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Mort d’Anicet Ekane : funérailles sous haute tension, guerre familiale et règlements de comptes au sommet du MANIDEM

Décédé en détention il y a six mois, Anicet Ekane a été inhumé à Bomono dans un climat explosif. Absences remarquées du MANIDEM et du MRC, accusations contre Maurice Kamto, tensions familiales et soupçons d’infiltration politique secouent l’héritage du leader historique camerounais.

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Mort d’Anicet Ekane : Bomono théâtre d’une fracture historique autour du leader du MANIDEM


L’inhumation d’Anicet Ekane, figure historique de l’opposition camerounaise et président du MANIDEM, s’est déroulée samedi dans son village natal de Bomono, dans une atmosphère lourde de tensions politiques, de divisions familiales et de soupçons de récupération.


Décédé à l’âge de 74 ans en détention à Yaoundé il y a six mois, le leader nationaliste laisse derrière lui un héritage politique désormais au cœur d’une bataille ouverte entre proches, cadres du parti et alliés politiques.


Absences choc : le MANIDEM et le MRC boycottent les obsèques


Fait marquant de cette cérémonie funéraire : l’absence de l’épouse d’Anicet Ekane, d’une grande partie de sa fratrie ainsi que de plusieurs responsables du MANIDEM.


Selon des proches du défunt, cette décision découlerait du non-respect des dernières volontés du leader politique, qui aurait souhaité que son parti organise officiellement ses obsèques. Certains membres du MANIDEM évoquent également des craintes “d’infiltration gouvernementale” autour de l’organisation des funérailles.


Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto a lui aussi brillé par son absence. Dans un communiqué signé par Justin Roger Noah, secrétaire national adjoint du parti, le MRC a affirmé agir par solidarité avec le MANIDEM.


Malgré ce boycott retentissant, plusieurs formations politiques ont effectué le déplacement à Bomono pour rendre hommage au défunt. Des représentants du SDF, du RDPC, de l’APAR, de l’AFP ou encore du FSNC ont salué la mémoire d’un homme “de conviction”, capable de transcender les clivages politiques.


Une mort en détention qui continue de susciter l’émotion


Anicet Ekane était décédé à Yaoundé alors qu’il se trouvait en détention. Ses proches accusent les autorités d’avoir aggravé son état de santé après la saisie de son extracteur d’oxygène.


Cette disparition continue d’alimenter un profond malaise dans les rangs de l’opposition camerounaise, où plusieurs voix dénoncent les conditions de détention de certaines figures politiques.


Elombo Ekane fait exploser les tensions internes


Quelques heures avant les obsèques, les déclarations d’Elombo Ekane, fils du défunt installé en France, ont ravivé les fractures internes au sein de la famille et du MANIDEM.


Dans un entretien très commenté sur les réseaux sociaux, il affirme que des “fissures” seraient apparues autour des pages officielles du MANIDEM, qu’il attribue à Muna Ekane. Selon lui, cette gestion numérique aurait renforcé l’influence de son frère et provoqué des jalousies parmi certains hauts cadres du parti fondé par son père.


Elombo Ekane révèle également que Valentin Dongmo, vice-président du MANIDEM, lui aurait confié que le parti “ne savait pas organiser les deuils”.


Selon lui, les dernières consignes laissées par Anicet Ekane visaient surtout à empêcher que le MANIDEM soit marginalisé lors des funérailles, comme cela aurait été le cas auparavant durant les obsèques d’Abanda Kpama, présenté comme cofondateur du parti.


Maurice Kamto cité dans la polémique


Dans ses déclarations, Elombo Ekane cible également les avocats Meli et Simh, qu’il accuse implicitement d’arrière-pensées politiques en raison de leurs liens supposés avec le MRC.


Le fils du leader disparu affirme par ailleurs que Maurice Kamto ne se serait rendu au Secrétariat d’État à la Défense (SED) qu’après le décès de son père. Il soutient également que le président du MRC ne répondait plus aux appels d’Anicet Ekane et qu’il aurait mal vécu le rapprochement entre ce dernier et Issa Tchiroma Bakary lors de la dernière présidentielle.


Autre élément explosif : Elombo Ekane estime que sa tante, Mariane Ekane, “tirerait sa légitimité du nom de son père”.


La riposte de Mariane Ekane


Face à ces accusations, Mariane Ekane a rapidement réagi en publiant une capture d’écran datée du 19 juillet 2025. On y verrait Muna Ekane lui écrire : « Tata c’est toi qui gère la page de papa. Je voudrais l’alimenter et la certifier. »


Une publication qui semble destinée à contester les affirmations d’Elombo Ekane sur la gestion des plateformes liées au MANIDEM et à l’image du défunt leader.


Un héritage politique désormais disputé


Au-delà des tensions familiales, les obsèques d’Anicet Ekane révèlent surtout les fractures profondes qui traversent aujourd’hui une partie de l’opposition camerounaise.


Entre accusations de trahison, rivalités de leadership et soupçons d’influence politique extérieure, la disparition du président du MANIDEM ouvre une nouvelle séquence d’incertitudes autour de l’avenir du parti nationaliste camerounais.




Anicet Ekane’s Funeral Turns Into Political and Family Showdown in Cameroon


Anicet Ekane, the 74-year-old leader of Cameroon’s MANIDEM party, was buried Saturday in his native Bomono amid deep divisions tearing apart both his family and political movement.


His wife, several senior MANIDEM officials and most of his siblings boycotted the funeral, arguing that Ekane’s final wish — for MANIDEM to organize his burial — had not been respected. Some party members also alleged possible government interference in the funeral arrangements.


The Cameroon Renaissance Movement (MRC) of Maurice Kamto also stayed away in what the party described as a gesture of solidarity with MANIDEM.


Meanwhile, political parties including the SDF, CPDM, APAR, APF and FSNC attended the ceremony, paying tribute to a man they described as principled and respected beyond partisan lines.


Ekane died six months ago while in detention in Yaoundé. Relatives claim the government worsened his condition after confiscating his oxygen concentrator.


Following the funeral, tensions escalated after explosive statements by Elombo Ekane, the late politician’s son based in France.


He accused certain MANIDEM officials of jealousy and internal sabotage linked to the management of the party’s social media pages. He also claimed that senior party figure Valentin Dongmo admitted that MANIDEM “did not know how to organize funerals.”


Elombo Ekane further accused lawyers Meli and Simh of having political motives due to alleged ties with the MRC.


He also claimed that Maurice Kamto only visited the State Defense Secretariat (SED) after his father’s death and had stopped answering his father’s calls. According to him, Kamto never accepted Anicet Ekane’s rapprochement with Issa Tchiroma during the last presidential election.


Mariane Ekane later responded by publishing a July 2025 screenshot allegedly showing Muna Ekane asking her to manage and certify Anicet Ekane’s official page.


The controversy surrounding the burial has exposed deep fractures inside both the Ekane family and Cameroon’s opposition landscape.



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Ange NGO

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