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Cameroun : Mamadou Mota accuse le pouvoir de “tuer la Constitution” après la création du poste de vice-président

Après l’adoption de la loi instituant un vice-président nommé par le chef de l’État, Mamadou Mota (MRC) dénonce une « abdication » et un « braquage constitutionnel ». Une sortie explosive qui relance le débat politique au Cameroun.

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Cameroun : Mamadou Mota fustige une « Constitution assassinée » après l’adoption du poste de vice-président


La tension politique ne retombe pas à Yaoundé. Quelques heures après l’adoption par le Congrès de la loi instituant un poste de vice-président au Cameroun, Mamadou Mota, vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), est monté au créneau avec une déclaration d’une rare virulence.


« La Constitution assassinée : vive le vice créateur », lance-t-il d’entrée, dans une formule choc qui donne le ton.


Une réforme perçue comme un passage en force


Pour le dirigeant du MRC, le texte adopté par la majorité parlementaire ne constitue pas une évolution institutionnelle, mais « un acte de décès de la souveraineté populaire ».


Il pointe notamment la célérité du processus législatif, évoquant des « législateurs pressés », alors même que la légitimité de certains députés est contestée par l’opposition en raison des reports électoraux.


Mamadou Mota souligne également les « coquilles » relevées lors de la lecture du texte, y voyant non pas de simples erreurs techniques, mais le symptôme d’un travail précipité dans un climat de tension politique.


« Un majordome constitutionnel »


L’un des points les plus critiqués par le MRC concerne le mode de désignation du futur vice-président : celui-ci sera nommé et révoqué par le président de la République.


« Ce n’est pas un vice-président, c’est un majordome constitutionnel », affirme Mamadou Mota, estimant que cette architecture institutionnelle concentre davantage le pouvoir exécutif entre les mains du chef de l’État.


L’opposition considère que la réforme modifie en profondeur les mécanismes de succession. Le nouvel article introduit prévoirait qu’en cas de vacance du pouvoir, le vice-président nommé assure la continuité sans passer par une élection immédiate, ce que les détracteurs qualifient de « triomphe de la cooptation sur le suffrage ».


La question de l’équilibre historique


Mamadou Mota convoque également l’histoire institutionnelle du Cameroun, rappelant que le poste de vice-président, dans le passé fédéral du pays, incarnait un équilibre politique entre composantes nationales.


Selon lui, la nouvelle configuration rompt avec cette symbolique en transformant la fonction en simple prolongement de la volonté présidentielle.


Le rôle du Sénat en débat


Autre point sensible : le repositionnement du Sénat dans le dispositif de vacance du pouvoir. L’opposition estime que l’institution, censée jouer un rôle clé dans la continuité républicaine, se retrouve marginalisée par la création de ce nouveau poste.


Pour le MRC, il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique, mais d’une reconfiguration stratégique de l’architecture institutionnelle.


Un débat appelé à s’intensifier


Du côté de la majorité, la réforme est présentée comme un mécanisme de stabilisation et d’anticipation institutionnelle. Mais pour l’opposition, elle ouvre la voie à une concentration accrue du pouvoir et à une transition verrouillée.


Une chose est certaine : la création du poste de vice-président marque un tournant politique majeur. Et la bataille des interprétations ne fait que commencer.




Cameroon: Mamadou Mota Accuses the Government of “Killing the Constitution” After Vice Presidency Law


Political tensions remain high in Yaoundé following the adoption by Congress of the law establishing the position of Vice President in Cameroon.


Mamadou Mota, Vice President of the Cameroon Renaissance Movement (MRC), reacted strongly, describing the reform as a “killing of the Constitution” and a blow to popular sovereignty.


A Reform Seen as a Power Grab


According to Mota, the law does not represent institutional progress but rather a rushed political maneuver carried out by lawmakers whose legitimacy is questioned by the opposition due to extended mandates.


He also criticized reported drafting errors during the reading of the bill, suggesting they reflected haste rather than simple technical mistakes.


“A Constitutional Butler”


Under the adopted law, the Vice President will be appointed and dismissed by the President of the Republic.


For the MRC leader, this design strengthens executive dominance rather than democratic balance. He argues that the new succession mechanism allows a presidential appointee to assume power in case of vacancy without an immediate electoral process, which critics describe as the triumph of co-optation over election.


Institutional Balance at Stake


Mota also referred to Cameroon’s federal history, when the vice-presidential role symbolized national balance. In his view, the new structure transforms the office into a direct extension of presidential authority.


The debate over institutional stability versus power concentration is now fully underway, marking a significant political turning point in Cameroon.


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Ange NGO

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