Publicité

« Un Conseil de sécurité sans l'Afrique, c'est injuste et inacceptable » : le coup de gueule historique d'Antonio Guterres à l'ONU

Antonio Guterres dénonce une gouvernance mondiale « d'une époque déjà passée » et exige un siège permanent pour l'Afrique au Conseil de sécurité. Découvrez son discours choc à la 81e Assemblée générale de l'ONU.

Publicité

Réforme du Conseil de sécurité de l'ONU : Antonio Guterres dénonce une gouvernance mondiale « d'une époque déjà passée »


L'Afrique privée de siège permanent : une « injustice inacceptable » au cœur de la 81e Assemblée générale


Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé un cri d'alarme d'une rare vigueur devant la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU. Au cœur de sa charge : un constat qui interpelle particulièrement le continent africain — le décalage grandissant entre les défis du monde contemporain et des mécanismes de gouvernance internationale figés dans les rapports de force d'une époque révolue.


« L'exemple le plus frappant est l'Afrique. Lorsque l'ONU a été fondée, la majeure partie du continent africain était encore sous gouvernance coloniale. Aujourd'hui, l'Afrique n'a toujours pas de siège permanent au Conseil de sécurité. Un Conseil de sécurité du XXIe siècle sans représentation permanente de l'Afrique est injuste et inacceptable », a martelé le chef de l'ONU, sous les applaudissements d'une salle consciente de l'ampleur du symbole.


Un Conseil de sécurité en décalage avec les réalités du monde


Pour Antonio Guterres, la réforme du Conseil de sécurité n'est plus une option, mais une nécessité absolue. L'organe décisionnel le plus puissant de la planète doit, selon lui, correspondre aux réalités du monde moderne pour recouvrer la légitimité et l'efficacité que les peuples du monde entier sont en droit d'exiger.


Le système multilatéral actuel, a-t-il poursuivi, doit reposer sur des institutions fortes et efficaces, pertinentes au regard des réalités contemporaines et de l'évolution du poids relatif des pays et des économies — et non sur la répartition des forces d'il y a 80 ans. Une manière à peine voilée de rappeler que l'architecture onusienne de 1945 ne reflète plus la cartographie des puissances d'aujourd'hui, où l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine réclament légitimement leur place.


« Les fissures se sont transformées en canyons »


Le tableau dressé par le secrétaire général est sombre. Au cours de la dernière décennie, a-t-il constaté, les guerres ont eu des conséquences dévastatrices et se sont poursuivies avec une extrême cruauté : les civils sont devenus des cibles, les droits de l'homme ont été violés, la faim a été utilisée comme une arme, des travailleurs humanitaires ont été tués et les normes du droit international ont été ignorées.


« Les divergences géopolitiques se sont approfondies. Les inégalités se sont renforcées. La confiance a été ébranlée. Les lignes de fracture de notre monde se sont élargies et les fissures se sont transformées en canyons », a-t-il déploré, dans une formule qui résume l'urgence de la situation.


Un monde multipolaire, mais uni par des liens réciproques


Loin de céder au pessimisme, Antonio Guterres a tracé une voie. « Un monde multipolaire, uni par un réseau de liens réciproques, peut créer les conditions favorables à une solution plus équilibrée et représentative des problèmes globaux. Ce qui requiert toutefois un système multilatéral avec l'ONU en son centre, un système équilibré et représentatif », a-t-il suggéré.


Le secrétaire général a également appelé la communauté internationale à défendre la Charte de l'ONU sans deux poids deux mesures, à promouvoir la non-prolifération nucléaire et le désarmement, à assurer la protection des civils et des travailleurs humanitaires, ainsi que l'accès sans entrave à l'aide humanitaire.


Mise en garde sur la Cisjordanie : « une menace de nettoyage ethnique »


Abordant la question israélo-palestinienne, Antonio Guterres a lancé un avertissement d'une gravité extrême. « La violence, les déplacements de population et l'expansion des colonies par Israël en Cisjordanie occupée détruisent le chemin vers la paix et font peser une menace de nettoyage ethnique », a-t-il mis en garde, soulignant que la communauté internationale ne devait pas laisser disparaître la perspective de la solution à deux États.


Même les superpuissances ont des limites


Dans un message adressé implicitement aux grandes puissances, le secrétaire général a rappelé une vérité souvent oubliée : « Même les superpuissances ont des limites, tandis que la puissance militaire, économique ou technologique à elle seule ne suffit pas à garantir la paix, la stabilité et la sécurité. »


Un rappel à l'ordre qui résonne particulièrement en Afrique, où la quête d'un siège permanent au Conseil de sécurité est devenue le symbole d'une exigence plus large : celle d'un monde où la gouvernance mondiale reflète enfin la dignité et le poids des peuples qu'elle prétend servir.




UN Security Council Reform: Antonio Guterres Denounces Global Governance "From a Bygone Era"


Africa Without a Permanent Seat: An "Unacceptable Injustice" at the Heart of the 81st General Assembly


United Nations Secretary-General Antonio Guterres issued a rare and forceful alarm before the 81st session of the UN General Assembly. At the heart of his charge: a stark observation that particularly resonates with the African continent — the growing gap between contemporary global challenges and international governance mechanisms frozen in the power dynamics of a bygone era.


"The most striking example is Africa. When the UN was founded, most of the African continent was still under colonial rule. Today, Africa still has no permanent seat on the Security Council. A 21st-century Security Council without permanent African representation is unjust and unacceptable," the UN chief declared, to applause from a room fully aware of the symbolic weight of his words.


A Security Council Out of Step with Today's Realities


For Antonio Guterres, Security Council reform is no longer an option but an absolute necessity. The planet's most powerful decision-making body must, in his view, correspond to the realities of the modern world to regain the legitimacy and effectiveness that people everywhere have the right to demand.


The current multilateral system, he continued, must rest on strong and effective institutions, relevant to contemporary realities and the evolving relative weight of countries and economies — not on the distribution of forces from 80 years ago. This was a barely veiled reminder that the 1945 UN architecture no longer reflects today's power map, where Africa, Asia and Latin America legitimately claim their place.


"Cracks Have Turned into Canyons"


The picture painted by the Secretary-General is bleak. Over the past decade, he noted, wars have had devastating consequences and been waged with extreme cruelty: civilians have become targets, human rights have been violated, hunger has been used as a weapon, humanitarian workers have been killed, and the norms of international law have been ignored.


"Geopolitical divides have deepened. Inequalities have widened. Trust has been eroded. The fault lines of our world have widened, and cracks have turned into canyons," he lamented, in a phrase that captures the urgency of the moment.


A Multipolar World, United by Reciprocal Ties


Far from yielding to pessimism, Antonio Guterres charted a path forward. "A multipolar world, united by a network of reciprocal ties, can create the conditions for a more balanced and representative solution to global problems. This requires, however, a multilateral system with the UN at its center — a balanced and representative system," he suggested.


The Secretary-General also called on the international community to defend the UN Charter without double standards, to promote nuclear non-proliferation and disarmament, to ensure the protection of civilians and humanitarian workers, and to guarantee unimpeded access to humanitarian aid.


Warning on the West Bank: "A Threat of Ethnic Cleansing"


Turning to the Israeli-Palestinian question, Antonio Guterres issued a warning of extreme gravity. "Violence, population displacement and the expansion of settlements by Israel in the occupied West Bank are destroying the path to peace and raising the threat of ethnic cleansing," he warned, stressing that the international community must not let the prospect of a two-state solution disappear.


Even Superpowers Have Limits


In a message implicitly addressed to the great powers, the Secretary-General recalled an often-forgotten truth: "Even superpowers have limits, while military, economic or technological power alone is not enough to guarantee peace, stability and security."


A wake-up call that resonates particularly in Africa, where the quest for a permanent seat on the Security Council has become the symbol of a broader demand: that of a world where global governance finally reflects the dignity and weight of the peoples it claims to serve.


Antonio Guterres, réforme Conseil de sécurité ONU, siège permanent Afrique, 81e Assemblée générale ONU, gouvernance mondiale, multilatéralisme, ONU réforme, Afrique Conseil de sécurité, Israël Cisjordanie, solution deux États, nettoyage ethnique, non-prolifération nucléaire, droit international, paix sécurité mondiale, actualité Cameroun, actualité Afrique, actualité internationale, ONU 2026, Guterres discours, représentation africaine ONU


Ekanga Ekanga Fernand

Publicité