Dans un communiqué signé le 21 février 2026 à Yaoundé, le professeur Maurice Kamto dénonce la « confiscation » de la dépouille mortelle d’Anicet Ekane par l’État camerounais et exige sa restitution immédiate à la famille.
Arrestation, détention au SED et décès
Selon le document, Anicet Ekane a été interpellé le 24 octobre 2025 à Douala avant d’être transféré à Yaoundé. Il a été détenu au Secrétariat d’État à la Défense (SED). Le communiqué affirme qu’il a été privé de l’appareil médical qui soutenait sa vie.
Il est décédé le 1er décembre 2025.
À ce jour, souligne le MRC, « les circonstances ayant entouré sa mort n’ont pas été élucidées ». Plus grave encore, la famille n’a toujours pas récupéré la dépouille du défunt, l’empêchant d’organiser des obsèques et de faire son deuil.
Accusations de « pratiques barbares » et soupçon d’assassinat politique
Le communiqué emploie des termes particulièrement sévères à l’endroit du régime en place. Il évoque des « pratiques barbares et inhumaines » et affirme que les éléments connus « indiquent que sa mort fut orchestrée », renforçant selon le parti le sentiment d’un assassinat politique.
Anicet Ekane, figure politique connue et dirigeant du MANIDEM, serait ainsi victime, selon ses soutiens, d’un traitement indigne aussi bien de son vivant que dans la mort.
Le MRC estime que, quelles que soient les divergences politiques, « la dignité d’être humain » doit être respectée, y compris après le décès.
Exigences du MRC : restitution du corps et libération des prisonniers politiques
Maurice Kamto exige :
- La libération immédiate de la dépouille d’Anicet Ekane et sa remise à sa famille ;
- La clarification des circonstances de sa mort ;
- La libération « de tous les prisonniers politiques et prisonniers d’opinion », y compris les personnes arrêtées dans le cadre de la crise postélectorale d’octobre 2025, parmi lesquelles figureraient des mineurs.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par des tensions postélectorales persistantes et des critiques récurrentes sur les conditions de détention et le respect des droits fondamentaux.
Une affaire à forte portée politique et judiciaire
Au-delà de l’émotion suscitée, l’affaire Anicet Ekane pourrait prendre une dimension judiciaire majeure si des enquêtes indépendantes étaient engagées. La question de la rétention d’un corps par les autorités pose également un débat juridique sensible, touchant aux droits des familles, aux procédures médico-légales et aux garanties constitutionnelles.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités n’a été rendue publique concernant ces accusations.
Le dossier s’annonce comme un nouveau point de cristallisation dans le paysage politique camerounais, déjà fragilisé par une défiance croissante entre opposition et pouvoir.
Three Months After His Death in Military Custody: Maurice Kamto Demands the Release of Anicet Ekane’s Body, Denounces “Political Assassination”
Political tensions are escalating in Cameroon following a strong statement from the Cameroon Renaissance Movement (MRC) regarding the death of Anicet Ekane, National President of MANIDEM.
In a communiqué signed on February 21, 2026, in Yaoundé, Professor Maurice Kamto accuses Cameroonian authorities of confiscating Ekane’s body and calls for its immediate release to his family.
According to the statement, Anicet Ekane was arrested on October 24, 2025, in Douala and transferred to Yaoundé, where he was reportedly detained at the Secretariat of State for Defense (SED). The communiqué alleges that he was deprived of life-sustaining medical equipment. He died on December 1, 2025.
Three months later, the MRC claims that the circumstances surrounding his death remain unclear. The family has allegedly not been allowed to recover the body, preventing them from organizing a burial and mourning properly.
The statement uses strong language, describing the situation as “barbaric and inhumane practices” and suggesting that available elements point toward an orchestrated death, reinforcing suspicions of a political assassination.
Maurice Kamto is demanding:
- The immediate release of Anicet Ekane’s body to his family;
- Clarification of the circumstances of his death;
- The release of all political prisoners and prisoners of conscience, including those arrested during the October 2025 post-election crisis, some of whom are reportedly minors.
As of now, no official response from the Cameroonian authorities has been publicly issued.
The case could have significant political and judicial implications in a country already marked by post-electoral tensions and ongoing debates over human rights and detention conditions.
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Ange NGO