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Yoko : 4 000 hectares de soja, 550 emplois… mais aucun franc ni calendrier annoncé*

Agribio Cameroun et le turc NuNu Export promettent un complexe soja-avicole géant à Yoko : 4 000 ha, 60 t/jour d’huilerie, 550 emplois. Mais le financement, le foncier et le calendrier restent mystérieux. Décryptage.

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Soja, volaille et soleil : le mégaprojet de Yoko qui promet 550 emplois… sur le papier


Yoko, Mbam-et-Kim. L’annonce a de quoi faire saliver dans une région où l’emploi jeune reste un casse-tête. Agribio Cameroun Sarl dit avoir conclu un partenariat technique avec la société turque NuNu Export pour développer un complexe agro-industriel dans le département du Mbam-et-Kim, région du Centre. Au menu : 4 000 hectares de soja mécanisé, une huilerie-raffinerie de 60 tonnes par jour, une ferme avicole de 1 000 hectares avec 48 bâtiments, et une centrale solaire hybride de 2,5 mégawatts-crête. Les promoteurs jurent que plus de 550 emplois permanents seront créés à terme .


Sur le papier, le modèle se tient : produire du soja, le transformer en huile et en tourteaux, et nourrir les poulets et les pondeuses du complexe avec ces tourteaux. Une boucle locale qui collerait à la politique d’import-substitution prônée par Yaoundé. Sauf que dans le dossier, une chose brille par son absence : l’argent.


Aucun montant. Aucun financement. Aucun calendrier.


Ni le coût de l’investissement, ni les financements mobilisés, ni la date de démarrage des travaux ou de mise en service n’ont été communiqués . Le statut foncier des 4 000 hectares annoncés reste lui aussi à établir. Autrement dit, les capacités de production et les 550 emplois sont, à ce stade, des objectifs. Pas des réalités.


Le protocole d’accord aurait été paraphé au Hilton Istanbul Bosphorus, en marge des rencontres d’affaires Türkiye-Cameroun des 31 octobre et 1er novembre 2026. Agribio était représentée par son directeur général, Mohamadou Atikou Kalda. Christophe Eken, président de la CCIMA, et Ekoko Mukete, président du Cameroon–Türkiye Business Council, étaient dans la salle . De quoi donner une caution institutionnelle à l’annonce.


Mais le diable se cache dans les détails. NuNu Export, fondée en 2014 à Istanbul par Ayhan Karakaya, revendique des activités dans plus de 25 pays, du commerce agricole à la nutrition animale . Rien d’anormal. Sauf que la CCIMA répertorie Agribio Cameroun à Maroua, dans l’Extrême-Nord, pas à Yoko. Le siège opérationnel du projet dans le Mbam-et-Kim, lui, reste à préciser.


Le contexte : Istanbul, encore et toujours


Cette annonce tombe au moment où les patronats camerounais et turc multiplient les poignées de main. Le 1er novembre 2026, la TOBB (Union des chambres et bourses de Turquie) et la CCIMA ont signé un autre protocole, celui-là institutionnel, pour créer un Forum des chambres de commerce et d’industrie Türkiye-Cameroun . Objectif affiché : doper les investissements conjoints et les coopérations de long terme. Les échanges bilatéraux de marchandises ont atteint environ 349,2 millions de dollars en 2025, selon UN Comtrade, avec le cacao et le bois côté camerounais, les équipements électriques et les machines côté turc .


Le problème, c’est que les mémorandums ne plantent pas de soja. Ils ne construisent pas d’huilerie. Et ils ne créent pas d’emplois. Comme le relevait un observateur économique camerounais, « un mémorandum ouvre une porte ; il ne fait pas encore entrer une usine, une commande ou un emploi » . La valeur du partenariat Agribio-NuNu Export dépendra donc d’un seul indicateur : le premier coup de pelle à Yoko. Et pour l’instant, personne ne sait quand il sera donné.




Soja, Poultry and Sun: Yoko’s Mega-Project Promises 550 Jobs… on Paper


Yoko, Mbam-et-Kim. The announcement is enough to whet appetites in a region where youth unemployment remains a headache. Agribio Cameroun Sarl says it has struck a technical partnership with Turkish firm NuNu Export to develop an agro-industrial complex in the Mbam-et-Kim department, Centre region. The plan: 4,000 hectares of mechanised soja, a 60-tonne-per-day oil refinery, a 1,000-hectare poultry farm with 48 rearing buildings, and a 2.5-megawatt-peak hybrid solar plant. Promoters vow that more than 550 permanent jobs will eventually be created .


On paper, the model holds together: grow soja, process it into oil and meal, and feed the complex’s chickens and laying hens with that meal. A local loop that would align with Yaoundé’s import-substitution policy. Except for one glaring omission: the money.


No amount. No financing. No timeline.


Neither the investment cost, nor the funding mobilised, nor the construction or commissioning schedule has been disclosed . The land status of the announced 4,000 hectares also remains to be established. In other words, the production capacities and the 550 jobs are, at this stage, targets. Not realities.


The memorandum of understanding was reportedly signed at the Hilton Istanbul Bosphorus, on the sidelines of the Türkiye-Cameroon business meetings held on 31 October and 1 November 2026. Agribio was represented by its managing director, Mohamadou Atikou Kalda. Christophe Eken, president of the CCIMA, and Ekoko Mukete, president of the Cameroon–Türkiye Business Council, were in the room . Enough to lend institutional cover to the announcement.


But the devil is in the details. NuNu Export, founded in Istanbul in 2014 by Ayhan Karakaya, claims operations in more than 25 countries, from agricultural trade to animal nutrition . Nothing unusual there. Except that the CCIMA lists Agribio Cameroun as based in Maroua, in the Far North, not Yoko. The project’s operational base in Mbam-et-Kim remains to be clarified.


The context: Istanbul, again


The announcement comes as Cameroonian and Turkish business organisations multiply handshakes. On 1 November 2026, TOBB (the Union of Chambers and Commodity Exchanges of Türkiye) and the CCIMA signed another protocol, this one institutional, to create a Türkiye-Cameroon Chamber of Commerce and Industry Forum . The stated goal: boost joint investments and long-term cooperation. Bilateral merchandise trade reached about $349.2 million in 2025, according to UN Comtrade, with cocoa and timber on the Cameroonian side, and electrical equipment and machinery on the Turkish side .


The problem is that memorandums do not plant soja. They do not build oil refineries. And they do not create jobs. As one Cameroonian economic observer noted, “a memorandum opens a door; it does not yet bring in a factory, an order or a job” . The value of the Agribio-NuNu Export partnership will therefore hinge on a single indicator: the first shovel in the ground at Yoko. And for now, no one knows when that will happen.


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Didier Cebas K.

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