Cameroun : Washington et l’ONU affichent des milliards, mais près de 657 milliards de FCFA restent à trouver
Entre la nouvelle stratégie commerciale des États-Unis et le cadre de coopération 2027-2031 avec les Nations unies, le Cameroun multiplie les partenariats internationaux. Mais derrière les annonces de plusieurs milliers de milliards de FCFA, les financements effectivement identifiés restent insuffisants.
Le Cameroun se retrouve face à un double défi financier dans ses relations avec ses partenaires internationaux. D'un côté, les États-Unis veulent désormais privilégier les investissements directement profitables aux entreprises américaines, plutôt que les mécanismes traditionnels d'assistance. De l'autre, le nouveau cadre de coopération entre le gouvernement camerounais et le Système des Nations unies prévoit une enveloppe de 860,5 milliards de FCFA pour la période 2027-2031, mais seulement 203,2 milliards sont actuellement identifiés comme disponibles.
Résultat : près de 657,3 milliards de FCFA restent à mobiliser pour financer les programmes de développement prévus avec l'ONU. Une équation qui met en évidence les difficultés de financement du développement, alors même que Yaoundé cherche à attirer davantage de capitaux étrangers et de partenaires privés.
Washington change de méthode : le commerce avant l'aide
Les États-Unis veulent revoir leur manière de travailler avec les pays africains. À Douala, le 22 octobre 2026, Sophia Lalani, conseillère principale auprès de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, a présenté les grandes orientations de cette approche devant la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham).
Selon le compte rendu de l'organisation, Washington privilégie désormais les projets immédiatement opérationnels, impliquant une entreprise américaine et garantissant à celle-ci des débouchés commerciaux directs.
Sophia Lalani a également souligné que les réformes de gouvernance soutenues depuis plusieurs années par les États-Unis avaient davantage profité aux entreprises d'autres pays qu'aux sociétés américaines.
Cette orientation s'inscrit dans la doctrine « Trade, not aid » (le commerce plutôt que l'aide), présentée le 14 mai 2025 à Abidjan par Troy Fitrell, alors responsable des affaires africaines au département d'État américain.
L'objectif est de renforcer les exportations et les investissements américains sur le continent. Dans cette logique, les ambassadeurs américains sont notamment évalués sur leur capacité à défendre les intérêts des entreprises de leur pays et à favoriser la conclusion de contrats.
Washington entend ainsi travailler avec les gouvernements africains pour lever les obstacles réglementaires qui compliquent l'accès aux marchés publics et aux opportunités d'investissement.
Près de 4 000 milliards de FCFA d'opportunités entre Yaoundé et Washington
Cette nouvelle approche commerciale trouve déjà un terrain d'application au Cameroun.
Le 27 août 2026, Yaoundé a accueilli le premier Dialogue économique et commercial bilatéral entre les deux pays. La rencontre, coprésidée par Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais de l'Économie, et Sarah Troutman, sous-secrétaire d'État adjointe américaine aux affaires africaines, a permis d'identifier environ 7 milliards de dollars d'opportunités, soit près de 4 000 milliards de FCFA.
Selon le ministère de l'Économie, neuf entreprises américaines ont alors exprimé des intentions de financement concernant plusieurs projets structurants.
Parmi les principales opportunités figurent :
Le barrage de Grand Eweng, évalué à 3,5 milliards de dollars.
Un projet d'aéroport moderne à Douala, estimé à 2 milliards de dollars.
Des investissements dans les minerais critiques.
Le développement des infrastructures numériques.
Attention toutefois : ces montants correspondent à des opportunités et à des intentions de financement, et non à des investissements déjà réalisés. Les études, les financements et les accords définitifs restent à finaliser selon les projets.
Les deux gouvernements ont également convenu de poursuivre les discussions sur la fiscalité, les infrastructures logistiques et la réglementation minière. Un nouveau dialogue économique est annoncé aux États-Unis en 2027.
Santé : les entreprises américaines lorgnent aussi le marché camerounais
La coopération sanitaire constitue un autre axe de cette stratégie américaine.
Dans sa stratégie mondiale de santé « America First Global Health Strategy », publiée en septembre 2025, le département d'État américain affiche sa volonté de faire de l'aide sanitaire un instrument permettant également d'ouvrir des marchés aux produits et technologies américains.
À titre d'illustration, pendant l'exercice budgétaire 2024, Washington a acheté plus de 120 millions de dollars de tests diagnostiques auprès d'entreprises américaines, notamment Abbott, Cepheid et Hologic. Ce chiffre concerne les achats mondiaux américains et non le marché camerounais.
À Douala, selon l'AmCham, un groupe pharmaceutique a présenté un modèle de partenariat associant équipements de diagnostic, contrats de service avec les ministères de la Santé, formation du personnel médical et transport des échantillons.
Les plateformes envisagées peuvent notamment contribuer au dépistage du VIH, de la tuberculose, des hépatites et du cancer du col de l'utérus.
Ce modèle fonctionnerait déjà dans plusieurs pays africains avec l'appui du PEPFAR et du Fonds mondial.
Au Cameroun, cependant, rien n'est encore définitivement acquis. L'AmCham envisage des échanges avec les équipes locales du PEPFAR et des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Aucun financement, contrat ni calendrier de déploiement n'a été annoncé.
Parallèlement, les deux pays ont signé, le 1er octobre 2026, un accord de don relatif aux objectifs stratégiques de leur coopération sanitaire jusqu'en 2030.
Selon le ministère de l'Économie, près de 510 milliards de FCFA pourraient être mobilisés entre 2026 et 2030, avec environ 240 milliards de contribution américaine et jusqu'à 270 milliards de ressources camerounaises.
Les financements doivent notamment soutenir les laboratoires, la surveillance épidémiologique et l'approvisionnement pharmaceutique. Cette enveloppe ne constitue toutefois pas un financement déjà établi pour le projet pharmaceutique présenté à l'AmCham.
Fiscalité, formalités et visas : les obstacles qui refroidissent les investisseurs
Derrière les opportunités commerciales, les investisseurs américains pointent également plusieurs difficultés liées à l'environnement des affaires au Cameroun.
Lors de la rencontre du 22 octobre à Douala, les participants ont notamment évalué entre 15 000 et 20 000 dollars le coût d'installation d'un investisseur étranger, sans fournir de ventilation détaillée de cette estimation.
Les discussions ont également porté sur les déclarations trimestrielles obligatoires, même en l'absence d'activité, ainsi que sur les difficultés d'application de certaines lois en raison de l'absence de textes réglementaires.
Le guide du département américain du Commerce publié le 10 avril 2026 relève lui aussi plusieurs obstacles au Cameroun : complexité fiscale, lenteurs administratives, difficultés d'accès aux marchés publics et retards de paiement de l'État.
Les problèmes liés à l'obtention des visas américains ont également été évoqués. De son côté, l'ambassade américaine a rappelé les règles migratoires en vigueur.
Face à ces contraintes, l'AmCham recommande aux investisseurs de s'appuyer sur une expertise locale dès la phase de préparation des projets.
ONU-Cameroun : 657,3 milliards de FCFA encore à mobiliser pour 2027-2031
Alors que Washington redéfinit ses priorités commerciales, le Cameroun doit également trouver des ressources supplémentaires pour financer son partenariat avec les Nations unies.
Le 30 octobre 2026 à Yaoundé, Alamine Ousmane Mey, ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, et Issa Sanogo, coordonnateur résident du Système des Nations unies au Cameroun, ont signé le nouveau Cadre de coopération pour le développement durable couvrant la période 2027-2031.
Le programme prévoit une enveloppe globale de 860,5 milliards de FCFA. Mais sur ce montant, seulement 203,2 milliards sont actuellement identifiés comme disponibles.
Le déficit de financement atteint donc 657,3 milliards de FCFA, soit 76,4 % des besoins prévisionnels.
Les ressources identifiées comprennent 141,7 milliards de FCFA de financements de base (« core ») et 61,5 milliards de ressources complémentaires (« non-core »). Ces montants correspondent à des financements identifiés pour la mise en œuvre du programme, sans signifier nécessairement que les fonds ont déjà été décaissés.
Pour réduire cet écart, Issa Sanogo préconise un élargissement des partenariats avec les institutions financières de développement et le secteur privé. Il plaide également pour une mobilisation accrue des financements climatiques et des mécanismes de financement innovants.
Transformation économique : 232 milliards de FCFA manquent à l'appel
Le nouveau cadre de coopération repose sur trois priorités stratégiques déclinées en quatre effets budgétaires.
La transformation économique et la résilience climatique représentent une enveloppe prévisionnelle de 275,4 milliards de FCFA. Pourtant, seulement 43,2 milliards sont disponibles, soit un taux de couverture de 15,7 %.
Le déficit atteint ainsi 232,2 milliards de FCFA.
Dans le détail, la diversification économique et la création d'emplois décents disposent d'un budget prévisionnel de 174 milliards de FCFA. Les ressources identifiées ne représentent que 21,7 milliards, soit 12,5 % des besoins. Il reste donc 152,2 milliards à mobiliser.
La seconde composante, consacrée à la résilience climatique et à l'accès à une énergie propre, nécessite 101,5 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, 21,5 milliards sont disponibles, soit un taux de couverture de 21,2 %. Le besoin résiduel avoisine 80 milliards de FCFA.
Ces investissements doivent notamment soutenir l'industrialisation, la diversification des activités productives, le développement des économies verte et bleue ainsi que l'adaptation aux changements climatiques.
Capital humain : le plus gros déficit, avec 316,6 milliards de FCFA à trouver
Le développement du capital humain et la cohésion sociale concentrent la plus importante enveloppe du programme.
Cette composante nécessite 427,6 milliards de FCFA, soit 49,7 % du budget global. Mais seuls 111 milliards sont actuellement disponibles.
Le déficit atteint 316,6 milliards de FCFA, ce qui représente le besoin de financement le plus important en valeur absolue parmi les quatre effets budgétaires.
Les interventions prévues concernent notamment l'accès aux soins de santé, l'éducation et la protection sociale.
À l'horizon 2031, les objectifs annoncés comprennent :
95 % d'accouchements assistés.
95 % de couverture vaccinale.
100 % de taux d'achèvement du cycle primaire.
40 % des personnes vulnérables couvertes par les mécanismes de protection sociale.
La gouvernance, la décentralisation et la paix constituent la quatrième composante du dispositif. Son budget prévisionnel est de 157,5 milliards de FCFA, dont 48,9 milliards sont disponibles.
Avec un taux de couverture de 31,1 %, cette composante affiche la meilleure situation financière des quatre effets. Il reste néanmoins 108,6 milliards de FCFA à mobiliser.
Les interventions porteront notamment sur l'efficacité des institutions, la transparence, la gestion des finances publiques, la décentralisation et le lien entre aide humanitaire, développement et consolidation de la paix.
Le programme couvre l'ensemble du territoire national, avec une attention particulière accordée à l'Extrême-Nord, au Nord, à l'Adamaoua, à l'Est, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest.
Les femmes, les jeunes, les enfants, les réfugiés, les personnes déplacées internes, les personnes handicapées et les peuples autochtones figurent parmi les principaux bénéficiaires ciblés.
Un budget en hausse de 27 %, mais une couverture financière en recul
La comparaison avec le précédent cycle de coopération 2022-2026 révèle un paradoxe.
Signé le 16 septembre 2021 par Alamine Ousmane Mey et Matthias Zana Naab, alors coordonnateur résident des Nations unies au Cameroun, le précédent cadre prévoyait une enveloppe d'environ 1,15 milliard de dollars, soit 676,7 milliards de FCFA au taux de conversion retenu pour cette comparaison.
Pour la période 2027-2031, le budget grimpe à 860,5 milliards de FCFA, soit une progression d'environ 27,2 %.
Mais les ressources identifiées au démarrage du programme diminuent. Elles passent de 226,7 milliards de FCFA pour le cycle précédent à 203,2 milliards pour le nouveau dispositif, soit une baisse de 23,5 milliards de FCFA ou 10,4 %.
Le taux de couverture financière recule ainsi de 33,5 % à 23,6 %, soit une diminution de 9,9 points.
Cette comparaison porte sur les financements identifiés au moment de la programmation des deux cycles. Elle ne mesure pas les ressources finalement mobilisées ni les dépenses réellement exécutées entre 2022 et 2026.
Le précédent programme réunissait 22 agences des Nations unies autour de quatre priorités : la croissance inclusive et durable, le développement humain et social, l'appui institutionnel et la participation citoyenne, ainsi que la durabilité environnementale et la gestion des risques climatiques.
Le défi camerounais : transformer les annonces en investissements réels
Entre les opportunités commerciales américaines estimées à près de 4 000 milliards de FCFA et les 657,3 milliards de FCFA encore nécessaires pour financer le cadre de coopération avec l'ONU, le Cameroun dispose d'un portefeuille important de partenariats potentiels.
Mais les montants annoncés ne doivent pas être confondus avec des financements effectivement mobilisés. Les intentions d'investissement américaines restent soumises à la finalisation des études, des accords et des mécanismes de financement. De leur côté, les ressources identifiées avec les Nations unies ne couvrent actuellement qu'une faible partie des besoins du programme 2027-2031.
Le véritable enjeu pour Yaoundé sera donc de convertir ces engagements et perspectives en contrats signés, financements disponibles et projets effectivement exécutés.
Dans un contexte où Washington privilégie désormais les intérêts commerciaux de ses entreprises et où les Nations unies appellent à diversifier les sources de financement, l'amélioration du climat des affaires, la mobilisation du secteur privé et la capacité d'absorption des investissements seront déterminantes pour les ambitions économiques et sociales du Cameroun.
Cameroon: US and UN partnerships worth billions, but CFAF 657.3 billion still needs to be raised
As Washington shifts towards trade-driven partnerships and the United Nations launches a new 2027-2031 cooperation framework, Cameroon faces a major financing challenge. Despite billions of CFA francs in potential investment opportunities, substantial funding gaps remain.
Cameroon is facing a dual financial challenge in its international partnerships. On one hand, the United States is increasingly prioritising projects that generate direct business opportunities for American companies rather than traditional aid mechanisms. On the other, the new cooperation framework between the Cameroonian government and the United Nations system provides for a total budget of CFAF 860.5 billion for 2027-2031, but only CFAF 203.2 billion has so far been identified as available.
This leaves a financing gap of approximately CFAF 657.3 billion to be raised for the planned development programmes. The situation highlights the growing difficulty of financing development at a time when Cameroon is seeking to attract more foreign capital and private-sector partners.
Washington changes its approach: trade before aid
The United States is reshaping its engagement with African countries. On October 22, 2026, in Douala, Sophia Lalani, senior adviser to the US Senate Foreign Relations Committee, outlined Washington's priorities during a meeting with the American Chamber of Commerce in Cameroon (AmCham).
According to the chamber's account, the United States now favours projects that are ready to start, involve an American company and provide direct commercial opportunities for that company.
Lalani also argued that governance reforms supported by Washington over the years had benefited companies from other countries more than American businesses.
This approach builds on the "Trade, not aid" doctrine presented on May 14, 2025, in Abidjan by Troy Fitrell, then the US State Department's top official for African affairs.
The objective is to increase American exports and investment across Africa. Under this approach, US ambassadors are assessed partly on their ability to promote American business interests and secure commercial contracts.
Washington also wants to work with African governments to remove regulatory barriers affecting public procurement and investment opportunities.
Nearly CFAF 4,000 billion in potential US-Cameroon business opportunities
The new commercial approach is already taking shape in Cameroon.
On August 27, 2026, Yaoundé hosted the first bilateral Economic and Trade Dialogue between the two countries. Co-chaired by Cameroon's Economy Minister Alamine Ousmane Mey and US Deputy Assistant Secretary of State for African Affairs Sarah Troutman, the meeting identified approximately US$7 billion in potential opportunities, equivalent to nearly CFAF 4,000 billion.
According to Cameroon's Ministry of the Economy, nine American companies expressed financing intentions for several major projects.
These include:
The Grand Eweng hydropower dam, estimated at US$3.5 billion.
A modern airport project in Douala, valued at US$2 billion.
Critical minerals investments.
Digital infrastructure development.
However, these figures represent potential opportunities and financing intentions, not investments already completed. Studies, financing arrangements and final agreements still need to be concluded, depending on the project.
Both governments also agreed to continue discussions on taxation, logistics infrastructure and mining regulations. A new economic dialogue is expected to take place in the United States in 2027.
Healthcare: American companies are also targeting Cameroon
Healthcare cooperation is another important component of Washington's strategy.
Under its "America First Global Health Strategy", published in September 2025, the US State Department intends to use health assistance to create market opportunities for American products and technologies.
During the 2024 fiscal year, the United States purchased more than US$120 million worth of diagnostic tests from American companies, including Abbott, Cepheid and Hologic. This figure concerns US purchases worldwide, not specifically Cameroon.
In Douala, according to AmCham, a pharmaceutical group presented a partnership model combining diagnostic equipment, service contracts with health ministries, staff training and sample transportation.
These platforms can support screening programmes for HIV, tuberculosis, hepatitis and cervical cancer.
The model is reportedly already operating in several African countries with support from PEPFAR and the Global Fund.
In Cameroon, however, the partnership remains under discussion. AmCham is considering meetings with local PEPFAR teams and the US Centers for Disease Control and Prevention (CDC). No funding, contract or implementation timetable has been announced.
Meanwhile, on October 1, 2026, the two countries signed a grant agreement setting out the strategic objectives of their health cooperation through 2030.
According to the Ministry of the Economy, nearly CFAF 510 billion could be mobilised between 2026 and 2030, including approximately CFAF 240 billion in American contributions and up to CFAF 270 billion in Cameroonian resources.
The programme targets laboratories, epidemiological surveillance and pharmaceutical supplies. However, this funding has not been specifically allocated to the pharmaceutical project presented at the AmCham meeting.
Taxation, administrative procedures and visas remain obstacles
Despite the business opportunities, investors have highlighted several challenges in Cameroon's business environment.
During the October 22 meeting in Douala, participants estimated that establishing a foreign investor in Cameroon could cost between US$15,000 and US$20,000, although no detailed breakdown was provided.
Discussions also focused on mandatory quarterly tax declarations, even when a company has no business activity, as well as difficulties implementing certain laws due to missing regulatory instruments.
A US Department of Commerce guide published on April 10, 2026, also identifies several challenges in Cameroon, including complex taxation, administrative delays, difficult access to public procurement and government payment arrears.
Difficulties obtaining US visas were also raised. The US Embassy reiterated the applicable immigration rules.
AmCham recommends that investors seek local expertise from the earliest stages of project preparation.
UN-Cameroon cooperation: CFAF 657.3 billion still needed for 2027-2031
While Washington is redefining its commercial priorities, Cameroon must also secure additional resources to finance its partnership with the United Nations.
On October 30, 2026, in Yaoundé, Alamine Ousmane Mey, Minister of the Economy, Planning and Regional Development, and Issa Sanogo, United Nations Resident Coordinator in Cameroon, signed the new United Nations Sustainable Development Cooperation Framework for 2027-2031.
The programme has a projected budget of CFAF 860.5 billion. However, only CFAF 203.2 billion has so far been identified as available.
The resulting financing gap stands at CFAF 657.3 billion, representing 76.4% of projected needs.
The identified resources include CFAF 141.7 billion in core funding and CFAF 61.5 billion in non-core resources. These amounts are identified resources for programme implementation and do not necessarily mean that the funds have already been disbursed.
To close the gap, Issa Sanogo is advocating broader partnerships with development finance institutions and the private sector, alongside increased mobilisation of climate finance and innovative funding mechanisms.
Economic transformation: CFAF 232 billion financing gap
The new cooperation framework is structured around three strategic priorities divided into four expected outcomes.
Economic transformation and climate resilience have a projected budget of CFAF 275.4 billion. However, only CFAF 43.2 billion is currently available, representing a funding coverage rate of 15.7%.
The remaining financing requirement is CFAF 232.2 billion.
Economic diversification and decent job creation account for CFAF 174 billion in projected needs. Available resources amount to only CFAF 21.7 billion, or 12.5% of the required funding. The remaining gap is CFAF 152.2 billion.
The second component focuses on climate resilience and access to clean energy. It requires CFAF 101.5 billion, of which CFAF 21.5 billion is available, representing 21.2% coverage. Nearly CFAF 80 billion still needs to be raised.
These investments are expected to support industrialisation, productive-sector diversification, the green and blue economies, and climate change adaptation.
Human capital: the largest funding gap at CFAF 316.6 billion
Human capital development and social cohesion represent the largest budgetary component of the framework.
The projected allocation stands at CFAF 427.6 billion, equivalent to 49.7% of the overall budget. Yet only CFAF 111 billion is currently available.
The resulting financing gap is CFAF 316.6 billion, the largest in absolute terms among the four budgetary outcomes.
The planned interventions include improving access to healthcare, education and social protection.
By 2031, the announced targets include:
95% of births attended by skilled health personnel.
95% vaccination coverage.
100% primary school completion rate.
40% of vulnerable people covered by social protection mechanisms.
Governance, decentralisation and peace have a projected budget of CFAF 157.5 billion, of which CFAF 48.9 billion is available.
With a funding coverage rate of 31.1%, this component has the highest financing rate among the four outcomes. Nevertheless, CFAF 108.6 billion still needs to be mobilised.
Planned interventions include institutional effectiveness, transparency, public financial management, decentralisation and the link between humanitarian assistance, development and peacebuilding.
The framework covers the entire country, with particular attention to the Far North, North, Adamawa, East, North-West and South-West regions.
Women, young people, children, refugees, internally displaced persons, people with disabilities and indigenous peoples are among the main target beneficiaries.
A 27% larger budget, but lower initial funding coverage
A comparison with the previous 2022-2026 cooperation framework reveals a significant contradiction.
Signed on September 16, 2021, by Alamine Ousmane Mey and Matthias Zana Naab, then UN Resident Coordinator in Cameroon, the previous framework provided for approximately US$1.15 billion, equivalent to CFAF 676.7 billion using the exchange rate applied in this comparison.
For 2027-2031, the projected budget has increased to CFAF 860.5 billion, representing growth of approximately 27.2%.
However, the amount of funding identified at the beginning of the programme has declined. It fell from CFAF 226.7 billion for the previous cycle to CFAF 203.2 billion for the new framework, a decrease of CFAF 23.5 billion, or 10.4%.
Consequently, the funding coverage rate has dropped from 33.5% to 23.6%, a decline of 9.9 percentage points.
This comparison concerns funding identified during the programming stage of both cycles. It does not measure the resources ultimately mobilised or the actual expenditure recorded between 2022 and 2026.
The previous framework brought together 22 UN agencies around four priorities: inclusive and sustainable growth, human and social development, institutional support and citizen participation, and environmental sustainability and climate risk management.
Cameroon's challenge: turning announcements into actual investments
Between nearly CFAF 4,000 billion in potential American business opportunities and the CFAF 657.3 billion still needed to finance the UN cooperation framework, Cameroon has an extensive portfolio of potential international partnerships.
However, announced amounts must not be confused with financing already secured. American investment intentions remain subject to the completion of studies, agreements and financing arrangements. Meanwhile, the resources identified under the UN framework currently cover only a limited share of the programme's 2027-2031 requirements.
The key challenge for Yaoundé will therefore be to turn these commitments and opportunities into signed contracts, available financing and projects that are actually implemented.
At a time when Washington is increasingly prioritising the commercial interests of American companies and the United Nations is calling for diversified financing sources, improving the business environment, mobilising private-sector investment and strengthening implementation capacity will be crucial to Cameroon's economic and social ambitions.
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Mouahna Divine