Afrique subsaharienne exclue du Conseil de la paix pour Gaza
Aucun dirigeant d’Afrique subsaharienne n’a été convié au Conseil de la paix pour Gaza, initiative lancée par Donald Trump. Selon la radio sud-africaine SABC, seuls deux chefs d’État africains ont reçu une invitation : le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi du Maroc Mohammed VI.
Une exclusion d’autant plus marquante que l’Union africaine compte 55 États membres, dont 48 au sud du Sahara.
Même l’Afrique du Sud, première économie du continent et acteur diplomatique majeur, a été ignorée. Le président Cyril Ramaphosa a ironisé sur la situation :
« Donald Trump ne m’a pas invité, donc je ne vérifie même pas ma messagerie », a-t-il déclaré.
Cette mise à l’écart renforce le sentiment d’un recul stratégique de l’Afrique dans les grandes décisions internationales, au moment même où les équilibres mondiaux sont en recomposition accélérée.
Un Conseil de la paix controversé et perçu comme une alternative à l’ONU
Signé le 22 janvier à Davos par les représentants de 19 pays, le statut du Conseil de la paix prévoit une mission bien plus large que la seule administration de Gaza. Selon plusieurs médias européens, dont Bild, cet organe pourrait devenir une structure concurrente de l’ONU, largement contrôlée par Washington.
Des invitations ont été envoyées à des dirigeants clés, notamment au président russe Vladimir Poutine, dont la participation serait « acceptée » selon Donald Trump. En revanche, des pays comme la Norvège ont refusé d’y adhérer, invoquant leur attachement aux mécanismes multilatéraux existants.
Europe : confiance brisée et alliance sous tension
La relation transatlantique traverse l’une de ses crises les plus profondes. La publication par Donald Trump de messages privés échangés avec Emmanuel Macron et le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a provoqué une onde de choc à Bruxelles.
Selon Politico, cette initiative a « terrifié » les responsables européens et sapé la confiance diplomatique.
Les tensions autour du Groenland, que Trump considère comme un territoire stratégique relevant de la sécurité nationale américaine, ont agi comme un catalyseur. Menaces de droits de douane, pressions politiques et déclarations provocatrices ont poussé l’Union européenne à parler d’un « franchissement du Rubicon ».
L’Otan remise en question par Washington
Donald Trump n’a pas hésité à remettre en cause le principe même de solidarité atlantique. Il a suggéré d’« appliquer l’article 5 » pour forcer les alliés à protéger la frontière sud des États-Unis contre l’immigration clandestine.
Une déclaration qui a profondément troublé les capitales européennes.
À Davos, le président américain a insisté :
« L’Otan traite les États-Unis très injustement. Nous donnons tout et recevons si peu ».
Une Europe sommée de changer de cap
Sur l’énergie, l’immigration et la défense, Donald Trump accuse l’Europe de s’affaiblir elle-même. Il estime que la transition vers les énergies renouvelables a plongé le continent dans une crise énergétique majeure, tandis que l’immigration massive menacerait sa cohésion.
Face à cette pression, l’UE tente de réagir : ratification accélérée d’un accord tarifaire avec Washington, discussions sur le « bazooka commercial », et volonté affichée de réduire sa dépendance stratégique aux États-Unis.
Amérique latine et ordre mondial redessiné
En Amérique latine, l’intervention militaire américaine au Venezuela, l’arrestation de Nicolas Maduro et la reconnaissance de Delcy Rodriguez comme présidente intérimaire illustrent une doctrine d’intervention directe assumée. Washington affirme désormais vouloir gérer provisoirement le pays.
Parallèlement, des voix s’élèvent pour saluer l’action internationale de Donald Trump. La Hongrie et Israël soutiennent sa nomination au prix Nobel de la paix 2026, citant plusieurs conflits régionaux apaisés sous son impulsion.
Un monde sous pression, une Afrique en observatrice inquiète
Pour l’Afrique, et notamment pour les pays comme le Cameroun, cette recomposition pose une question centrale : quelle place dans un ordre mondial redéfini sans concertation réelle du Sud global ?
Alors que l’Europe doute, que l’Otan vacille et que les États-Unis assument une diplomatie de force, le continent africain reste, une fois encore, spectateur d’un jeu géopolitique qui se décide sans lui.
Trump Shakes the World Order: Africa Sidelined, Europe Under Pressure, Washington’s Open Break
Donald Trump’s foreign policy marks a sharp break with the post-World War II international order. From Gaza to Greenland, from NATO to Africa and Latin America, Washington is asserting a unilateral and transactional approach, sidelining traditional partners and challenging multilateral institutions.
Sub-Saharan Africa Excluded from the Gaza Peace Council
No Sub-Saharan African leader was invited to join the Gaza Peace Council initiated by President Trump. According to South Africa’s SABC, only Egypt’s President Abdel Fattah al-Sissi and Morocco’s King Mohammed VI received invitations.
Even South Africa, Africa’s largest economy, was excluded. President Cyril Ramaphosa reacted sarcastically, saying he did not even check his messages since he was not invited.
A Controversial Council Challenging the UN
Signed in Davos on January 22 by representatives of 19 countries, the Council’s mandate extends far beyond Gaza. European media warn it could become a US-led alternative to the United Nations, raising fears of a major shift in global governance.
Europe and NATO Under Strain
Trust between Washington and European capitals has been deeply shaken, especially after Trump published private messages exchanged with Emmanuel Macron and NATO Secretary-General Mark Rutte.
Tensions over Greenland, trade tariffs and security have pushed EU officials to describe the situation as a historic turning point.
A New Global Era
From Venezuela to Europe, Trump’s strategy signals a redefinition of power relations. While some hail his actions as effective and decisive, others fear a destabilization of the global system.
For Africa, the message is clear: major global decisions are once again being made without African participation, raising concerns about the continent’s role in the emerging world order.
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Ange NGO