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Yémen : les Houthis s’emparent de Mokha et du détroit de Bab el-Mandeb, le pétrole explose à 109 dollars et Washington laisse Riyad se débrouiller

Les rebelles houthis prennent le port stratégique de Mokha et menacent la mer Rouge. Pétrole à 109 $, USA refusent d’aider l’Arabie saoudite, Londres et Tokyo s’inquiètent. Décryptage de la crise qui secoue le monde.

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Yémen : les Houthis tiennent le détroit, le pétrole flambe et les grands se regardent en chiens de faïence


La mer Rouge est en train de devenir un champ de bataille ouvert. Les rebelles houthis du mouvement Ansar Allah, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle du port stratégique de Mokha et de plusieurs îles clés. Résultat immédiat : le baril de pétrole a grimpé à 109 dollars lundi. Et pendant que le monde s’inquiète pour ses factures d’essence, Washington, Riyad, Londres et Tokyo se regardent sans trop savoir quoi faire.


Selon le journal américain Politico, l’administration Trump se retrouve dans une position délicate. Les forces yéménites pro-saoudiennes n’ont pas réussi à empêcher les Houthis de s’emparer de Mokha, en mer Rouge, ainsi que de trois îles stratégiques. Washington doit maintenant choisir : s’engager dans un nouveau conflit armé ou laisser la région se débrouiller, en acceptant la flambée des prix de l’énergie. La Maison-Blanche a déclaré qu’elle se concentrait sur la protection de la liberté de navigation et qu’elle comptait sur le respect, par les Houthis, des accords de cessez-le-feu de 2025.


Mais les faits sont têtus. Les Houthis avancent, frappent et ne semblent pas prêts à s’arrêter.


Le Japon sonne l’alarme


Tokyo ne cache plus son inquiétude. Lors d’un entretien téléphonique, le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a déclaré à son homologue yéménite Afrah al-Zouba que les actions des Houthis « déstabilisent toute la région, y compris le détroit de Bab el-Mandeb et la mer Rouge, et menacent sérieusement la liberté et la sécurité de la navigation ». Les deux diplomates ont convenu que la stabilité au Yémen et dans le détroit est d’une importance critique pour la sécurité énergétique mondiale. Motegi a même demandé à l’Iran de « presser les Houthis de faire preuve de retenue ».


Riyad tend la main… et se fait recaler


L’Arabie saoudite, elle, est au pied du mur. Selon Bloomberg, Riyad a sollicité une aide militaire et diplomatique auprès du Premier ministre britannique Andy Burnham pour contrer les Houthis et protéger ses infrastructures pétrolières. Londres a accepté d’envoyer des conseillers militaires et s’est dit prêt à aider à maintenir la stabilité régionale. Des responsables britanniques ont pourtant averti Burnham qu’une prise du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis aurait un « impact catastrophique » sur la navigation mondiale et l’économie.


Côté américain, le message est plus froid. Le Financial Times révèle que le prince héritier Mohammed ben Salmane a appelé Donald Trump pour obtenir une couverture aérienne contre les Houthis. Washington a refusé. Priorité à l’Iran, a-t-on fait comprendre à Riyad. Un diplomate cité par le journal parle d’un refus clair. Pour le prince héritier, c’est la plus grande épreuve depuis 2018. Après avoir tenté de sortir du bourbier yéménite, Riyad se retrouve face à une offensive houthiste au sud et à la menace des milices chiites en Irak au nord. En juillet, les Houthis avaient déjà annoncé un blocus des ports saoudiens. Riyad y voit du chantage et hésite entre escalade et nouveau cessez-le-feu.


Les frappes s’enchaînent


L’armée de l’air saoudienne a mené plusieurs raids près de Zoubab, dans le gouvernorat de Taïz, selon l’agence Saba (proche des Houthis), qui affirme que des civils ont été touchés. Des frappes ont aussi été signalées dans le gouvernorat de Sa’dah.


En réponse, les Houthis affirment avoir lancé une vaste opération de missiles balistiques et de drones contre la base aérienne King Khalid, à Khamis Mushait, en Arabie saoudite. Le porte-parole militaire Yahya Saree a déclaré sur Telegram que « des dizaines de missiles et de drones » ont visé hangars d’avions, systèmes radar, pistes et dépôts de munitions.


La situation s’est brutalement dégradée début septembre. Les Houthis ont lancé une offensive dans le sud-ouest du Yémen, frappant les zones côtières de la mer Rouge et les environs de Taïz pour couper les routes vers Mokha et progresser vers le détroit de Bab el-Mandeb.


Ce que cela signifie pour le monde… et pour nous


Le détroit de Bab el-Mandeb est l’une des artères vitales du commerce mondial. Quand il tousse, le pétrole flambe, les prix montent et les économies en souffrent. Pour un pays comme le Cameroun, dépendant des importations énergétiques, cette crise n’est pas une affaire lointaine. Elle se paie à la pompe et dans le panier de la ménagère.


Washington hésite, Riyad appelle à l’aide, Londres envoie des conseillers, Tokyo s’inquiète et les Houthis avancent. La mer Rouge n’a jamais été aussi dangereuse depuis longtemps. Et personne, pour l’instant, n’a de solution miracle.




Yemen: Houthis Seize Mokha and Threaten Bab el-Mandeb as Oil Hits $109 and Washington Leaves Riyadh Alone


The Red Sea is turning into an open battlefield. Iran-backed Houthi rebels from the Ansar Allah movement have seized control of the strategic port of Mokha and several key islands. The immediate result: oil prices surged to $109 a barrel on Monday. While the world frets over rising energy costs, Washington, Riyadh, London and Tokyo are watching each other, unsure of the next move.


According to the US newspaper Politico, the Trump administration finds itself in a difficult position. Saudi-backed Yemeni forces failed to prevent the Houthis from taking Mokha on the Red Sea and three strategic islands. Washington now faces a tough choice: engage in a new armed confrontation or leave the region to deal with the threat alone, accepting higher oil prices caused by disruptions in the Bab el-Mandeb Strait and the suspension of a Saudi pipeline. The White House said it is focusing on protecting freedom of navigation and counting on the Houthis to respect the 2025 ceasefire agreements.


The facts on the ground tell a different story. The Houthis are advancing, striking and show little sign of stopping.


Japan raises the alarm


Tokyo is no longer hiding its concern. In a phone call, Japanese Foreign Minister Toshimitsu Motegi told his Yemeni counterpart Afrah al-Zouba that Houthi actions “destabilise the entire region, including the Bab el-Mandeb Strait and the Red Sea, and seriously threaten freedom and security of navigation.” Both diplomats agreed that stability in Yemen and the strait is of critical importance for global energy security. Motegi called on Iran to urge the Houthis to show restraint.


Riyadh asks for help… and gets rebuffed


Saudi Arabia is under severe pressure. According to Bloomberg, Riyadh requested military and diplomatic assistance from British Prime Minister Andy Burnham to counter the Houthis and protect its oil infrastructure. London agreed to send military advisers and said it was ready to help maintain regional stability. British officials warned Burnham that a Houthi takeover of the Bab el-Mandeb Strait could have a “catastrophic impact” on international shipping and the global economy.


On the American side, the response was colder. The Financial Times reports that Crown Prince Mohammed bin Salman called President Donald Trump seeking air cover against the Houthis. Washington refused, citing its focus on Iran. A diplomat quoted by the paper confirmed the clear rejection. For the crown prince, this is the toughest test since 2018. After trying to extricate the kingdom from the Yemen conflict, Riyadh now faces a Houthi offensive in the south and the threat of Iraqi Shia militias in the north. In July the Houthis announced a blockade of Saudi ports. Riyadh sees it as blackmail and is oscillating between escalation and a new ceasefire.


Strikes continue


The Saudi air force carried out several raids near Zoubab in Taiz governorate, according to the Houthi-linked Saba news agency, which claimed civilian casualties. Earlier strikes in Sa’dah governorate were also reported.


In response, the Houthis claimed a large-scale ballistic missile and drone attack on King Khalid Air Base in Khamis Mushait, Saudi Arabia. Military spokesman Yahya Saree said on Telegram that “dozens of ballistic missiles and drones” targeted aircraft hangars, radar systems, runways, ammunition depots and other facilities.


The situation deteriorated sharply in early September. The Houthis launched an offensive in southwestern Yemen, striking Red Sea coastal areas and the outskirts of Taiz in an effort to cut roads to Mokha and advance toward the Bab el-Mandeb Strait.


What this means for the world


The Bab el-Mandeb Strait is one of the vital arteries of global trade. When it is threatened, oil prices rise and economies feel the pain. For countries dependent on energy imports, this crisis is not distant — it shows up at the pump and in household budgets.


Washington hesitates, Riyadh calls for help, London sends advisers, Tokyo worries, and the Houthis keep advancing. The Red Sea has rarely looked more dangerous. And for now, no one has a clear way out.


Moussa Nassourou

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