Rachel N. se souviendra toujours des épreuves du probatoire blanc alors qu’elle était encore élève. Pour le sujet de Sciences de la vie et de la terre, Rachel et ses camarades avaient eu droit à une épreuve pas comme les autres, « le niveau était vraiment très élevé. Il y avait deux sujets et les deux étaient compliqués, je me souviens avoir mis au moins une heure à les lire et à les relire pour pouvoir choisir lequel me donnerait au moins une note de 5/20 », se souvient la jeune apprenante. Aujourd’hui, elle reconnaît que c’est grâce à ce sujet qu’elle a pu surmonter ses difficultés dans cette matière.
Pour cette autre élève en classe de Terminale A4 au Collège Jean Tabi à Yaoundé, les épreuves du baccalauréat blanc qui se sont déroulées dans cet établissement, il y a une semaine, ont plutôt eu un effet rassurant. « Les épreuves étaient abordables, on s’est préparé durant toute l’année donc il s’agissait plutôt de voir si nous étions déjà aptes à affronter les épreuves de l’examen proprement dit dès lundi prochain », explique l’élève. Jeanne Patricia, élève en Première A4 au collège La Rosière a également pu voir son niveau après cet examen, « on a eu deux examens blancs, le premier s’est déroulé en mars puis le deuxième en mai. Généralement les épreuves des examens blancs sont toujours plus compliquées que celles qu’on va donner à l’examen donc si j’ai pu m’en sortir pendant cette composition, je crois qu’à l’examen ça va aller », explique la jeune élève qui sera face aux épreuves du probatoire dès le 23 juin prochain.
Pour la plupart des élèves rencontrés, la phase des examens blancs leur aura permis de bien emprunter le chemin du succès. « C’est quand j’ai composé le baccalauréat blanc que j’ai compris que je devais me mettre au travail, j’ai appris à bien gérer le temps, à composer dans les conditions d’examen et maintenant je peux dire que je suis prête pour lundi », affirme Ornella, élève en Terminale au Lycée Général Leclerc.
Répétition
En effet, selon Seïdou Moluh, enseignant, l’examen blanc c’est « une répétition grandeur nature avant l’examen proprement dit ». Il est prescrit par un arrêté conjoint signé du ministre des Enseignements secondaires et de celui de l’Education de base. La sixième séquence qui correspond aux examens de fin d’année tient lieu d’examen blanc pour les classes d’examen. Cette décision a un double avantage. D’abord pour les enfants, l’examen blanc est une sorte de rodage en prélude à l’examen final. « Le premier jour de l’examen, les enfants paniquent souvent beaucoup, ils gaspillent les copies d’examen voilà pourquoi quand on a des copies d’examen on les distribue aux élèves pour qu’ils s’habituent déjà », relève Martin Messi, enseignant. Il permet également aux élèves de prendre conscience de leurs lacunes afin d’y remédier. « Au terme de l’examen blanc, on encourage les meilleurs à maintenir le cap. Quant à ceux qui ont eu de mauvaises notes, on les motive parce qu’à la veille d’un examen, le bon pédagogue est celui-là qui est optimiste. On leur demande de croire, de se dire que s’ils ont pu arriver en troisième, première ou terminale c’est qu’ils ont les capacités de braver cette autre étape », relève Seïdou Moluh.
Pour les encadreurs, il s’agit de mettre à l’épreuve l’organisation d’une telle échéance. «La tenue des examens blancs met tous les maillons de la chaîne en branle, tout se déroule comme si on était déjà en plein dans l’examen : mise en place d’un secrétariat, planning de passage des épreuves et des surveillants, procès-verbaux à remplir, police des examens respectée à la lettre », explique Martin Messi. Au terme de la tenue de l’examen blanc, on peut également avoir une tendance générale des résultats des examens officiels dans un établissement et souvent même dans un arrondissement. C’est le cas dans le département du Wouri par exemple, où les établissements secondaires organisés en quatre bassins passent les mêmes épreuves pendant les examens blancs.