Emeutes Bamenda. Offensive: Les évêques anglophones se déchaînent

  • Fréderic Takang | La Nouvelle Expression |
  • Publié : Lundi le 02 Janvier 2017 09:29:16 |
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  • Opinion |

Les prélats n'ont pas mis de côté leur soutane pour se ranger du côté du peuple. Et l'ont clairement exprimé au premier des camerounais.

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 Dans ce document signé le 22 décembre 2016, les cinq évêques de la province épiscopale de Bamenda, à savoir  monseigneur  George Nkuo, évêque de Kumbo et Président de  Bamenda provincial Episcopal Conference [BAPEC], en français   la conférence épiscopale  de Bamenda, de Cornelius Fontem Esua, archevêque de Bamenda, de Immanuel Bushu évêque de Buea, de Andrew Nke,a évêque de Mamfe et de Agapitus Nfon, évêque  de Kumba, note avec consternation les agitations qui continue de secouer la partie anglophone du Cameroun. Dans ce document de 12 pages, ces évêques soulignent que  «Depuis quelques mois, il y a eu une série de troubles et de violences dans certaines villes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest  du Cameroun occasionnées par la grève des avocats anglophones et des syndicats des enseignants du sous-système anglais d’Éducation. Ceux-ci ont entraîné la perte de vies humaines et la destruction de biens de certains de nos citoyens. Il y a eu des violations flagrantes des droits de l'homme, comme en témoignent des témoignages crédibles et des images sur les chaînes de télévision locales et les médias sociaux. Cela a conduit à une fin prématurée du premier semestre de l'année scolaire et a paralysé le système judiciaire dans ces régions au détriment des écoliers, des élèves, des parents et de l'administration de la justice. Pour le moment, il semble que la situation est dans l’impasse et il est peu probable que les écoles vont ouvrir même lorsque le second trimestre commence pour le reste du pays.»  Ces troubles  ajoutent ces évêques, «sont symptomatiques d'un malaise plus profond chez les habitants de cette circonscription géographique de notre nation». Ces évêques disent saisir la célébration de la fête de Noel avec la naissance de Jésus pour donner leur point de vue et proposer quelques pistes de solutions à ce malaise.  

Pour cela  «Nous, les évêques de la province ecclésiastique de Bamenda, qui coïncident avec les régions du nord-ouest et du sud-ouest, où nous avons la responsabilité de bergers, ne pouvons rester indifférents à cette situation. L'Eglise, en cette saison, célèbre la naissance de Jésus-Christ, le Prince de la Paix. Elle a pour mandat de proclamer le message de paix» peut-on lire sur ce mémorandum.  Les écrits portés sur ce document retracent le passé historique du Cameroun, de l’époque de la colonisation jusqu’à l’indépendance, en passant de l’Etat fédéré a l’état unitaire. Ce mémorandum laisse entendre que le problème anglophone tient ses sources dans ce passé, et lune des principale cause c’est «l’abolition du fédéralisme». Il s’agit comme écrit dans ce document des «manœuvres du Président Ahmadou Ahidjo, Faire de la République fédérale un État unitaire, la République-Unie du Cameroun».

Aujourd’hui de  au regard de tout ceci,  «de nombreux Camerounais anglophones croient maintenant que c'était la tromperie d'Ahidjo et la manipulation des camerounais de l’autre rive» ce qui a pousser relate le document a la naissance des mouvements séparatistes dans la partie  Anglophone  du Cameroun. Ces évêques précisent que, «Le problème anglophone est  l'échec des gouvernements successifs du Cameroun depuis 1961 à respecter et à mettre en œuvre les articles de la Constitution qui défendent et sauvegardent ce que le Cameroun méridional britannique a apporté à l'Union en 1961».  Nous sommes convaincus, ajoute ces hommes d’Eglise «que le problème anglophone aurait été résolu, ou du moins atténué, s'il avait été bien géré par les intéressés. Un manque de bonne gestion semble être ce qui a aggravé le problème. Le gouvernement et les ministres du gouvernement, Il est regrettable de constater que le gouvernement du Cameroun semble avoir fait tous les efforts pour minimiser ou même nier l'existence d'un problème anglophone».

La marginalisation des anglophones se fait ressentir a tous les niveaux, les évêques relèvent pour le déplorer le fait que «les Camerounais anglophones se sont plaints du fait que les examens d'entrée nationaux dans les écoles qui développent les ressources humaines de ce pays sont fixés par le sous-système français de l'éducation qui rend très difficile pour les anglophones et les francophones de rivaliser sur des terrains équitables. La majorité des membres de ces commissions d'examen sont francophones, de sorte que les intérêts des candidats anglophones ne sont guère, voire jamais protégés. Sur les cinq ministères concernés par l'éducation, qui est le moyen de transmission de la culture, aucun des ministres n'est anglophone et aucun ne peut être député ou secrétaire d'État. Cela donne l'impression d'une tentative calculée de tuer la culture anglophone.»

Sur la gestion du patrimoine des régions anglophones du  Cameroun, les évêques parlent  de «la négligence des infrastructures dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun et la mauvaise gestion et la ruine des entreprises dynamiques comme la Banque du Cameroun, la West Cameroon Marketing Board, l'AMA à Wum.». En outre, le Cameroun anglophone éprouve également une grande inquiétude à l'égard de la vente de ses principales entreprises agro-industrielles, notamment «la Cameroon Development Corporation (CDC) et des Plantations Pamol du Cameroun (Pamol). La «francophonisation» du sous-système éducatif anglais et du système de common law, L'inondation des institutions éducatives et juridiques anglophones avec des camerounais francophones et francophones qui ne comprennent ni notre sous-système éducatif ni la common law anglais mine l'éducation et le patrimoine juridique anglophones et subvertit Les intentions originales des fondateurs de la nation pour construire une nation biculturelle, en respectant la spécificité de chaque région. C'est la cause des grèves actuelles des avocats et des professeurs de common law. L’admission dans les écoles professionnelles de l'Etat, l'exclusion des anglophones qualifiés dans les écoles professionnelles publiques (en particulier les écoles d'administration, de médecine et de sciences médicales et de formation des enseignants supérieurs), même dans les régions anglophones, est un exemple flagrant de marginalisation cité par les syndicats. Beaucoup d'autres, ont conduit au malaise et à l'inconfort des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. «Ils ont perçu cette marginalisation comme institutionnalisée comme ils ont été étiquetés «Biafrais», «ennemis dans la maison» et «traîtres» par les hauts responsables gouvernementaux et les ministres qui n'ont jamais été réprimandés pour le faire», ajoutent ces évêques.

Comme solution, la  conférence épiscopale  appel au dialogue  et suggère l’application des résolutions issues de la conférence des anglophones de 1993 et 1994.  Ce document, parle du retour au fédéralisme et l’institution d’un mandat présidentiel de deux ans, avec alternance de francophone et anglophone au pouvoir à l’issue de chaque mandat. Les évêques souligne que «les Conférences anglophones de 1993 et de 1994,   le Comité permanent anglophone créé, composé de 65 membres, a soumis un projet de constitution prévoyant une autonomie politique, financière et fiscale importante pour les deux États fédérés, pour les provinces à l'intérieur Et pour les collectivités de chaque province. Il a évoqué la séparation habituelle des pouvoirs entre le pouvoir exécutif, le législatif et le pouvoir judiciaire, ainsi qu'un sénat et une assemblée nationale pour chaque Etat fédéré, ainsi qu'une présidence tournante pour la République fédérale. Deux mandats consécutifs de cinq ans, un anglophone succède à un francophone (ou vice versa). Cette proposition a même été réitérée pour chacun des États fédérés afin d'assurer l'alternance entre les provinces. Ce serait pour nous une solution durable à l'ennuyeux problème anglophone et serait acceptable pour la majorité des Camerounais anglophones et francophones». Enfin les évêques qui demande au gouvernement de ne pas procéder au menace pour résoudre le problème, demande «que le gouvernement retire immédiatement les forces de l'ordre des rues des villes anglophones, d'ouvrir les enquêtes appropriées sur les abus des droits de l'homme commis par les forces de l'ordre et de libérer ou de condamner ceux qui ont été enfermés à la suite des récents troubles»

 

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