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Café camerounais en chute libre : -17,6% des recettes, pendant que le PNUD mise sur le lait local pour inverser la tendance

Exportations de café en baisse de 17,6% à 4,1 milliards FCFA au T1 2026 : prix mondiaux en repli et volumes incertains pèsent sur l’économie camerounaise. Pendant ce temps, le PNUD s’engage aux côtés du gouvernement pour booster la transformation du lait local face à un déficit de plus de 120 000 tonnes. Analyse percutante des défis et opportunités de l’agriculture camerounaise.

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Café camerounais en chute libre : -17,6% des recettes au premier trimestre 2026, pendant que le lait local cherche son salut avec le PNUD


Yaoundé, le 30 juillet 2026 – Le café, autrefois fierté de nos terroirs, tousse sérieusement. Selon les données provisoires du commerce extérieur reprises dans le rapport de conjoncture du Conseil national économique et financier (CNEF), les recettes d’exportations camerounaises de café ont dégringolé à 4,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre 5 milliards un an plus tôt. Une saignée de 900 millions de FCFA, soit un recul brutal de 17,6%.


Cette contre-performance intervient alors que plusieurs filières agricoles comme le coton brut, les bananes ou encore les savons de ménage affichent une progression honorable. Le café navigue clairement à contre-courant, dans un contexte où les exportations totales du pays ont elles-mêmes plongé de 23,6%, passant de 794 à 606,9 milliards de FCFA.


Arabica -17,4%, Robusta -31,5% : les cours mondiaux font mal


La Banque mondiale, citée par le CNEF, explique cette détente par une amélioration des perspectives d’offre mondiale et la suppression des droits de douane américains sur le café brésilien. Au premier trimestre, l’arabica s’est négocié à 7,37 dollars le kg (-17,4%) et le robusta à 3,90 dollars (-31,5%). Des baisses qui rongent directement les marges des exportateurs camerounais.


Attention cependant : le rapport ne détaille pas les volumes exportés. Une chute des quantités expédiées a très probablement amplifié le choc. Le café ne pèse de toute façon qu’une part modeste des ventes à l’étranger, mais sa faiblesse symbolise les vulnérabilités persistantes de notre agriculture d’exportation.


Une offre mondiale qui continue de gonfler


La pression devrait perdurer. La production mondiale est attendue autour de 179 millions de sacs pour la campagne 2025-2026 (+2%), troisième année consécutive de hausse. La Banque mondiale table sur un prix moyen de l’arabica à 7,25 dollars/kg en 2026 (-14,4%) et du robusta à 4 dollars (-17,7%). Seul un aléa climatique majeur au Brésil, géant qui produit plus du tiers du café mondial, pourrait inverser la tendance.


Bonne nouvelle locale : la production camerounaise avait rebondi


La mauvaise passe actuelle contraste avec la campagne 2024-2025. La production commercialisée avait bondi de 9,9% à 11 637 tonnes, portée par un arabica en hausse spectaculaire de 150,9%. Le prix moyen au planteur avait grimpé de 33,3% à 2 055 FCFA/kg. Mais avec les cours internationaux en berne, ces gains risquent de ne pas se transmettre pleinement aux producteurs. L’indice des cours des produits de base exportés par le Cameroun a d’ailleurs reculé de 10,6% en mars 2026, avec un indice agricole en chute de 41,7%.


Le lait local : le PNUD entre en scène pour corriger le tir


Pendant que le café souffre, une autre filière essentielle reçoit un coup de pouce décisif. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) s’engage aux côtés du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, pour accélérer la transformation locale du lait. L’annonce a été faite le 23 juillet 2026 lors d’une rencontre avec le représentant résident du PNUD, Mathieu Ciowela.


La production nationale a atteint 176 618 tonnes en 2023 (+1,6% par rapport à 2022), mais face à une demande supérieure à 300 000 tonnes, le déficit dépasse 120 000 tonnes. Ce manque est comblé par des importations coûteuses : 40,6 milliards de FCFA pour 20 596 tonnes de lait et produits laitiers en 2023, sans compter les poudres et concentrés industriels.


Le partenariat PNUD-Ministère cible les faiblesses structurelles : collecte, chaîne du froid défaillante, faibles rendements des races locales, dispersion des éleveurs et insuffisance d’unités de transformation. L’appui portera sur le montage de projets, le renforcement des capacités, l’adoption de technologies modernes et le renouvellement générationnel dans les communautés pastorales.


Un plan ambitieux de 305,7 milliards FCFA jusqu’en 2035


Le gouvernement a adopté en juin 2024 un vaste plan de développement de la filière laitière évalué à 305,7 milliards de FCFA. Objectif : multiplier par près de six la production actuelle pour atteindre plus d’un million de tonnes d’ici 2035. Import-substitution, création d’emplois ruraux et réduction de la facture extérieure sont au cœur de cette stratégie.


L’agriculture camerounaise à la croisée des chemins


Entre la volatilité des cours mondiaux qui frappe le café et les efforts concrets pour structurer la filière lait, le Cameroun doit accélérer sa transformation. Diversification, transformation locale et résilience face au climat ne sont plus des options : ce sont des impératifs de souveraineté économique. Les planteurs et éleveurs, véritables piliers de notre économie rurale, attendent des résultats tangibles. Le pays a les atouts. Il lui reste à les valoriser pleinement.




Cameroonian Coffee Exports Plunge 17.6%: A Wake-Up Call as UNDP Backs Local Milk Transformation


Yaoundé, July 30, 2026 – Cameroon’s coffee exports are struggling. According to provisional foreign trade data in the National Economic and Financial Council (CNEF) conjuncture report, coffee export revenues fell to CFAF 4.1 billion in Q1 2026, down from CFAF 5 billion a year earlier—a sharp 17.6% drop.


This decline contrasts with gains in cotton, bananas, and household soaps. Overall exports plunged 23.6% to CFAF 606.9 billion.


Global prices weigh heavily


Arabica prices averaged $7.37/kg (-17.4%) and Robusta $3.90/kg (-31.5%). Improved global supply and the removal of U.S. tariffs on Brazilian coffee are key factors. World production is forecast at 179 million bags for 2025-2026 (+2%), the third consecutive increase. The World Bank expects further price declines in 2026.


Meanwhile, national production had risen 9.9% to 11,637 tonnes in the 2024-2025 season, with strong Arabica growth. However, falling international prices threaten to erode gains for exporters and farmers.


UNDP supports local dairy to close a 120,000+ tonne gap


In a positive development, the UNDP is partnering with the Ministry of Livestock to boost local milk processing. The commitment was discussed on July 23, 2026, between Minister Dr. Taïga and UNDP Resident Representative Mathieu Ciowela.


National milk output reached 176,618 tonnes in 2023 (+1.6%), but demand exceeds 300,000 tonnes, leaving a deficit of over 120,000 tonnes filled by costly imports (CFAF 40.6 billion in 2023).


Focus areas include collection systems, cold chain, processing units, capacity building, and generational renewal in pastoral communities. The government’s 2024-2035 dairy plan, valued at CFAF 305.7 billion, aims for over one million tonnes by 2035.


While volatile global markets hit coffee hard, strategic investments in dairy signal Cameroon’s push for import substitution and rural development. Transforming agriculture remains critical for economic sovereignty.


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Didier Cebas K.

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