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L'ONU accuse les États-Unis de surtaxer les pays africains qui ploient sous une dette de 64,3% du PIB du continent

La secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), Rebeca Grynspan, juge injustifiés et absurdes au point de vue économique les nouveaux droits de douane américains sur les marchandises importées depuis les pays les moins développés et appelle le président des États-Unis Donald Trump à les annuler.

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C’est ce qu’elle a déclaré lors d’une interview accordée au journal Financial Times.



"Prenez Madagascar. Si vous tentez de calculer quelle part elle a dans le déficit commercial américain, vous obtiendrez zéro, car vous ne pourriez pas arrondir même à 0,1%. Ils exportent des produits que les États-Unis ne produisent pas. Ils ne concurrencent pas les États-Unis, mais se voient imposer des droits de douane de 47%", a expliqué Mme Grynspan.



Selon elle, cette situation est typique de toutes les économies faibles à qui les droits de douane américains, qui n’apporteront aucun avantage aux États-Unis, porteront atteinte de manière disproportionnée, et ce au détriment des populations des pays pauvres.



La secrétaire générale de la Cnuced a pointé que les 44 pays les moins développés représentaient seulement 1,6% du déficit commercial des États-Unis. "Notre demande et notre appel sont de revoir cette décision. Ce n’est pas que nous mettons en doute leurs actions, mais nous estimons que ces mesures ne contribuent pas aux objectifs que les États-Unis poursuivent avec leur politique commerciale", a ajouté Mme Grynspan.



Concernant les négociations, les pays pauvres ont peu de chances d’obtenir seuls le réexamen des droits de douane imposés, car ils ne disposent pas de "force de négociation". Mme Grynspan considère que les actions américaines visant à réaménager le système commercial mondial conduiront à une augmentation des volumes d’échanges entre les pays en développement.



Le 2 avril, Trump avait annoncé l’imposition de droits de douane sur les produits de 185 pays et territoires. Les droits universels de 10% étaient entrés en vigueur le 5 avril, les droits individuels le 9 avril. Mercredi, M. Trump a déclaré qu’il suspendait la hausse des droits de douane pendant 90 jours pour 75 pays qui s’étaient montrés disposés à négocier. Ces pays seront soumis à des droits de douane de 10%.



L'Afrique peine sous une dette de 64,3% du PIB (ONU)

 


Le continent africain subit le poids d'une dette massive représentant 64,3% de son produit intérieur brut (PIB), limitant drastiquement sa marge budgétaire pour des investissements essentiels. Cette alerte a été lancée par Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), à la onzième session du Forum régional africain pour le développement durable.



"le continent ploie sous une dette qui grève 64,3% de son PIB, limitant considérablement la marge de manœuvre budgétaire pour les investissements indispensables dans l’éducation, la santé, les infrastructures et d’autres secteurs essentiels. En outre, la croissance moyenne de notre PIB depuis 2019 oscille autour de 3%, soit nettement moins que les 7% nécessaires pour atteindre l’objectif de développement durable 8 sur le travail décent et la croissance économique. Vu comme le monde évolue, il est maintenant clair que l’aide ne peut plus être considérée comme une solution fiable ni durable, et que les modèles de financement classiques sont de moins en moins en phase avec les aspirations de l’Afrique en matière de développement.", a-t-il déclaré, selon le site de la CEA.



"Le continent est à la croisée des chemins. Pour renverser la situation, nous n’avons d’autre choix que de nous recentrer, pour prendre des mesures audacieuses et transformatrices, qui soient fondées sur des données factuelles, l’innovation et l’inclusion, notamment en investissant dans les capacités de nos populations et de nos institutions", a-t-il ajouté.


DCK

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