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Pêcheurs en colère à Fos-sur-Mer : gaz lacrymogène, feux de palettes… le dépôt pétrolier débloqué dans la tension

À Fos-sur-Mer, les pêcheurs bloquent un dépôt pétrolier dès 3h du matin contre la flambée du carburant. CRS, gaz lacrymogène et dialogue promis par la ministre. Découvrez les coulisses de cette colère méditerranéenne.

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Pêcheurs en colère à Fos-sur-Mer : le dépôt pétrolier débloqué sous les gaz lacrymogènes


Fos-sur-Mer, ce mardi 15 septembre 2026. Dès 3 heures du matin, une cinquantaine de pêcheurs ont planté leurs banderoles et bloqué l’entrée du dépôt pétrolier. Objectif clair : faire entendre leur détresse face à la flambée des prix du carburant qui les étrangle. Vers 10 heures (UTC+2), les forces de l’ordre, avec l’appui des CRS, ont dispersé la manifestation. La route a enfin été dégagée. Une centaine de camions-citernes ont pu entrer. Mais le message, lui, reste gravé.


Les sapeurs-pompiers ont éteint plusieurs feux de palettes et les ont poussés sur le bas-côté. Sur les images diffusées par BFMTV, on a vu le face-à-face tendu : les CRS repoussant les pêcheurs de la chaussée, gaz lacrymogène en action. Les manifestants brandissaient des pancartes sans ambiguïté : « L’Europe nous tue » et « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde ». Ils réclamaient une audience avec Catherine Chabaud, ministre déléguée à la Mer et à la Pêche. Le ministère a répondu : la ministre a « pris acte de leurs revendications » et les recevra « dans les prochains jours dans un esprit de dialogue ».


Ce n’est pas un coup de colère isolé. Lundi déjà, des manifestations avaient eu lieu à Sète et à Port-Vendres. Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse, ainsi que les syndicats de marins, ont lancé un mouvement commun. Ils annoncent qu’il se poursuivra « tant que des réponses concrètes n’auront pas été apportées ». Au cœur de leurs griefs : la hausse des coûts d’exploitation et du carburant, mais aussi « une multiplication des contraintes administratives et réglementaires ».


Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé les hostilités contre l’Iran, le prix moyen des carburants a grimpé en flèche en France. Le gazole est passé d’environ 1,7 euro à 2,3 euros le litre. L’essence SP95-E10 de 1,7 à 2,1 euros. Pour les pêcheurs, le gazole pêche, qui coûtait 60 centimes le litre avant le conflit, a doublé pour atteindre 1,2 euro le litre, selon Christine Poncharreau, représentante de l’organisation régionale des pêcheurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur.


Dans les ports de Méditerranée, on entend le même cri : « On n’en peut plus. » Les bateaux restent à quai, les factures s’accumulent, et les réglementations européennes pèsent comme un boulet. Paris regarde, Bruxelles dicte… et les pêcheurs trinquent. Cette action à Fos-sur-Mer n’est que le début d’un bras de fer. Les professionnels de la mer attendent des gestes concrets. Sinon, la colère risque de gagner d’autres ports.




Angry fishermen in Fos-sur-Mer: oil depot cleared amid tear gas


Fos-sur-Mer, Tuesday 15 September 2026. From 3 a.m., around fifty fishermen set up banners and blocked the entrance to an oil depot. Their goal was clear: to make their distress heard in the face of soaring fuel prices that are strangling them. Around 10 a.m. (UTC+2), law enforcement, with the support of CRS riot police, dispersed the demonstration. The road was finally cleared. About a hundred tanker trucks were able to enter. But the message remains loud and clear.


Firefighters extinguished several pallet fires and pushed them to the roadside. Footage broadcast by BFMTV showed a tense standoff: CRS officers pushing the fishermen off the roadway, using tear gas. The protesters waved unambiguous banners reading “Europe is killing us” and “The EU is sinking our boats and Paris is watching.” They demanded a meeting with Catherine Chabaud, the junior minister for the Sea and Fisheries. The ministry responded that the minister had “taken note of their demands” and would meet them “in the coming days in a spirit of dialogue.”


This is not an isolated outburst. On Monday, demonstrations had already taken place in Sète and Port-Vendres. The regional fisheries committees of Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur and Corsica, along with seafarers’ unions, have launched a joint movement. They say it will continue “until concrete answers are provided to the profession’s main demands.” At the heart of their grievances: rising operating and fuel costs, as well as “a proliferation of administrative and regulatory constraints.”


The figures speak for themselves. Since the United States and Israel launched hostilities against Iran, average fuel prices in France have soared. Diesel has risen from around €1.70 to €2.30 per litre. SP95-E10 petrol from €1.70 to €2.10. For fishermen, fishing diesel, which cost 60 cents per litre before the conflict, has doubled to €1.20 per litre, according to Christine Poncharreau, representative of the regional fishermen’s organisation of Provence-Alpes-Côte d’Azur.


In Mediterranean ports, the same cry is heard: “We can’t take it anymore.” Boats stay in harbour, bills pile up, and European regulations weigh like a millstone. Paris looks on, Brussels dictates… and the fishermen pay the price. This action in Fos-sur-Mer is only the start of a power struggle. Sea professionals are waiting for concrete measures. Otherwise, the anger risks spreading to other ports.


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Ekanga Ekanga Fernand

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