Cameroun : Maurice Kamto dénonce un « coup d’État constitutionnel et institutionnel »
Le président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), le Pr Maurice Kamto, est sorti de son silence ce 3 avril 2026 à Yaoundé pour livrer une déclaration solennelle sur ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel et institutionnel en cours » orchestré par le régime RDPC.
Dans une adresse dense et offensive, l’opposant affirme que le pays est entré dans « une phase politique critique et plus dangereuse que jamais », dans le prolongement de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Une légitimité globale contestée
Maurice Kamto dresse un tableau sévère de la situation institutionnelle. Selon lui, la prorogation répétée des mandats des députés et conseillers municipaux, ainsi que le report des élections législatives et municipales, ont plongé le pays dans une crise de légitimité.
Il soutient que l’ensemble des institutions issues du suffrage est désormais contesté : élection présidentielle « gravement contestée », députés et conseillers municipaux dont les mandats ont été prorogés, conseillers régionaux désignés par des élus eux-mêmes jugés illégitimes.
« Sous des dehors de stabilité, le pays traverse une crise politique et institutionnelle sans précédent », affirme-t-il.
La création du vice-président au cœur de la controverse
Le point central de la déclaration concerne la révision constitutionnelle introduisant un poste de vice-président nommé par le chef de l’État.
Pour Maurice Kamto, cette réforme constitue une « transmission du pouvoir de gré à gré » et ouvre la voie à une succession présidentielle sans passage par les urnes.
Il évoque un mécanisme comparable à celui de 1979, qui avait permis la succession institutionnelle entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, estimant que le nouveau dispositif pourrait permettre à une personnalité non élue d’accéder à la magistrature suprême.
L’opposant parle d’« une monarchie républicaine d’assise constitutionnelle » et d’un « naufrage politique ».
Accusations de manipulation électorale
Maurice Kamto accuse également le régime d’avoir « peur des élections » et d’avoir mis en place, au fil des années, une « ingénierie de la fraude électorale ».
Il revient sur la délégation permanente de signature accordée au Secrétaire général de la Présidence par décret en février 2019, y voyant un signe précurseur d’une transition progressive du pouvoir en dehors du suffrage populaire.
Appel à la mobilisation citoyenne
Dans sa déclaration, le leader du MRC appelle les parlementaires à ne pas voter une révision qui, selon lui, « détruit les fondements constitutionnels de la République ».
Il annonce également le lancement d’une campagne de pétition en ligne afin de permettre aux Camerounais « sans considération de bord politique » d’exprimer leur position.
Pour Maurice Kamto, seule la voie électorale demeure légitime pour provoquer une alternance, malgré les obstacles.
Une séquence politique décisive
Alors que le pouvoir présente la réforme comme un mécanisme de continuité institutionnelle, l’opposition y voit une capture progressive de l’architecture républicaine.
Le débat dépasse désormais la question technique de la vice-présidence : il porte sur la nature même du régime politique et sur les conditions de la succession au sommet de l’État.
Une chose est certaine : la bataille politique autour de la réforme constitutionnelle entre dans une phase déterminante.
Maurice Kamto Denounces a “Constitutional Coup” and Accuses the RDPC Regime of Installing a “Republican Monarchy”
Maurice Kamto, President of the Cameroon Renaissance Movement (MRC), issued a strong statement on April 3, 2026, in Yaoundé, describing the ongoing constitutional reform as a “constitutional and institutional coup.”
According to Kamto, Cameroon has entered a critical political phase following the October 12, 2025 presidential election.
A Broad Legitimacy Crisis
Kamto argues that repeated extensions of parliamentary and municipal mandates, along with postponed elections, have created a nationwide legitimacy crisis affecting the presidency, Parliament, and local institutions.
Vice Presidency at the Center of the Storm
The opposition leader strongly criticizes the constitutional amendment creating a Vice President appointed by the Head of State.
He claims the mechanism enables a transfer of power without an electoral mandate, comparing it to the 1979 constitutional revision that structured Cameroon’s past presidential succession.
Kamto describes the move as the establishment of a “constitutional republican monarchy.”
Call for Citizen Mobilization
He announced the launch of an online petition campaign and urged lawmakers not to approve what he considers a fundamental alteration of the Republic’s constitutional foundations.
The political confrontation over the reform is now entering a decisive phase in Cameroon.
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Ange NGO