Banques de la Cemac à la recherche de liquidités : 903,9 milliards de FCFA demandés à la BEAC
Les établissements de crédit de la zone Cemac ont frappé fort. Lors de l’opération hebdomadaire d’injection de liquidité du 15 septembre 2026, ils ont soumis des demandes totalisant 903,9 milliards de FCFA à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Face à une enveloppe fixée à 800 milliards, l’écart atteint 103,9 milliards et le taux de souscription grimpe à 112,9 %.
La tendance s’accélère. Le 1er septembre, la demande plafonnait à 806,1 milliards (taux de 100,76 %). Une semaine plus tard, elle passait à 806,9 milliards (100,86 %). Entre le 8 et le 15 septembre, elle a bondi de 97 milliards de FCFA, soit une hausse de 12 %. Depuis le début du mois, l’enveloppe hebdomadaire de 800 milliards ne suffit plus à absorber l’intégralité des soumissions.
La BEAC ne détaille pas les raisons de cette poussée. Les résultats des adjudications seuls ne permettent pas de savoir si les banques cherchent à financer davantage de crédits à l’économie, à couvrir des besoins de trésorerie ou à d’autres opérations. Il serait prématuré d’y voir l’effet de la rentrée scolaire ou d’une accélération des prêts aux ménages et aux entreprises. De même, rien n’indique que ces ressources supplémentaires alimentent massivement les achats de titres publics.
Un refinancement moins cher depuis juin
Cette hausse des demandes intervient après l’assouplissement monétaire décidé le 29 juin 2026 par le Comité de politique monétaire. Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) a été ramené de 4,75 % à 4,50 %. Le taux de la facilité de prêt marginal a suivi, passant de 6,25 % à 5,75 %. Le coût du refinancement auprès de la banque centrale a donc baissé. Les données disponibles ne permettent cependant pas d’établir un lien de cause à effet direct. Seuls les prochains chiffres sur les nouveaux crédits distribués, leurs taux et leur répartition permettront de mesurer la transmission de cet assouplissement à l’économie réelle.
La BAD partage le risque camerounais
Parallèlement, la Banque africaine de développement (BAD) continue de mutualiser une partie de son exposition souveraine sur le Cameroun. Au 30 juin 2026, 509 millions de dollars (environ 293 milliards de FCFA) de protection étaient en place : 275 millions auprès de la Banque interaméricaine de développement (BID) et 234 millions auprès de la Banque asiatique de développement (BAsD). Ces montants, déjà identiques un an plus tôt, ne constituent ni un nouveau prêt ni une enveloppe supplémentaire. Ils relèvent des « Exposure Exchange Agreements », des accords qui permettent aux banques multilatérales de répartir le risque de non-remboursement sans modifier la relation avec l’emprunteur.
Le portefeuille de la BAD au Cameroun a quant à lui progressé de 13,8 %, passant de 2,097 milliards à 2,386 milliards d’unités de compte (environ 1 863 milliards de FCFA). Les prêts décaissés et restant à rembourser ont augmenté de 9,4 %, tandis que les financements signés non encore versés ont légèrement reculé. La couverture de 509 millions de dollars concerne uniquement certaines expositions souveraines et ne peut être directement rapportée à l’ensemble du portefeuille.
GBC : 111 milliards de dépôts en moins en un mois
Du côté des banques commerciales, General Bank of Cameroon (GBC, ex-Société Générale Cameroun) a enregistré une forte contraction de ses ressources clientèle en août 2026. Elles sont passées de 1 045,52 milliards à 934,31 milliards de FCFA, soit une baisse de 111,21 milliards (-10,6 %). Dans le même temps, les dettes envers les banques et établissements financiers ont bondi de 112,83 milliards, passant de 83,18 à 196,01 milliards de FCFA (+135,6 %).
Les comptes d’épargne ont chuté de 36,2 % (-60,96 milliards) et les dépôts à vue de 6,2 % (-51,70 milliards). Les financements identifiables à la clientèle ont légèrement progressé (+1 %, à 749,66 milliards), portés surtout par les crédits à court terme. Le total du bilan a quant à lui augmenté de 79,63 milliards grâce à une forte hausse des opérations interbancaires et de trésorerie à vue. La situation mensuelle d’août porte encore l’identité visuelle de Société Générale Cameroun, alors que l’établissement opère sous le nom de General Bank of Cameroon depuis le rachat finalisé en mai 2026 par l’État.
Access Bank franchit le cap des 500 milliards
Access Bank Cameroon affiche un total de bilan de 501,418 milliards de FCFA au 31 août 2026, en hausse de 16,9 % en trois mois. Les ressources clientèle ont progressé de 44,4 milliards pour atteindre 361,95 milliards, dominées à 86,2 % par les dépôts à vue. Les financements identifiables à la clientèle s’établissent à 86 milliards (17,2 % de l’actif), tandis que les titres de placement et les opérations interbancaires représentent à eux seuls 68,7 % du bilan.
La banque, qui a repris les activités de Standard Chartered Bank Cameroon en novembre 2025, continue ainsi sa montée en puissance, avec une structure d’actif encore largement orientée vers les titres et l’interbancaire.
Ces mouvements dessinent un paysage bancaire en tension de liquidité, dans un contexte de refinancement moins cher et de mutualisation croissante des risques souverains. Les prochains indicateurs de crédit et de trésorerie diront si ces besoins se transforment en financement réel de l’économie camerounaise et de la zone Cemac.
CEMAC Banks Hungry for Liquidity: 903.9 Billion FCFA Requested from BEAC
Credit institutions in the CEMAC zone made a strong statement. During the weekly liquidity injection operation on 15 September 2026, they submitted total requests of 903.9 billion FCFA to the Bank of Central African States (BEAC). Against an envelope set at 800 billion, the gap reached 103.9 billion and the subscription rate climbed to 112.9 %.
The trend is accelerating. On 1 September, demand stood at 806.1 billion (100.76 % rate). A week later it edged up to 806.9 billion (100.86 %). Between 8 and 15 September it jumped by 97 billion FCFA, or 12 %. Since the beginning of the month, the weekly 800-billion envelope has no longer been sufficient to cover all submissions.
The BEAC does not detail the reasons for this surge. Auction results alone do not reveal whether banks are seeking to expand credit to the economy, cover cash needs or conduct other operations. It would be premature to attribute the movement to the school year start or faster lending to households and businesses. Likewise, nothing indicates that these additional resources are heavily financing purchases of public securities.
Cheaper refinancing since June
The rise in demand follows the monetary easing decided on 29 June 2026 by the Monetary Policy Committee. The main policy rate (TIAO) was cut from 4.75 % to 4.50 %. The marginal lending facility rate also fell from 6.25 % to 5.75 %. The cost of refinancing from the central bank has therefore declined. Available data do not, however, establish a direct causal link. Only upcoming figures on new loans extended, their interest rates and their distribution will allow measurement of how this easing is transmitted to the real economy.
AfDB shares Cameroonian risk
Meanwhile, the African Development Bank (AfDB) continues to mutualise part of its sovereign exposure to Cameroon. As at 30 June 2026, protection amounting to 509 million dollars (approximately 293 billion FCFA) was in place: 275 million with the Inter-American Development Bank (IDB) and 234 million with the Asian Development Bank (AsDB). These amounts, already identical one year earlier, constitute neither a new loan nor additional funding. They fall under Exposure Exchange Agreements, under which multilateral banks share non-repayment risk without altering the relationship with the borrower.
The AfDB’s Cameroon portfolio grew by 13.8 %, from 2.097 billion to 2.386 billion Units of Account (around 1,863 billion FCFA). Disbursed loans still outstanding rose 9.4 %, while signed but undisbursed financing edged lower. The 509-million-dollar cover applies only to certain sovereign exposures and cannot be directly linked to the entire portfolio.
GBC: 111 billion less in deposits in one month
Among commercial banks, General Bank of Cameroon (GBC, formerly Société Générale Cameroun) recorded a sharp contraction in customer resources in August 2026. These fell from 1,045.52 billion to 934.31 billion FCFA, a drop of 111.21 billion (-10.6 %). At the same time, debts to banks and financial institutions surged by 112.83 billion, from 83.18 to 196.01 billion FCFA (+135.6 %).
Savings accounts plunged 36.2 % (-60.96 billion) and sight deposits 6.2 % (-51.70 billion). Identifiable customer financing rose slightly (+1 %, to 749.66 billion), driven mainly by short-term loans. Total assets increased by 79.63 billion thanks to a strong rise in interbank and sight treasury operations. The August monthly statement still carries Société Générale Cameroun branding, although the institution has operated as General Bank of Cameroon since the State-led buyout finalised in May 2026.
Access Bank crosses the 500-billion threshold
Access Bank Cameroon reported total assets of 501.418 billion FCFA at 31 August 2026, up 16.9 % in three months. Customer resources grew by 44.4 billion to 361.95 billion, with sight deposits accounting for 86.2 %. Identifiable customer financing stood at 86 billion (17.2 % of assets), while investment securities and interbank operations alone represented 68.7 % of the balance sheet.
The bank, which took over Standard Chartered Bank Cameroon’s activities in November 2025, continues its expansion, with an asset structure still heavily oriented towards securities and interbank placements.
These movements paint a banking landscape under liquidity pressure, against a backdrop of cheaper refinancing and growing mutualisation of sovereign risks. Upcoming credit and cash-flow indicators will show whether these needs translate into real financing of the Cameroonian and CEMAC economies.
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Didier Cebas K.