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Banques au Cameroun : la SCB prête plus vite qu'elle ne collecte, la Bicec perd à Paris, et les PME attendent toujours leur tour

SCB Cameroun : 504,96 milliards de FCFA de crédits en août 2026. Bicec déboutée à Paris, PME au cœur du programme ITC–Access Bank. Les chiffres décryptés.

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Finance au Cameroun : crédits en hausse à la SCB, revers judiciaire pour la Bicec, PME dans l'attente


Trois dossiers, un même fil rouge : qui finance l'économie camerounaise, à quel prix et avec quelles garanties ? Entre l'accélération des crédits à la SCB, un arrêt parisien défavorable à la Bicec et un nouveau programme de soutien aux PME, les chiffres racontent une histoire plus nuancée qu'il n'y paraît.


SCB Cameroun : les crédits grimpent de 3,2 % en un mois


Les financements accordés par SCB Cameroun à sa clientèle ont atteint 504,96 milliards de FCFA au 31 août 2026, contre 489,3 milliards à fin juillet. Soit 15,66 milliards de FCFA de plus en un mois (+3,2 %), selon les calculs d'Investir au Cameroun effectués à partir de la situation mensuelle publiable de la banque.


Sur la même période, les dépôts à vue, d'épargne et à terme n'ont progressé que de 1,44 milliard, à 718,64 milliards de FCFA.


Les crédits directs expliquent l'essentiel de la hausse : 407,60 milliards de FCFA à fin août contre 395,9 milliards un mois plus tôt (+11,7 milliards). Le crédit-bail pèse 17,28 milliards et les comptes débiteurs de la clientèle 80,07 milliards. Ces trois postes forment les 504,96 milliards retenus ; les créances rattachées n'y sont pas ajoutées.


Des financements onze fois plus dynamiques que les dépôts


En août, les financements ont progressé près de onze fois plus vite que les dépôts. Rapportés aux dépôts retenus, les concours à la clientèle passent de 68,2 % à 70,3 %, soit un peu plus de deux points de pourcentage.


Attention toutefois à ne pas tirer de conclusion hâtive. Ce rapport n'est pas un ratio réglementaire de liquidité. La situation mensuelle publiable de la SCB ne donne ni les échéances détaillées des actifs et des ressources, ni les indicateurs prudentiels nécessaires. Une progression plus rapide des crédits que des dépôts sur un mois ne suffit donc pas à conclure à une tension de trésorerie.


Cette hausse intervient dans un contexte de légère contraction du bilan, passé de 912,44 à 907,22 milliards de FCFA (-5,22 milliards). La banque détient par ailleurs 110,49 milliards de FCFA de titres de placement et de valeurs reçues en pension ou achetées ferme, ainsi que 85,17 milliards d'autres opérations interbancaires.


Les dernières données prudentielles disponibles remontent au 31 décembre 2025. Selon le rapport financier 2025 d'Attijariwafa bank, la SCB affichait alors 86,07 milliards de FCFA de fonds propres réglementaires pour 543,92 milliards de risques pondérés. Son ratio global de solvabilité ressortait à 15,82 %, pour un minimum requis de 11,5 %. Cet indicateur éclaire la solvabilité à fin 2025, pas la liquidité en août 2026.


PME : le Cameroun retenu dans un programme ITC–Access Bank


Le Cameroun figure parmi les 14 pays africains retenus par l'International Trade Centre (ITC) et Access Bank dans un partenariat de trois ans visant à améliorer l'accès des PME au financement, aux marchés et à la formation. Annoncé le 22 septembre 2026, l'accord sera d'abord testé au Ghana entre septembre 2026 et juin 2027, avant une extension à d'autres marchés à partir de 2027.


Le protocole d'accord lie l'ITC, agence conjointe de l'Organisation mondiale du commerce et des Nations unies, à The Access Africa Office, qui coordonne les filiales africaines d'Access Bank. Outre le Cameroun et le Ghana, sont concernés l'Angola, le Botswana, la RDC, la Gambie, la Guinée, le Kenya, le Mozambique, le Rwanda, la Sierra Leone, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et la Zambie.


Cinq volets sont prévus : accès au financement (notamment pour les entreprises détenues par des femmes et des jeunes), création d'emplois par les PME, pérennisation des entreprises, renforcement des compétences (y compris en commerce numérique) et accès aux marchés. Les partenaires comptent aussi accompagner les entreprises dans le commerce intra-africain, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.


Aucun calendrier propre au Cameroun, aucune enveloppe nationale et aucun nombre de bénéficiaires n'ont été annoncés.


Financement des PME : un écart de 4,26 points


L'enjeu est mesurable. Selon la Banque des États de l'Afrique centrale, le taux effectif global moyen des nouveaux crédits aux PME au Cameroun s'établissait à 11,85 % au premier trimestre 2026, contre 7,59 % pour les grandes entreprises, soit 4,26 points d'écart. Sur le même trimestre, les nouveaux concours déclarés aux PME ressortaient à 231,19 milliards de FCFA, contre 970,66 milliards pour les grandes entreprises.


Access Bank dispose déjà d'un ancrage local. En novembre 2025, sa filiale avait lancé avec IFC et l'African Guarantee Fund la première édition camerounaise du Womenpreneur Pitch-A-Ton : 150 femmes entrepreneures retenues pour des formations en gestion financière, et trois dotations de 3, 2 et 1 million de FCFA, soit 6 millions au total.


En mai 2026, le groupe a aussi signé avec IFC un accord-cadre d'environ 500 millions de dollars de financements en monnaies locales, destinés notamment aux micro, petites et moyennes entreprises, à l'agriculture, au logement et aux infrastructures, sur plusieurs marchés africains dont la Cemac. Aucune ventilation par pays n'a été publiée.


Il s'agit de deux accords distincts. Le communiqué du 22 septembre ne dit pas si les PME accompagnées par l'ITC pourront accéder aux ressources IFC, ni quelles seront, pour le Cameroun, les conditions d'éligibilité, les volumes de crédit ou le partage des risques avec Access Bank Cameroon. Ces éléments détermineront la portée réelle du programme.


Bicec : la cour d'appel de Paris rejette les 16,402 milliards de FCFA réclamés


La Bicec n'obtiendra pas, à ce stade, les 16,402 milliards de FCFA de dommages et intérêts réclamés dans le contentieux lié aux crédits accordés à Producam, Delta Industries International et Argia, opérateurs du cacao et du café. Dans un arrêt du 29 janvier 2026, rectifié le 24 février, la cour d'appel de Paris a rejeté ses demandes contre Unicontrol Commodity Cameroun (UCC), chargé du contrôle des stocks, et Katoen Natie-Commodities BV, solidairement responsable des obligations du tiers détenteur.


Attention à la portée de la décision. Les 16,402 milliards correspondent au préjudice invoqué par la Bicec et au total des sommes réclamées parallèlement à Producam, Delta et Argia au Cameroun. La cour n'a pas fixé les dettes restant dues par ces entreprises et n'a pas jugé qu'elles étaient libérées de leurs obligations.


L'arrêt prive aussi la banque des 300 000 droits de tirage spéciaux (DTS) que le tribunal de commerce de Paris lui avait accordés le 25 novembre 2021. Elle est en outre condamnée à verser 20 000 euros à Katoen Natie-Commodities et 20 000 euros à AIG Europe au titre des frais de procédure, et à supporter les dépens.


Des crédits de campagne adossés à des stocks


Le litige naît de financements de campagne accordés par la Bicec aux trois entreprises. Producam, implantée à Kékem et associée à l'homme d'affaires Emmanuel Neossi (également promoteur de Neo Industry), opérait dans le négoce du cacao et du café. Delta Industries International, de Moïse Diabé, et Argia, représentée par Bruno Betat, étaient actives dans la même filière. Toutes trois figuraient parmi les exportateurs de cacao recensés lors de la campagne 2018-2019.


Pour sécuriser ses concours, la banque s'appuyait sur des marchandises entreposées chez ses clientes. Des conventions de tierce détention ont été signées le 16 janvier 2017 avec Producam et Delta, puis le 3 octobre 2017 avec Argia. UCC devait contrôler les entrées et sorties et superviser la gestion des stocks.


Les difficultés apparaissent en 2019. La Bicec faisait état de 444 à 771 tonnes de cacao manquantes chez Argia ; de 661 à 1 802 tonnes de cacao et 1 605 à 2 529,4 tonnes de café chez Delta ; et de 7 300 tonnes de cacao « considérées comme perdues » chez Producam. Ces volumes sont des pertes alléguées que la cour n'a pas reconnues comme établies.


Au Cameroun, la banque a engagé le recouvrement : assignation signifiée à Delta en août 2019, mises en demeure adressées à Producam et Argia en septembre. Katoen Natie indique que la Bicec faisait valoir une créance de 9,96 milliards de FCFA sur Producam, montant qu'elle contestait, estimant qu'il n'excédait pas 670,9 millions. La cour n'avait pas à trancher : la ventilation des 16,4 milliards entre les trois entreprises ne peut donc pas être reconstituée avec certitude.


La preuve des pertes, point faible du dossier


Le rejet ne tient pas à l'absence de conventions. La cour examine la responsabilité invoquée, mais juge que les pièces ne permettent pas d'établir que les pertes résultent de manquements d'UCC. Elle relève notamment :



  • l'impossibilité de relier suffisamment les lettres de tierce détention aux financements effectivement accordés aux lots concernés ;

  • l'absence de tout contrat écrit de gage entre la Bicec et les trois entreprises ;

  • une discordance sur les produits : la convention avec Delta portait sur du cacao à l'export, alors que la banque invoquait aussi des pertes de café ; celle de Producam concernait du café, alors que les 7 300 tonnes déclarées perdues étaient du cacao, sans avenant produit ;

  • une demande portant sur le solde total des crédits, alors que les pertes invoquées étaient présentées comme partielles ;

  • des constats et rapports ne permettant pas d'identifier des lots précis disparus à une date déterminée.


Deux rapports du cabinet K2C évoquaient une porte défectueuse dans un entrepôt de Delta et de possibles sorties irrégulières. La cour note que plusieurs éléments reposaient sur des propos de tiers ou des allégations non corroborées, et que la Bicec pouvait demander une expertise judiciaire contradictoire des stocks, ce qu'elle n'a pas fait. La saisie conservatoire pratiquée le 16 mai 2019 chez Delta, sur ordonnance rendue le 18 février à Nkongsamba, n'a pas non plus donné lieu à un constat contradictoire.


Les emprunteurs restent poursuivis séparément


L'arrêt ne signifie pas que Producam, Delta et Argia ne doivent plus rien à la Bicec. La cour distingue l'action en responsabilité menée en France contre UCC et Katoen Natie des démarches engagées au Cameroun pour recouvrer les crédits. La décision du 24 février 2026 a simplement corrigé une erreur matérielle : c'est bien la Bicec qui est déboutée de ses demandes indemnitaires.


L'incidence comptable pour la banque n'est pas déterminable à partir des documents judiciaires consultés. Les 16,4 milliards étaient une indemnisation réclamée, non une somme acquise. Les décisions ne précisent ni les provisions constituées, ni les montants éventuellement récupérés depuis.


Ce qu'il faut retenir



  • SCB Cameroun : 504,96 milliards de FCFA de financements à fin août (+3,2 % en un mois), pour des dépôts de 718,64 milliards (+1,44 milliard). Pas de conclusion possible sur la liquidité avec les seules données publiables.

  • PME : le Cameroun est dans le programme ITC–Access Bank, mais sans calendrier ni enveloppe annoncés ; l'écart de taux avec les grandes entreprises atteint 4,26 points.

  • Bicec : déboutée à Paris contre UCC et Katoen Natie, mais les procédures de recouvrement contre les emprunteurs se poursuivent au Cameroun.




Cameroon's Banks: SCB Lends Faster Than It Collects, Bicec Loses in Paris, and SMEs Are Still Waiting


SCB Cameroun's lending hit CFAF 504.96bn in August 2026. Bicec loses in a Paris appeal court, and SMEs are at the heart of the ITC–Access Bank programme.


Cameroon Finance: SCB Lending Rises, Bicec Suffers a Court Setback, SMEs Wait


Three stories share one question: who finances Cameroon's economy, at what price and with what safeguards? A jump in lending at SCB, an unfavourable Paris ruling for Bicec and a new SME support programme tell a more nuanced story than the headlines suggest.


SCB Cameroun: lending up 3.2% in a month


Financing granted by SCB Cameroun to its customers reached CFAF 504.96 billion at 31 August 2026, up from CFAF 489.3 billion at end-July. That is CFAF 15.66 billion more in one month (+3.2%), according to calculations by Investir au Cameroun based on the bank's publishable monthly statement.


Over the same period, sight, savings and term deposits rose by only CFAF 1.44 billion, to CFAF 718.64 billion.


Direct loans explain most of the increase: CFAF 407.60 billion at end-August versus CFAF 395.9 billion a month earlier (+CFAF 11.7 billion). Finance leasing stands at CFAF 17.28 billion and customer overdrafts at CFAF 80.07 billion. These three items make up the CFAF 504.96 billion counted; related receivables are not included.


Lending growing eleven times faster than deposits


In August, financing grew nearly eleven times faster than deposits. Relative to the deposits counted, lending moves from 68.2% to 70.3%, a rise of a little over two percentage points.


Caution is needed, however. This is not a regulatory liquidity ratio. SCB's publishable monthly statement gives neither detailed maturities of assets and liabilities nor the prudential indicators required. Lending outpacing deposits over one month is therefore not enough to conclude there is any cash strain.


The increase comes amid a slight balance-sheet contraction, from CFAF 912.44 billion to CFAF 907.22 billion (-CFAF 5.22 billion). The bank also holds CFAF 110.49 billion in investment securities and securities received under repurchase agreements or bought outright, plus CFAF 85.17 billion in other interbank operations.


The latest prudential data date from 31 December 2025. According to Attijariwafa bank's 2025 financial report, SCB then had CFAF 86.07 billion in regulatory capital against CFAF 543.92 billion in risk-weighted assets. Its overall solvency ratio stood at 15.82%, against a required minimum of 11.5%. That figure reflects solvency at end-2025, not liquidity in August 2026.


SMEs: Cameroon selected for the ITC–Access Bank programme


Cameroon is one of 14 African countries chosen by the International Trade Centre (ITC) and Access Bank for a three-year partnership to improve SME access to finance, markets and training. Announced on 22 September 2026, the agreement will first be tested in Ghana between September 2026 and June 2027, before extension to other markets from 2027.


The memorandum of understanding links the ITC, the joint agency of the World Trade Organization and the United Nations, with The Access Africa Office, which coordinates Access Bank's African subsidiaries. Besides Cameroon and Ghana, the programme covers Angola, Botswana, the DRC, The Gambia, Guinea, Kenya, Mozambique, Rwanda, Sierra Leone, South Africa, Tanzania and Zambia.


It rests on five pillars: access to finance (notably for women- and youth-owned businesses), job creation by SMEs, business sustainability, skills development (including digital trade) and market access. The partners also plan to support firms in intra-African trade under the African Continental Free Trade Area.


No Cameroon-specific timetable, national envelope or number of beneficiaries has been announced.


SME financing: a 4.26-point gap


The stakes are measurable. According to the Bank of Central African States, the average effective global rate on new SME loans in Cameroon was 11.85% in Q1 2026, versus 7.59% for large companies, a gap of 4.26 percentage points. In the same quarter, new financing reported by banks for SMEs came to CFAF 231.19 billion, against CFAF 970.66 billion for large companies.


Access Bank already has a local foothold. In November 2025, its local subsidiary launched, with IFC and the African Guarantee Fund, the first Cameroonian edition of the Womenpreneur Pitch-A-Ton: 150 women entrepreneurs selected for financial management training, with three grants of CFAF 3 million, 2 million and 1 million, CFAF 6 million in total.


In May 2026, the group also signed a framework agreement with IFC for about US$500 million in local-currency financing aimed at micro, small and medium-sized enterprises, agriculture, housing and infrastructure across several African markets, including CEMAC. No country-by-country breakdown has been published.


These are two separate agreements. The 22 September statement does not say whether SMEs supported by the ITC can tap IFC resources, nor what the eligibility conditions, credit volumes or risk-sharing arrangements with Access Bank Cameroon will be. These details will determine the programme's real impact.


Bicec: Paris appeal court rejects CFAF 16.402 billion claim


Bicec will not obtain, at this stage, the CFAF 16.402 billion in damages it sought in a dispute over loans granted to cocoa and coffee operators Producam, Delta Industries International and Argia. In a ruling of 29 January 2026, corrected on 24 February, the Paris Court of Appeal rejected its claims against Unicontrol Commodity Cameroun (UCC), which was tasked with stock control, and Katoen Natie-Commodities BV, jointly liable for the third-party holder's obligations.


The scope of the ruling must be understood precisely. The CFAF 16.402 billion represents the loss Bicec claimed and the total of sums it was simultaneously seeking from Producam, Delta and Argia in Cameroon. The court did not set the debts still owed by these companies, nor did it rule that they were released from their obligations.


The ruling also removes the SDR 300,000 in damages the Paris Commercial Court had awarded Bicec on 25 November 2021. The bank must also pay €20,000 to Katoen Natie-Commodities and €20,000 to AIG Europe for procedural costs, and bear the court costs.


Harvest-season loans backed by stocks


The dispute stems from seasonal financing Bicec granted the three companies. Producam, based in Kékem and associated with businessman Emmanuel Neossi (also the promoter of Neo Industry), traded cocoa and coffee. Delta Industries International, run by Moïse Diabé, and Argia, represented by Bruno Betat, were active in the same sector. All three were among the cocoa exporters listed in the 2018-2019 season.


To secure its loans, the bank relied on goods stored at its clients' premises. Third-party holding agreements were signed on 16 January 2017 with Producam and Delta, then on 3 October 2017 with Argia. UCC was to monitor goods entering and leaving and oversee stock management.


Problems surfaced in 2019. Bicec reported 444 to 771 tonnes of cocoa missing at Argia; 661 to 1,802 tonnes of cocoa and 1,605 to 2,529.4 tonnes of coffee at Delta; and 7,300 tonnes of cocoa "considered lost" at Producam. These volumes are alleged losses that the court did not accept as established.


In Cameroon, the bank pursued recovery: a summons was served on Delta in August 2019, and formal notices went to Producam and Argia in September. Katoen Natie states that Bicec asserted a CFAF 9.96 billion claim against Producam, which it disputed, arguing that it did not exceed CFAF 670.9 million. The court did not have to decide, so the split of the CFAF 16.4 billion among the three companies cannot be reconstructed with certainty.


Proof of losses: the weak point


The rejection is not based on the absence of agreements. The court examined the alleged liability but found the evidence insufficient to show the losses resulted from UCC's failings. It notably points to:



  • the inability to link the third-party holding letters sufficiently to the financing actually granted for the lots concerned;

  • the lack of any written pledge contract between Bicec and the three companies;

  • a mismatch in products: Delta's agreement covered export cocoa while the bank also claimed coffee losses; Producam's covered coffee while the 7,300 tonnes declared lost were cocoa, with no amendment produced;

  • a claim for the full outstanding balance of the loans, while the losses were presented as partial;

  • reports that did not identify specific lots that disappeared on a specific date.


Two reports by firm K2C mentioned a faulty door in a Delta warehouse and possible irregular removals. The court notes that several elements rested on third-party statements or uncorroborated allegations, and that Bicec could have requested an adversarial judicial expert appraisal of stocks, which it did not. The conservatory seizure carried out on 16 May 2019 at a Delta warehouse, under an order issued on 18 February in Nkongsamba, likewise produced no adversarial record.


Borrowers still face separate proceedings


The ruling does not mean Producam, Delta and Argia owe Bicec nothing. The court expressly distinguishes the liability action brought in France against UCC and Katoen Natie from the steps taken in Cameroon to recover the loans. The 24 February 2026 decision merely corrected a clerical error: it is Bicec that is dismissed from its damages claims.


The accounting impact on the bank cannot be determined from the court documents reviewed. The CFAF 16.4 billion was compensation claimed, not money already secured. The decisions do not specify provisions set aside or any amounts recovered since.


Key takeaways



  • SCB Cameroun: CFAF 504.96 billion in financing at end-August (+3.2% in a month) against deposits of CFAF 718.64 billion (+CFAF 1.44 billion). No conclusion on liquidity is possible from the publishable data alone.

  • SMEs: Cameroon is in the ITC–Access Bank programme, but with no timetable or envelope announced; the rate gap with large firms is 4.26 points.

  • Bicec: dismissed in Paris against UCC and Katoen Natie, but recovery proceedings against the borrowers continue in Cameroon.


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Didier Cebas K.

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