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Télécommunications: Comment le non développement des télécoms freine la croissance

Selon les «Cahiers économiques du Cameroun», une publication de la Banque Mondiale, si la qualité et le tarif des services de télécommunications au Cameroun étaient abordables, la croissance serait bien plus élevée.

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Selon les estimations, si la qualité et le tarif des services de télécommunication au Cameroun atteignaient le niveau de l’île Maurice, la croissance réelle du Pib (produit intérieur brut) par habitant connaîtrait une hausse annuelle de 1,3%. Ce qui permettrait de réduire d\'un tiers l\'écart entre les performances économiques passées du pays et ses aspirations. Ce constat froid est contenu dans les «Cahiers économiques du Cameroun», lancés par la Banque mondiale à Yaoundé en début février 2012. Cette institution se désole par ailleurs que malgré ces bienfaits potentiels que le pays pourraient tirer, le gouvernement du Cameroun éprouve encore de la réticence à entreprendre les réformes nécessaires, notamment celles qui permettraient une plus grande concurrence.



A l\'heure actuelle, s\'agissant notamment de la téléphonie mobile, il existe deux opérateurs privés. Certes, des efforts sont entrepris chaque année par ces compagnies en ce qui concerne les coûts de télécommunication. Mais, l\'on estime qu\'ils sont encore assez élevés. La téléphonie fixe et la téléphonie mobile étant en situation de monopole et de duopole, la structure du marché est restée là même depuis 2005. Du fait de ce statu quo, le prix des services téléphoniques mobiles est plus élevé que dans d\'autres pays comptant un plus grand nombre d\'opérateurs (le Kenya a délivré 4 licences, le Nigeria 9, le Sénégal, la Guinée et le Ghana 3 chacun). Ces opérateurs fournissent aussi des services Internet…



Mais, le coût de la bande passante internationale est particulièrement élevé du fait du monopole d\'accès au système Sat3/Wasc détenu par Cameroon télécommunications (Camtel). En 2008, la télédensité mobile dans le pays, 34,53% des habitants, était inférieure à celle de plusieurs pays d\'Afrique comme la République démocratique du Congo (54,84%), le Guinée équatoriale (49,01%), et le Gabon (94,53%).





Obstacles juridiques



En plus de cela, le secteur des télécommunications se heurte toujours à des obstacles juridiques, réglementaires et opérationnels. Le pays est confronté à de nombreux problèmes comme la nécessité d\'harmoniser le cadre institutionnel des Tic et de refondre la loi du 4 juillet 1998 relative aux télécommunications.



La banque mondiale explique que le Cameroun devrait en outre adopter un régime de libre accès dans le cadre du partenariat public-privé visant à promouvoir la concurrence et à optimiser le potentiel des Tic. Cela permettra: l\'attribution d\'une nouvelle licence de téléphonie à un 3e opérateur privé (recettes budgétaires importantes pour le gouvernement et baisse des coûts); la suppression de toute forme d\'exclusivité; l\'harmonisation des politiques réglementaires au sein de la Cemac; et une coopération avec les autorités centrafricaines et tchadiennes.



Cette coopération au sein de la Cemac est très importante. L\'Afrique centrale est en effet la zone du continent la plus isolée sur le plan des Tic. La mise en place de l\'infrastructure de base pour les Tic en est encore à ses débuts en Afrique centrale. Comparativement aux autres communautés économiques régionales, la Cemac a le plus faible niveau d\'accès à l\'internet et au téléphone, avec moins de 2,8% de la population abonnés a Internet. Selon les Cahiers économiques du Cameroun, ce nombre est réduit à cause de la cherté du service prépayé.



Contrairement encore aux autres régions, l\'Afrique centrale n\'est connectée à aucun câble sous-marin à fibre optique. A l\'heure actuelle, seuls le Cameroun, l\'Angola et le Gabon ont directement accès à Sat3/Wasc, ce câble sous marin à fibre optique posé entre la Malaisie et l\'Afrique du Sud.





 

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