cameroun et de la Diaspora, qui transcende tous les clivages, qu’ils soient politiques, ethniques, religieux, philosophiques, etc. Elle n’appartient par conséquent à aucun parti politique, ni à aucun groupe. Elle comprend deux principaux niveaux d’organisation et un Fonds : le Comité de Parrainage, le Comité de Gestion et le Fonds Survie-Cameroun.
- Le Comité de Parrainage est composé des personnalités Camerounaises et étrangères de tous bords, qui par leur notoriété, leur expertise ou leur engagement social peuvent donner une grande visibilité nationale et internationale à cette Initiative citoyenne, et favoriser l’appui d’Etats, de personnalités nationales et étrangères, d’entreprises et d’organisations du secteur non-gouvernemental dans la lutte de survie engagée par le
peuple camerounais contre le COVID-19.
- Le Comité de gestion donne l’impulsion stratégique et veille à l’exécution des activités
opérationnelles du fonds. Il assure la collecte des fonds et la gestion de l’Initiative à travers la mise en œuvre effective des mesures sanitaires, sociales et autres arrêtées dans le cadre de la SCSI.
Il comprend :
. Le Sous-Comité Santé . Le Sous-Comité Social
- Le Fonds Survie-Cameroon-Survival Fund
Dans le souci politicien de nous couper l’herbe sous les pieds, le Gouvernement s’est emparé de notre idée de mobiliser la solidarité des Camerounais pour contribuer au financement de la réponse nationale au Coronavirus. Agissant dans la précipitation, il a créé un Fonds National de Solidarité avec une dotation d’un milliard de FCFA. C’est une moquerie vis-à-vis du peuple camerounais, comparés aux besoins réels du pays dans cette guerre sanitaire, et aux efforts de pays africains de niveau comparable tels que le Sénégal et la Côte d’Ivoire, au demeurant moins touchés que le Cameroun par le COVID-19. C’est aussi un révélateur de la faillite financière de l’Etat camerounais.
C’est fort de ce constat que je vous appelle, chers compatriotes du Cameroun et de la Diaspora, à un effort collectif sans précédent pour contribuer au FONDS SURVIE- CAMEROON-SURVIVAL FUND que je lance dès ce jour dans le cadre de Survie- Cameroon-Survival Initiative.
La composition des organes de Survie-Cameroon-Survival Initiative (SCSI) fera l’objet d’une communication séparée.
Le site internet est le suivant : www.cameroonsurvival.org
Le mise en œuvre efficace de certaines mesures à engager dans le cadre de cette Initiative requiert la collaboration des pouvoirs publics, par exemple l’entrée du matériel sanitaire et de produits pharmaceutiques. Nous y comptons.
Mais, je ne perds pas de vue que faute d’avoir pensé et lancé cette Initiative citoyenne, et face au vide crée par l’absence de Monsieur Paul BIYA, le régime pourrait être tenté de tout mettre en œuvre pour assurer l’échec de cette Initiative. Je voudrais d’ores et déjà prendre à témoins le peuple camerounais et l’opinion internationale de ce risque qui ne serait rien moins qu’un comportement criminel, appelant alors une réaction conséquente de la part des Camerounais.
Nous pouvons faire ensemble le constat, à partir de la défaillance de Monsieur Paul BIYA dans ce moment de crise grave où, en tant que chef de l’Etat en fonction, sa présence est plus que jamais requise pour conduire personnellement la guerre contre le COVID-19, d’une possible incapacité du Président de la République dans les conditions prévues par la Constitution. Je ne puis écarter que M. BIYA tente là une manœuvre politicienne dont il est coutumier : laisser répandre la rumeur de sa propre mort pour essayer de tester la réaction des Camerounais afin de revenir afficher sa forme physique et narguer ses compatriotes; sauf que ce serait une très grave désinvolture au regard de l’impératif de sa présence dans la situation dramatique dans laquelle se trouve le pays. Mais si, dans les 7 jours suivant la publication de la présente déclaration le Président de facto du Cameroun n’avait pas donné une preuve physique de ce que c’est bien lui qui est aux commandes de l’Etat,
- nous nous trouverions dans l’obligation d’engager les procédures juridiques adéquates pour obtenir le constat, par les instances compétentes, de la vacance présidentielle et ses suites constitutionnelles;
- je me réserve le droit d’appeler à de mesures plus radicales.
Mes chers compatriotes,
Notre survie en tant que nation et en tant que peuple est en jeu. La situation sans précédent dans laquelle nous nous trouvons appelle un sursaut à la hauteur des défis. Le peuple camerounais n'a pas d'autre choix que de prendre en main son destin afin de donner une chance à sa survie qui est en cause. Je vous invite donc tous, une fois de plus à la discipline, au strict respect des mesures préventives édictées et à l’implication sans réserve de tous dans l’accomplissement de la mission collective qui est la nôtre.
Travaillons à prendre notre destin en main.


Fait à Yaoundé le 03 avril 2020 Le Président Elu
Pr Maurice KAMTO


Ampliations :
• Secrétaire Général / ONU
• Président / UA
• Président Commission / UA
• Parlement Européen
• USA
• France
• Grande Bretagne
• Chine
• Russisa
• Allemagne
• Canada
• Israël
• Commission ONU/Droits de l’Homme
Copies :
• Présidence de la République
• Commission Nationale des Droits de l’Homme
• ONG nationales / internationales en charge des Droits de l’Homme

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