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Ali Bongo face au Gabon : AVC, Oligui, sa famille, 2016… il dit enfin sa vérité

Trois ans après sa chute, Ali Bongo sort du silence. L’ancien président gabonais revient sur le 30 août 2023, Oligui Nguema, son AVC, sa famille, son bilan et son éventuel retour au Gabon.

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Ali Bongo brise trois ans de silence : « Les Gabonais méritent de connaître la vérité »


Trois ans après sa chute du pouvoir, Ali Bongo Ondimba sort du silence. Dans un entretien exclusif accordé à Info241, publié le 22 août 2026, l’ancien président gabonais revient longuement sur les événements du 30 août 2023, sa relation avec Brice Clotaire Oligui Nguema, son AVC de 2018, le rôle de son épouse Sylvia Bongo et de son fils Noureddin, mais aussi sur son bilan, les violences de 2016 et son avenir politique.


Le ton est celui d’un ancien chef d’État qui entend désormais livrer sa propre lecture de quatorze années passées à la tête du Gabon. Ali Bongo affirme avoir longtemps choisi le silence avant de considérer que « les gens méritent de connaître la vérité ».


30 août 2023 : Ali Bongo revient sur sa chute


Le 30 août 2023 reste l’une des dates les plus marquantes de l’histoire politique récente du Gabon. Alors que les militaires annonçaient la fin du régime d’Ali Bongo, le président déchu affirme avoir avant tout pensé à sa famille et à son pays.


Selon son témoignage, il avait appelé au calme, refusant qu’une confrontation sanglante éclate pour défendre son pouvoir.


Interrogé sur Oligui Nguema, qui avait servi son père Omar Bongo avant de le servir lui-même, Ali Bongo dit avoir naturellement placé sa confiance en celui qui portait l’uniforme.


« Qui n’aurait pas été surpris par les événements qui se sont déroulés ? », affirme-t-il, avant de laisser l’histoire et le peuple gabonais juger les actes du général devenu président de la transition.


Son AVC de 2018 : « Les décisions présidentielles sont restées les miennes »


L’état de santé d’Ali Bongo avait profondément alimenté les interrogations sur sa capacité à gouverner après son AVC survenu en 2018.


Trois ans après sa chute, l’ancien président rejette catégoriquement l’idée selon laquelle il aurait été progressivement écarté de la gestion du pays par son entourage.


Il affirme avoir continué à exercer ses fonctions présidentielles et assure que les décisions prises sous son mandat étaient les siennes.


« Elles n’étaient ni celles de ma femme ni celles de mon fils, mais les miennes », insiste-t-il.


Ali Bongo estime même que ceux qui affirment qu’il ne gouvernait plus confondent les rumeurs avec la réalité. Il rappelle également que sa destitution est finalement intervenue avec l’intervention de l’armée.


Sylvia et Noureddin Bongo au cœur de ses explications


Autre sujet sensible : le rôle joué par Sylvia Bongo et Noureddin Bongo durant les dernières années de son régime.


Ali Bongo affirme que son épouse n’occupait aucune fonction publique et met en avant son engagement dans les domaines de l’éducation, de la santé, des familles, de l’égalité et de la lutte contre les violences faites aux femmes.


Concernant son fils Noureddin, il soutient que celui-ci exerçait les fonctions officielles qui lui avaient été confiées, sous son autorité, et rejette donc l’image d’un « deuxième président ».


L'ancien chef de l'État accuse par ailleurs certains de ses adversaires de vouloir « réécrire l’histoire » en s’attaquant à sa famille. Il renvoie les accusations et les différends judiciaires aux tribunaux, estimant que la vérité doit être établie dans le cadre des procédures judiciaires et non à travers les médias.


« Je ne pouvais rien faire pour protéger ceux que j’aimais »


Le passage consacré à sa famille prend une dimension particulièrement personnelle.


Ali Bongo raconte avoir vécu douloureusement l’impossibilité de protéger son épouse et son fils durant leur période de détention.


« L’instinct naturel et le premier devoir d’un mari et d’un père sont de protéger », confie-t-il, tout en expliquant qu’il était lui-même détenu séparément.


Il affirme avoir découvert, lorsqu’il a retrouvé son épouse, les conséquences des vingt mois de captivité qu’elle aurait subis. Une période qu’il décrit comme l’un des moments les plus douloureux de sa vie.


Quatorze ans au pouvoir : entre fierté et regrets


Sur son bilan, Ali Bongo assume une certaine fierté.


Il cite notamment les investissements consacrés à la modernisation des infrastructures, la protection des forêts, la biodiversité ainsi que la lutte contre les inégalités entre les sexes.


Mais l’ancien président reconnaît également des insuffisances. Il estime que certains problèmes structurels hérités du passé auraient dû être traités plus rapidement et admet que son gouvernement n’a pas toujours fait les bons choix dans la sélection de certaines personnes.


Face aux critiques qui décrivent son règne comme un échec, Ali Bongo répond qu’un président incapable d’entendre la critique n’a pas compris son rôle.


Il reconnaît notamment la déception d’une partie des Gabonais, tout en demandant une évaluation qu’il souhaite honnête de son action.


Coût de la vie, chômage, dette : des problèmes toujours présents


Ali Bongo établit également un constat qui dépasse son propre bilan.


Selon lui, plusieurs problèmes pour lesquels il a été tenu responsable, notamment la hausse du coût de la vie, le chômage des jeunes et l’endettement public, demeurent des défis pour le Gabon trois ans après sa chute.


Il estime même que certains de ces problèmes se sont aggravés et considère qu’ils pourraient relever davantage des difficultés structurelles d’un pays en transformation que de la seule responsabilité d’un individu.


2016 : Ali Bongo reconnaît qu’il aurait fallu davantage de dialogue


Dix ans après les violences postélectorales de 2016, Ali Bongo revient également sur cette période particulièrement douloureuse.


Il présente ses condoléances aux familles des victimes et reconnaît que la question de la proportionnalité de la réponse de l’État continue de faire débat.


Surtout, avec le recul, il affirme qu’il aurait souhaité davantage de dialogue afin d’éviter l’escalade.


« Aucun pouvoir ne vaut une vie gabonaise », déclare-t-il, estimant que la force ne devrait jamais s’imposer là où la loi aurait dû suffire.


Ali Bongo ne sera plus candidat


Sur son avenir politique, l’ancien président gabonais se montre catégorique : il ne se présentera plus à une élection.


« Ce chapitre de ma vie est clos », affirme-t-il.


Ali Bongo précise néanmoins qu’il préside toujours le Parti démocratique gabonais (PDG) et dit vouloir préparer une nouvelle génération politique avant de lui laisser la place.


Son objectif déclaré est désormais de transmettre le flambeau plutôt que de reconquérir une fonction élective.


Une éventuelle collaboration avec Oligui Nguema ?


La question d'une éventuelle collaboration avec Brice Clotaire Oligui Nguema est évidemment incontournable.


Ali Bongo ne répond pas directement par oui ou par non. Il déplace le débat vers la nature du système politique gabonais qu’il souhaite voir émerger.


Pour lui, la priorité doit être l’instauration véritable de l’État de droit. Il évoque notamment la situation d’un ancien Premier ministre maintenu en détention pendant des mois dans une affaire liée à une dette datant de dix-huit ans.


Dans un Gabon respectueux de l’État de droit, estime-t-il, tous les Gabonais de bonne volonté pourraient servir le pays — lui compris.


« Je retournerai au Gabon »


Malgré son éloignement, Ali Bongo affirme que son retour au pays demeure son souhait le plus cher.


Il explique vivre hors du Gabon pour des raisons qu’il estime connues de tous et conditionne son retour à la réunion de conditions de droit et de sécurité suffisantes pour lui et sa famille.


« Le Gabon est ma patrie et je ne peux m’en séparer », affirme-t-il.


Ce qu’Ali Bongo veut laisser dans l’histoire


Interrogé sur l’image qu’il aimerait laisser, l’ancien président souhaite être retenu comme un homme ayant servi sincèrement son pays.


Il revendique notamment l’image d’un président qui aurait refusé de faire couler le sang pour conserver le pouvoir, mais aussi celle d’un mari et d’un père resté fidèle à sa famille dans l’épreuve.


Son dernier message s’adresse directement au peuple gabonais.


Ali Bongo appelle ses compatriotes à garder confiance dans leur pays et à préserver l’unité nationale. Pour lui, le Gabon est appelé à survivre à ses dirigeants et à toutes les crises qu’il traverse.


Trois ans après le coup d’État du 30 août 2023, cette sortie médiatique marque donc une rupture avec le silence observé depuis sa chute. L’ancien président livre sa version des faits, assume certaines erreurs, conteste plusieurs accusations visant son entourage et affirme ne pas avoir définitivement tourné le dos à la vie publique.


Une chose demeure certaine : Ali Bongo dit avoir fermé la porte aux élections, mais pas à son pays.


Source : entretien exclusif accordé à Info241, publié le 22 août 2026. Les déclarations attribuées à Ali Bongo dans cet article sont rapportées sur la base de cet entretien.




Ali Bongo breaks three-year silence: “Gabonese people deserve to know the truth”


Three years after his removal from power, former Gabonese President Ali Bongo Ondimba has broken his silence.


In an exclusive interview published by Info241 on August 22, 2026, Bongo revisited the events of August 30, 2023, his relationship with General Brice Clotaire Oligui Nguema, his 2018 stroke, the role of his wife Sylvia Bongo and son Noureddin, his 14-year record in office, the 2016 post-election violence and his political future.


Bongo said he had deliberately remained silent for three years before deciding that the Gabonese people deserved to hear his own account.


August 30, 2023: “I did not want a single drop of Gabonese blood to be shed for me”


Recalling the day his government was overthrown, Bongo said his first thoughts were with his family and the country.


He said he called for calm and did not want violence to erupt in an attempt to defend his presidency.


Regarding Oligui Nguema, who had served his father Omar Bongo and later served him, Ali Bongo said he naturally trusted him because of his military background and history of service.


He said the events that unfolded were surprising, but added that history and the Gabonese people would ultimately judge Oligui Nguema's actions.


His 2018 stroke and the question of who really governed Gabon


Ali Bongo strongly rejected claims that he stopped effectively governing after suffering a stroke in 2018.


He said he remained president and continued performing his duties.


“The presidential decisions remained mine at all times,” he said, insisting that they were neither his wife's nor his son's decisions.


Bongo argued that those claiming he was no longer governing were confusing rumours with reality. He also recalled that it ultimately took military tanks to remove him from power.


Sylvia and Noureddin Bongo


Bongo also defended his family against allegations of excessive influence.


He said Sylvia Bongo held no public office and focused on areas including education, healthcare, families, gender equality and the fight against violence against women.


Regarding his son Noureddin, Bongo said he performed official duties for which he had been appointed, under his authority, and rejected the description of his son as a “second president.”


He accused some of his opponents of attempting to rewrite history by targeting his family and insisted that ongoing legal disputes should be settled in court rather than through media statements.


“I could not protect the people I loved”


The former president described his family's ordeal as one of the most painful periods of his life.


He said he was unable to protect his wife and son because he was being held separately.


Bongo said the moment he reunited with his wife was particularly painful because he could see the effects of the twenty months of captivity she had endured.


Fourteen years in power: pride and regrets


Bongo defended parts of his record, highlighting infrastructure investment, forest protection, biodiversity and efforts to reduce gender inequalities.


However, he also acknowledged failures.


He said some systemic problems inherited from the past should have been addressed more quickly and admitted that his government did not always choose the right people.


He also acknowledged the legitimacy of criticism, arguing that a president who cannot accept criticism does not understand the responsibility of office.


Cost of living, youth unemployment and public debt


According to Bongo, several problems for which he was held responsible remain major challenges for Gabon, including the rising cost of living, youth unemployment and public debt.


He said some of these problems have even worsened, suggesting that they may reflect broader structural difficulties facing Gabon rather than the responsibility of one individual alone.


2016 violence: “I would have wanted more dialogue”


Bongo also addressed the deadly post-election unrest of 2016.


He expressed condolences to the victims' families and acknowledged that the proportionality of the state's response remains a matter of debate.


With hindsight, he said he would have preferred more dialogue to prevent the escalation.


“No power is worth a Gabonese life,” he said.


No more elections


Ali Bongo said he would never run for elected office again.


“This chapter of my life is closed,” he declared.


However, he said he remains president of the Gabonese Democratic Party (PDG) and wants to help prepare a new generation before eventually stepping aside.


His stated objective is therefore political transmission rather than a return to electoral office.


Would he work with Oligui Nguema?


Asked whether he would work with General Oligui Nguema, Bongo shifted the focus from personalities to the kind of Gabon he believes should emerge.


He argued that genuine respect for the rule of law should be the priority.


If Gabon becomes a country where the rule of law is respected, he said, every citizen willing to serve the country should be able to do so — including himself.


“I will return to Gabon”


Despite living outside the country, Bongo said returning to Gabon remains his greatest wish.


He said he would return when legal and security conditions allow it for himself and his family.


“Gabon is my homeland and I cannot be separated from it,” he said.


His legacy


Asked how he wanted history to remember him, Bongo said he wanted to be remembered as a man who sincerely served his country and as a president who refused to allow bloodshed in order to preserve his power.


His final message was a call for unity and hope.


For Ali Bongo, Gabon is greater than any individual leader and will outlive every political crisis.


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Didier Cebas K.


 

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