Publicité

Cession de la SOSUCAM : la communauté de la Haute-Sanaga refuse d'être mise devant le fait accompli

Alors qu'un consortium camerounais négocierait le rachat de la SOSUCAM, l'ARAPSO alerte : pas de reprise sans dialogue avec les populations riveraines. Détails.

Publicité

SOSUCAM : les riverains autochtones de Mbandjock sortent du silence et posent leurs conditions au futur repreneur


Mbandjock — Alors que les tractations autour de la reprise de la SOSUCAM s'intensifient à Douala et Yaoundé, c'est depuis les rives de la Sanaga qu'un signal fort vient d'être envoyé. Dans un communiqué officiel daté du 1er septembre 2026, l'Association des Riverains Autochtones du Périmètre Sucrier de la SOSUCAM (ARAPSO) sort de sa réserve habituelle pour rappeler à tous les acteurs — État, repreneurs potentiels, direction de l'entreprise — qu'aucune transition ne pourra se faire sans elle.


Une communauté qui refuse d'être spectatrice de son propre destin


Depuis 1963, les terres de Mbandjock et de Nkoteng portent la canne à sucre qui a fait de la SOSUCAM un pilier économique national. Mais pour l'ARAPSO, association légalement reconnue depuis 2021 et qui fédère chefs traditionnels, notables, élites et société civile de la Haute-Sanaga, cette histoire industrielle ne peut plus s'écrire sans les premiers concernés : les populations dont les terres ancestrales ont été mises à disposition dans le cadre d'un bail emphytéotique.


Le message est limpide. L'association affirme que la position géographique de la Haute-Sanaga, proche de Yaoundé et située sur l'axe ferroviaire transcamerounais, facilite l'acheminement du sucre et des vivres vers les grands centres de consommation, rappelant ainsi que ce territoire n'a rien d'un simple espace de production : il est un maillon stratégique pour tout le pays — et ses habitants entendent en tirer une reconnaissance à la hauteur.


Le dossier de la reprise sous haute vigilance


Le contexte qui a motivé cette prise de parole est connu : un consortium d'investisseurs camerounais serait en passe de reprendre la participation majoritaire jusqu'ici détenue par SOMDIAA au sein de la SOSUCAM, sur fond de batailles juridiques internes à la famille Castel. Une opération d'ampleur, aux conséquences potentiellement lourdes pour l'entreprise, la filière sucrière et, surtout, pour les communautés riveraines.


Sur ce point sensible, l'ARAPSO se veut prudente mais ferme. L'association affirme ne prendre aucun parti pour un repreneur ou un autre, rappelant que cette décision souveraine revient à l'État du Cameroun. Mais elle ne cache pas son agacement : des négociations auraient été menées par la direction de la SOSUCAM avec des repreneurs potentiels sans concertation suffisante avec les communautés autochtones, pourtant en première ligne sur les enjeux fonciers, sociaux et environnementaux. Plus grave encore, l'association dénonce des tentatives de contournement de sa légitimité, en sollicitant des individus isolés et non mandatés — des manœuvres qu'elle dit ne jamais reconnaître.


Un appel solennel adressé à toutes les parties prenantes


Dans son communiqué, l'ARAPSO s'adresse successivement au Gouvernement, à la SOSUCAM et aux consortiums repreneurs, ainsi qu'aux autorités administratives et traditionnelles. Elle salue au passage l'implication du Premier ministre, Chief Dr Joseph Dion Ngute, dans le suivi du dossier, tout en rappelant qu'un « Groupe de travail », associant chefs traditionnels, conseillers régionaux, maires et représentants de la SOSUCAM, a déjà permis l'élaboration d'un cahier des charges censé encadrer toute opération de reprise.


L'association va plus loin en pointant du doigt des insuffisances structurelles persistantes : absence d'hôpital digne de ce nom, de pharmacies adéquates ou d'institutions financières dans une région qui abrite pourtant le deuxième employeur du pays. Une situation jugée « inacceptable » au regard du poids économique du territoire.


Des exigences claires, une main tendue


Loin de la posture protestataire pure, l'ARAPSO se positionne en partenaire exigeant plutôt qu'en opposant systématique. Parmi ses revendications : le respect des populations, la transparence dans les décisions, la prise en compte des droits fonciers, et surtout l'entrée des communautés riveraines dans le capital du futur acquéreur, financée par la redevance foncière annuelle — une proposition concrète qui pourrait redéfinir durablement les rapports entre l'industrie sucrière et son territoire d'accueil.


L'association conclut sur un ton à la fois ferme et conciliant : prête à collaborer avec l'État, la SOSUCAM et tout repreneur, mais déterminée à ne « jamais transiger » sur la défense de sa terre, de ses droits et de l'avenir de sa jeunesse.


Une voix incarnée, une porte d'entrée unique


Le communiqué porte la signature de Jean Victor Nkolo, Président du Conseil des Sages de l'ARAPSO, aux côtés de Sa Majesté Salomon Mengang, Magistrat Émérite et Président du Bureau exécutif, et du Dr Joseph Yves Zoa Zoa, Secrétaire général. L'association précise que seul le Président du Bureau exécutif est habilité à s'exprimer publiquement en son nom, toute sollicitation devant transiter par son Secrétaire général.




SOSUCAM: Indigenous Riverside Communities in Mbandjock Break Their Silence and Set Conditions for Any Takeover


Mbandjock — As negotiations over the acquisition of SOSUCAM intensify in Douala and Yaoundé, a strong signal has emerged from the banks of the Sanaga River. In an official statement dated September 1, 2026, the Association of Indigenous Riverside Communities of the SOSUCAM Sugar Perimeter (ARAPSO) has broken its usual reserve to remind all stakeholders — the State, potential buyers, and company management — that no transition can happen without their involvement.


Since 1963, the lands of Mbandjock and Nkoteng have grown the sugarcane that made SOSUCAM a pillar of the national economy. But for ARAPSO, a legally recognized association since 2021 that brings together traditional chiefs, notables, elites and civil society of the Haute-Sanaga region, this industrial story can no longer be written without those most directly affected: the communities whose ancestral lands were made available under a long-term lease.


The context behind this statement is well known: a consortium of Cameroonian investors is reportedly close to acquiring the majority stake previously held by SOMDIAA in SOSUCAM, amid internal legal disputes within the Castel family. On this sensitive point, ARAPSO says it takes no side in choosing a buyer, insisting that this sovereign decision rests with the Cameroonian State — while voicing frustration that negotiations were reportedly conducted without adequate consultation of indigenous communities directly affected by land, social and environmental stakes. The association also denounces attempts to bypass its legitimacy by approaching isolated, unmandated individuals.


Among its demands: respect for local populations, transparency in decision-making, recognition of land rights, and notably, the entry of riverside communities into the future buyer's shareholding structure, financed through the annual land royalty. ARAPSO says it remains open to dialogue with the State, SOSUCAM and any prospective buyer, but will never compromise on the defense of its land, its rights and its youth's future.


The statement is signed by Jean Victor Nkolo, President of ARAPSO's Council of Elders, alongside Traditional Ruler Salomon Mengang, Magistrate Emeritus and President of the Executive Bureau, and Dr Joseph Yves Zoa Zoa, Secretary General — who remains the sole official contact for media inquiries and interview requests.


SOSUCAM, ARAPSO, Mbandjock, Nkoteng, Haute-Sanaga, riverains autochtones, cession SOSUCAM, reprise SOSUCAM, SOMDIAA, famille Castel, canne à sucre Cameroun, périmètre sucrier, terres ancestrales, bail emphytéotique, responsabilité sociale d'entreprise, cahier des charges SOSUCAM, redevance foncière, communiqué ARAPSO, Jean Victor Nkolo, Salomon Mengang, Joseph Yves Zoa Zoa, Paul Biya, Joseph Dion Ngute, actualité Cameroun, économie Cameroun, filière sucrière Cameroun


Ange NGO

Publicité