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Cameroun : Paul Biya débloque plus de 22 milliards FCFA pour révolutionner l’élevage et la pêche

Abattoir industriel à Maroua, fermes porcines modernes, bateaux de pêche à Douala : le Cameroun injecte plus de 22 milliards FCFA pour transformer durablement les filières élevage et pêche.

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Cameroun : un plan massif pour moderniser l’élevage et la pêche


Le Cameroun accélère sa mue agro-industrielle. Le 4 mai 2026, le président Paul Biya a signé une série de décrets autorisant la mobilisation de plus de 22 milliards de FCFA auprès de Deutsche Bank Espagne. Objectif : restructurer en profondeur les filières élevage et pêche, deux piliers stratégiques de la sécurité alimentaire et de l’économie nationale.


Un abattoir industriel à Maroua pour relancer la filière bovine


Au cœur de ce dispositif, un financement de 15,9 millions d’euros (environ 10,4 milliards de FCFA) est dédié à la construction d’un abattoir industriel à Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord.


Cette infrastructure vise plusieurs leviers critiques : améliorer les conditions sanitaires d’abattage, renforcer la chaîne de froid et réduire les pertes post-abattage. Elle intervient dans un contexte préoccupant de recul de la production bovine, passée de 94 300 tonnes en 2024 à moins de 69 000 tonnes en 2025.


Au-delà de la modernisation technique, ce projet devrait stimuler l’emploi local dans une zone où l’élevage constitue une activité économique centrale. Il s’inscrit dans une stratégie plus large amorcée depuis 2017 avec la mise en service d’abattoirs industriels à Yaoundé et Ngaoundéré, et étendue à d’autres villes comme Douala, Kribi, Ebolowa et Bamenda.


Filière porcine : cap sur l’industrialisation


Autre axe fort : la transformation de la filière porcine. Un financement de 5,6 milliards de FCFA permettra la construction de trois fermes porcines industrielles à Kounden (Ouest), Bali (Nord-Ouest) et Kaélé (Extrême-Nord).


Porté par le Projet consulaire pour le développement de la porciculture (Proporc), ce programme ambitionne de faire basculer la production nationale d’un modèle artisanal vers une production industrielle de troisième génération.


Chaque site devrait produire environ 10 000 porcs par an, soit une capacité cumulée de 30 000 têtes. L’introduction de races améliorées est également prévue pour renforcer la productivité.


L’enjeu est de taille : le marché de la viande porcine, estimé à plus de 230 milliards de FCFA en 2024, pourrait atteindre près de 490 milliards de FCFA à l’horizon 2030, avec une croissance annuelle proche de 9 %.


Pêche : Youpwé et la flotte modernisée


Le secteur halieutique n’est pas en reste. Deux crédits d’un montant total de 7 milliards de FCFA sont mobilisés pour l’acquisition de deux bateaux de pêche et la modernisation du débarcadère de Youpwé à Douala.


Dans le détail, il s’agit d’un crédit acheteur de 6,23 milliards de FCFA et d’un crédit commercial de 787,8 millions de FCFA. Ce montage financier vise à faciliter l’acquisition d’équipements tout en optimisant les conditions de paiement.


Déjà financé à hauteur de 6,6 milliards de FCFA par un don japonais, le débarcadère de Youpwé est un maillon essentiel de la chaîne de commercialisation des produits halieutiques. Sa modernisation devrait bénéficier à plus de 260 vendeurs de poissons, tout en améliorant les conditions de conservation.


Depuis avril 2024, la gestion de cette infrastructure est assurée par la mairie de Douala, à la suite d’un arbitrage du gouvernement.


Une stratégie globale de souveraineté alimentaire


À travers ces investissements structurants, les autorités camerounaises affichent une ambition claire : bâtir des filières animales modernes, compétitives et capables de répondre à la demande croissante des marchés urbains.


Entre industrialisation de l’abattage, intensification de la production porcine et modernisation de la pêche, le Cameroun pose les bases d’une transformation durable de son secteur agro-pastoral.




Cameroon: Over CFAF 22 Billion Injected to Transform Livestock and Fisheries


Cameroon is stepping up its agro-industrial transformation. On May 4, 2026, President Paul Biya signed several decrees authorizing more than CFAF 22 billion in financing from Deutsche Bank Spain to modernize the livestock and fisheries sectors.


A key project includes a €15.9 million (about CFAF 10.4 billion) investment to build an industrial slaughterhouse in Maroua. The facility aims to improve sanitary conditions, strengthen cold chain logistics, and reduce post-slaughter losses, amid a sharp decline in beef production.


In parallel, CFAF 5.6 billion will fund three industrial pig farms in Kounden, Bali, and Kaélé. Each site is expected to produce 10,000 pigs annually, supporting the shift toward large-scale, modern pork production. The pork market, already valued at over CFAF 230 billion in 2024, is projected to nearly double by 2030.


The fisheries sector will also benefit from CFAF 7 billion to acquire two fishing vessels and upgrade the Youpwé landing site in Douala, improving fish preservation and commercialization for hundreds of vendors.


Through these investments, Cameroon aims to strengthen food security, boost local production, and build competitive agro-industrial value chains.



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Ange NGO

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