Après trois jours d’intenses délibérations, les travaux se sont achevés dans la nuit du dimanche à lundi, vers 3h30 du matin, dans une atmosphère empreinte de suspicion et de frustration.
Des divergences “énormes” entre les PV
Selon le politologue, les discussions ont révélé des écarts drastiques entre les chiffres contenus dans certains procès-verbaux (PV) examinés par la Commission et ceux détenus par les représentants des partis politiques.
« Il a été refusé la confrontation des PV », explique Moussa Njoya, déplorant une posture du président de la Commission, Émile Essombe, soutenue par certains opposants, selon laquelle cet organe n’est pas compétent pour trancher les contentieux post-électoraux.
Une position que le politologue juge paradoxale, car elle remet en cause la fiabilité et la transparence du processus de compilation des résultats transmis par les commissions départementales.
Le représentant du PCRN isolé
Le représentant du PCRN, Nyemeck Félix, avait apporté un nombre important de PV, soulevant notamment les disparités flagrantes observées dans la région du Sud.
Mais après avoir été sèchement rabroué par le président de la Commission, il s’est tu, abandonné par les autres représentants de l’opposition.
« Il avait pourtant raison ! », insiste Moussa Njoya, qui souligne le manque de solidarité dans le camp des contestataires.
Le cas Makary et les réactions contrastées
Autre précision notable : le secrétaire général de l’UNDP, Flambeau Ngayap, accusé par certains d’avoir demandé la mise à l’écart des PV de Makary, aurait au contraire supervisé le recomptage bureau par bureau de cette commune.
Quant au représentant du FSNC, Issa, il disposait bien de tous ses PV, mais a quitté la salle en signe de protestation contre les chiffres du Sud-Ouest, qu’il a qualifiés de “scandaleux”.
“Deux vérités” à venir : l’officielle et celle des urnes
Pour Moussa Njoya, il ne fait plus de doute que le Cameroun fait face à deux vérités irréconciliables :
« Il y aura la vérité officielle, et la vérité des urnes », conclut-il, avant d’ajouter que la suite dépendra du comportement des gouvernants : sauront-ils faire preuve “d’humilité et d’humanité”, ou persisteront-ils “dans l’arrogance et la condescendance” ?
Un constat amer, mais lucide, qui laisse présager une période post-électorale tendue dans le pays.
Cameroon 2025 Elections: Politologist Moussa Njoya Denounces “Huge Discrepancies” in Vote Results Compilation
Political analyst Moussa Njoya, known for his credibility and civic engagement, has raised serious concerns about the national vote tabulation process at the Yaoundé Congress Hall. After three days of work ending at 3:30 a.m. Monday, he described “massive gaps” between the vote tallies in some official reports and those held by political party representatives.
According to Njoya, the Commission’s president, Émile Essombe, refused to allow the comparison of PVs (vote reports), claiming the body had no jurisdiction over electoral disputes. This decision, supported by some opposition members, casts doubt on the reliability and transparency of the entire process.
He also revealed that the PCRN representative, Nyemeck Félix, was the first to expose the discrepancies but received no support from other opposition members after being silenced by the Commission chair.
Meanwhile, UNDP’s Flambeau Ngayap supervised a detailed recount in Makary, contrary to rumors suggesting he wanted those votes excluded.
The FSNC representative, Issa, walked out in protest after seeing “scandalous” figures from the South-West region.
“There will be an official truth and the truth of the ballots,” Njoya warned, suggesting that the government’s reaction will determine whether Cameroon faces reconciliation or unrest in the days to come.
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Ange NGO