Électricité à Douala : 170 MW promis aux industriels avant fin 2026, mais le corridor de Nachtigal a pris du retard
Les usines de Douala pourraient enfin respirer. Selon la Banque mondiale, 170 MW supplémentaires pourraient leur être accessibles d’ici la fin de l’année 2026. Mais cette promesse repose sur des lignes à haute tension qui n’ont pas fini de se faire attendre.
Une annonce faite à Yaoundé
C’est à l’issue d’une rencontre avec le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le 30 octobre à Yaoundé, que Cheick Fantamady Kanté a lâché l’information. Le directeur de division de la Banque mondiale pour le Cameroun et quatre autres pays d’Afrique centrale a été clair : « La bonne nouvelle, c’est que d’ici la fin de l’année, 170 MW de plus pourraient être disponibles pour les industriels à Douala. »
Attention toutefois à ne pas se tromper de lecture. Il ne s’agit pas d’une hausse de la production du barrage de Nachtigal, dont les sept groupes, d’une puissance totale de 420 MW, sont déjà opérationnels. L’enjeu est ailleurs : faire arriver cette énergie jusqu’aux entreprises qui en ont besoin.
Des industriels qui produisent encore leur propre courant
Le constat du responsable de la Banque mondiale est sans détour : « Beaucoup d’énergie est produite à Nachtigal et est d’ailleurs utilisée. Mais elle le serait encore plus si les industriels qui produisent pour eux-mêmes aujourd’hui y avaient accès. »
Autrement dit, certaines entreprises de la capitale économique continuent d’assurer elles-mêmes une partie de leur consommation électrique. Un raccordement au réseau pourrait réduire cette dépendance à leurs propres moyens de production.
Le deuxième corridor, maillon qui coince
Tout dépend de l’avancement des infrastructures de transport. Lors d’une inspection le 7 octobre 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a fixé à novembre l’achèvement de plusieurs ouvrages du deuxième corridor d’évacuation de Nachtigal vers le Littoral.
Au programme :
- La ligne 400 kV Nyom 2–Nkolkoumou–Edéa, appelée à renforcer les capacités de transit vers le Littoral ;
- Le poste d’Edéa-Béon, réalisé à 95 %, mais dont la livraison est repoussée au 15 novembre, notamment à cause de l’arrivée tardive d’un câble principal.
Résultat : l’amélioration de l’approvisionnement des zones industrielles de Douala est décalée de plusieurs mois. Le gouvernement avait pourtant initialement exigé la mise sous tension de certains ouvrages dès juin dernier.
Des enjeux économiques considérables
Dès le 6 octobre, le ministère de l’Eau et de l’Énergie indiquait que les investissements en cours dans le transport et la distribution devaient permettre de répondre à une demande industrielle supplémentaire estimée à environ 150 MW. Selon ses projections, ces nouvelles consommations pourraient générer près de 4 milliards de FCFA de recettes commerciales par mois pour le secteur électrique.
Les 170 MW évoqués par la Banque mondiale ouvrent ainsi un nouvel horizon pour les entreprises de Douala, poumon industriel du pays.
Ce qui reste flou
À ce stade, les annonces consultées ne précisent ni la répartition des 170 MW entre les entreprises, ni le calendrier de leur raccordement. Le raccordement reste conditionné à l’achèvement des lignes, à la mise en service des postes électriques et aux travaux nécessaires pour alimenter les sites industriels concernés.
L’objectif de fin 2026 reste donc une prévision, pas une garantie. Pour les industriels de Douala, le compte à rebours est lancé : réponse attendue dans les semaines à venir.
Douala Power Supply: World Bank Says 170 MW More Could Reach Industries by End of 2026, but the Nachtigal Corridor Is Running Late
Douala’s factories may finally get some relief. According to the World Bank, an additional 170 MW could become available to them by the end of 2026. But the promise hinges on high-voltage lines that are still behind schedule.
An announcement made in Yaoundé
Following a meeting with Finance Minister Louis Paul Motaze on October 30 in Yaoundé, Cheick Fantamady Kanté shared the news. The World Bank division director for Cameroon and four other Central African countries said: “The good news is that by the end of the year, 170 MW more could be available to industrial users in Douala.”
One clarification matters: this is not an increase in output at the Nachtigal dam, whose seven units, totaling 420 MW, are already operational. The challenge lies elsewhere: getting that energy to the companies that need it.
Industries still generating their own power
The World Bank official was blunt: “A lot of energy is produced at Nachtigal and is used. But it would be used even more if the industrial players who produce for themselves today had access to it.”
In other words, some companies in Cameroon’s economic capital still cover part of their own electricity needs. Connecting them to the grid could reduce their reliance on self-generation.
The second corridor: the weak link
Everything depends on transmission infrastructure. During an October 7, 2026 inspection, Water and Energy Minister Gaston Eloundou Essomba set November as the completion target for several structures of the second evacuation corridor from Nachtigal to the Littoral region.
On the list:
- The 400 kV Nyom 2–Nkolkoumou–Edéa line, meant to boost transmission capacity toward the Littoral;
- The Edéa-Béon substation, 95% complete, but now postponed to November 15, notably due to the late delivery of a main cable.
As a result, better power supply to Douala’s industrial zones has been pushed back by several months. The government had initially demanded that some facilities be energized as early as June.
Major economic stakes
As early as October 6, the Ministry of Water and Energy said ongoing transmission and distribution investments should meet additional industrial demand estimated at around 150 MW. By its projections, this new consumption could generate nearly 4 billion FCFA in monthly commercial revenue for the power sector.
The World Bank’s 170 MW figure thus opens a new horizon for businesses in Douala, the country’s industrial heartland.
What remains unclear
So far, the announcements reviewed specify neither how the 170 MW would be split among companies nor the timeline for connecting them. Connection remains conditional on completing the lines, commissioning the substations and carrying out the work needed to supply the industrial sites concerned.
The end-2026 target therefore remains a forecast, not a guarantee. For Douala’s industrialists, the countdown has begun.
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Mouahna Divine