Vendredi, lors d’un discours prononcé à Palm Beach, en Floride, à l’occasion du renommage d’une rue à son nom, Donald Trump a assumé sans détour la nouvelle posture de Washington. « Comme je l’ai déclaré plus tôt ce mois-ci depuis Mar-a-Lago, nous avons arrêté Nicolas Maduro pour ses crimes contre les États-Unis et le reste du monde », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Nous dirigeons maintenant le pays. Le Venezuela est complètement différent, il a beaucoup changé en une semaine. »
Une opération militaire choc à Caracas
Le 3 janvier, Donald Trump avait annoncé le lancement d’une opération militaire américaine au cœur de la capitale vénézuélienne. Des frappes ont visé plusieurs installations civiles et militaires, qualifiées d’« agression militaire » par Caracas. L’état d’urgence a immédiatement été décrété.
Selon les autorités vénézuéliennes, le bilan humain est lourd. Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a fait état de 83 morts, dont au moins 47 militaires vénézuéliens, ainsi que 32 ressortissants cubains, et plus de 112 blessés. Washington, de son côté, a confirmé des frappes « ciblées et massives », justifiées par la lutte contre le narcotrafic.
Capturés lors de cette opération, Nicolas Maduro et son épouse ont été transférés aux États-Unis. Le 5 janvier, ils ont comparu devant le tribunal fédéral du district sud de l’État de New York, où ils sont inculpés pour leur implication présumée dans le trafic de drogue. Tous deux ont plaidé non coupable.
Delcy Rodriguez aux commandes par intérim
Depuis l’arrestation de Nicolas Maduro, les fonctions de chef de l’État sont assurées par Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente exécutive. La présidente par intérim a rapidement procédé à un remaniement gouvernemental, dans un contexte de crise extrême.
Aníbal Coronado a été nommé ministre des Transports, tandis que l’écrivain et philosophe Miguel Pérez Pirela prend la tête du ministère de l’Information et de la Communication. Les portefeuilles de l’Industrie et du Commerce national ont été fusionnés, confiés à Luis Antonio Villegas.
Ces décisions interviennent alors que le pays reste sous tension, marqué par les conséquences directes de l’intervention américaine et une situation sécuritaire instable.
Washington assume, la polémique enfle
Donald Trump affirme que les États-Unis assureront une gestion temporaire du Venezuela, une déclaration qui suscite de vives inquiétudes en Amérique latine, en Afrique et au sein de la communauté internationale. Pour de nombreux observateurs, cette posture rappelle les interventions unilatérales qui ont durablement déstabilisé plusieurs régions du monde.
Selon le Wall Street Journal, le président américain se dit « enthousiasmé » par le succès de l’opération et convaincu que ses adversaires « craignent et respectent » désormais les États-Unis. Toutefois, cette politique étrangère agressive pèserait sur sa popularité intérieure, au point d’inquiéter certains républicains à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.
Un dialogue sous haute tension
Dans ce climat explosif, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a reçu, le 15 janvier à Caracas, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, selon le Washington Post. Cette rencontre viserait à « améliorer les relations de travail » entre Washington et les nouvelles autorités vénézuéliennes, signe que les États-Unis entendent consolider leur influence sur le terrain politique et sécuritaire.
Pour de nombreux pays du Sud, dont plusieurs en Afrique, cette crise vénézuélienne pose une question fondamentale : jusqu’où les grandes puissances peuvent-elles aller au nom de leurs intérêts stratégiques, au mépris de la souveraineté des États ?
Venezuela Under U.S. Control? Trump Claims Washington Now Runs the Country After Maduro’s Arrest
The political and military shockwave shaking Venezuela continues to reverberate across the globe. U.S. President Donald Trump now claims that the United States “is running the country,” following a large-scale military operation in Caracas that led to the arrest of Venezuelan President Nicolás Maduro and his wife.
Speaking Friday in Palm Beach, Florida, during a ceremony to rename a street after him, Donald Trump openly defended Washington’s actions. “As I said earlier this month at Mar-a-Lago, we arrested Nicolás Maduro for crimes against the United States and the rest of the world,” Trump declared. “We are now running the country. Venezuela is completely different—it has changed a lot in just one week.”
On January 3, Trump announced a U.S. military operation in Caracas, involving strikes on civilian and military facilities. Venezuelan authorities described the action as a military aggression and immediately declared a state of emergency.
According to Venezuela’s Defense Minister Vladimir Padrino López, the operation left 83 people dead, including 47 Venezuelan soldiers and 32 Cuban nationals, with more than 112 injured.
Captured during the operation, Nicolás Maduro and his wife were transferred to the United States and appeared on January 5 before a federal court in New York, charged with alleged involvement in drug trafficking. Both pleaded not guilty.
Following Maduro’s arrest, Vice President Delcy Rodríguez assumed interim leadership and announced a series of cabinet reshuffles amid mounting instability. Meanwhile, reports from the Wall Street Journal suggest that Trump remains confident in his aggressive foreign policy, despite growing domestic political risks.
As Washington consolidates its influence, questions about sovereignty, international law, and the future of Venezuela remain at the center of a rapidly escalating global debate.
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Ange NGO