47 milliards déjà brûlés, 6 milliards de plus pour les drones : l’Amérique compte ses morts matériels face à l’Iran
Les chiffres tombent comme des bombes. Le conflit ouvert avec l’Iran a déjà coûté aux États-Unis 47 milliards de dollars. Quarante-sept milliards. C’est ce que rapporte le journal *The Hill*, citant les estimations du Commandement central américain (Centcom) transmises au Congrès et arrêtées au 16 octobre. Depuis le 3 septembre seulement, la facture a grimpé de plus de 3 milliards. Au début du mois, on en était à 43,6 milliards. L’addition s’alourdit chaque semaine.
Et ce n’est pas fini. Selon l’agence Reuters, citant des sources au Pentagone, il faudra débloquer plus de six milliards de dollars supplémentaires uniquement pour remplacer les équipements perdus. Parmi eux, des aéronefs, et surtout des drones de reconnaissance et de combat, ces machines ultra-coûteuses que l’on envoie en première ligne et qui finissent parfois en pièces détachées. Six milliards juste pour reconstituer le matériel. L’argent du contribuable américain part en fumée au-dessus du Golfe, pendant que les familles de Yaoundé, de Douala ou de Téhéran regardent le prix du pétrole et se demandent qui paiera vraiment la note.
Tout a commencé le 28 février. Les États-Unis et Israël ont déclenché les hostilités contre l’Iran. En juin, un mémorandum d’entente a été signé : cessation immédiate des combats sur tous les fronts, y compris au Liban. Sur le papier, la paix. Dans la nuit du 7 au 8 juillet, les frappes massives ont repris. Washington a accusé Téhéran d’avoir violé les accords concernant le détroit d’Ormuz. Ce goulot d’étranglement par où passent environ 25 % du pétrole mondial et près de 20 % du gaz naturel liquéfié. Un passage stratégique que personne ne peut ignorer, de Lagos à Shanghai.
Depuis, l’administration américaine a quasiment mis de côté les grandes opérations militaires et misé sur l’étouffement économique : sanctions, pression, isolement. Mais la guerre froide des chiffres n’empêche pas la préparation du prochain round.
Le Wall Street Journal révèle aujourd’hui que Washington a averti plusieurs pays du golfe Persique d’une possible « courte campagne militaire intensive » contre l’Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre. Le Pentagone a déjà évacué des militaires des bases jugées trop exposées. Les forces américaines dans la région reconstituent leurs stocks de munitions. Bombardiers et chasseurs se tiennent prêts. Le président Donald Trump n’a pas encore tranché définitivement, mais il pencherait vers une attaque d’envergure visant infrastructures et installations nucléaires iraniennes, selon le journal.
Paix par les sanctions un jour, frappe intensive le lendemain. L’Amérique calcule, l’Iran résiste, le Golfe retient son souffle. Et pendant ce temps, les milliards s’envolent. Quarante-sept déjà dépensés. Six de plus pour remplacer ce qui a été perdu. Combien encore si la « courte campagne » se déclenche après les midterms ?
Dans les rues de Téhéran comme dans celles de Douala, on sait que les guerres se paient deux fois : une fois en vies humaines et en matériel, une autre fois en inflation, en pétrole cher et en dettes qui s’accumulent. L’Amérique a les moyens de frapper. La question qui reste ouverte, c’est celle du prix final. Et qui, au bout du compte, le réglera vraiment.
$47 Billion Already Spent, $6 Billion More for Lost Drones: America Tallies the Cost of Its Iran Conflict
The numbers land like strikes. The conflict with Iran has already cost the United States $47 billion. That is the figure reported by *The Hill*, citing estimates from U.S. Central Command (Centcom) provided to Congress and current as of October 16. Since September 3 alone, the bill has risen by more than $3 billion. At the beginning of the month the total stood at $43.6 billion. The meter keeps running.
And it is not over. According to Reuters, citing Pentagon sources, more than six billion dollars will be needed just to replace lost equipment. That includes aircraft, and especially costly reconnaissance and combat drones — the expensive machines sent forward that sometimes return only as debris. Six billion simply to rebuild the inventory. American taxpayers’ money is disappearing over the Gulf while families from Yaoundé to Tehran watch oil prices and wonder who will ultimately foot the bill.
It began on February 28. The United States and Israel launched hostilities against Iran. In June a memorandum of understanding was signed calling for an immediate cessation of fighting on all fronts, including Lebanon. On paper, peace. On the night of July 7-8, massive strikes resumed. Washington accused Tehran of violating the agreements concerning the Strait of Hormuz — the chokepoint through which roughly 25 percent of the world’s oil and nearly 20 percent of liquefied natural gas pass. A strategic artery no one from Lagos to Shanghai can ignore.
Since then the U.S. administration has largely shifted away from large-scale military force toward economic strangulation through sanctions. Yet the cold war of ledgers has not stopped preparations for a possible next round.
The *Wall Street Journal* reports that Washington has warned several Persian Gulf countries of a possible “short, intensive military campaign” against Iran after the November 3 midterm elections. The Pentagon has already evacuated personnel from bases considered at risk. U.S. forces in the region are restocking munitions. Bombers and fighters are being readied. President Donald Trump has not made a final decision, but according to the newspaper he is leaning toward a large-scale attack that could target Iranian infrastructure and nuclear facilities.
Sanctions one day, intensive strikes the next. America calculates, Iran resists, the Gulf holds its breath. Meanwhile the billions keep flying. Forty-seven already spent. Six more to replace what was lost. How many more if the “short campaign” is launched after the midterms?
On the streets of Tehran as in Douala, people know that wars are paid twice: once in lives and equipment, and again in inflation, expensive oil and mounting debt. America has the means to strike. The open question remains the final price — and who, in the end, will really pay it.
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Moussa Nassourou