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Affaire Martinez Zogo : téléphones, géolocalisation, enquête… ce que Bialo a répondu aux avocats

Affaire Martinez Zogo : le colonel Bialo répond aux avocats sur le tracking téléphonique, la commission d’enquête et les auditions de Danwe et Eko Eko.

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Affaire Martinez Zogo : le colonel Bialo face aux zones d’ombre du tracking et de la commission d’enquête


Au Tribunal militaire de Yaoundé, les audiences des 12 et 13 octobre 2026 ont été marquées par un contre-interrogatoire serré du lieutenant-colonel Bialo Dieudonné. Les avocats de la défense ont multiplié les questions sur son intégration à la commission d’enquête, la traçabilité des téléphones et les actes accomplis dans le dossier de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.


Le procès de l’affaire Martinez Zogo se poursuit avec son lot de confrontations techniques et de contestations procédurales. Pour les audiences des 12 et 13 octobre 2026, le 35e témoin, le lieutenant-colonel Bialo Dieudonné, chef du Service central des recherches judiciaires de la Gendarmerie nationale, a été soumis aux questions des avocats de la défense.


Face aux conseils de plusieurs accusés, l’officier a maintenu ses précédentes déclarations sur son rôle dans les investigations. Mais les échanges ont fait ressortir plusieurs points de friction : son appartenance à la commission d’enquête mixte police-gendarmerie, la base juridique de son intégration, les conditions du tracking téléphonique et la chronologie de certains actes de procédure. Le compte rendu d’audience a été publié par Polycarpe Xavier Atangana.


La commission d’enquête au cœur de la bataille judiciaire


Dès le début des échanges, les avocats ont interrogé le colonel Bialo sur son parcours professionnel, ses affectations et les circonstances de son intégration à la commission d’enquête.


L’officier a refusé de répondre à plusieurs questions relatives à sa carrière et à sa situation personnelle, estimant notamment que certaines ne relevaient pas de l’objet de sa présence à la barre. Il a toutefois réaffirmé sans ambiguïté avoir été membre de la commission d’enquête mixte.


La défense a insisté sur l’absence du nom de Bialo dans un document daté du 3 février 2023 et sur l’existence éventuelle d’un acte additif ou modificatif justifiant son intégration.


Sa réponse est restée constante : il aurait remplacé le lieutenant-colonel Ayissi Nanga, absent après son admission à l’École de guerre. Selon lui, le commissaire du Gouvernement de l’époque avait été informé de ce remplacement, sans qu’un acte supplémentaire soit nécessaire.


Cette explication n’a pas clos le débat. Les avocats ont continué à questionner le témoin sur le texte instituant la commission, la date de sa mise en place et la répartition des responsabilités entre les différents enquêteurs.


Le désaccord porte donc autant sur la présence de Bialo dans cette structure que sur la formalisation administrative de son rôle.


Tracking téléphonique : comment les enquêteurs ont-ils procédé ?


Autre axe majeur du contre-interrogatoire : les méthodes techniques utilisées pour reconstituer les déplacements des personnes soupçonnées d’être liées à l’enlèvement de Martinez Zogo.


Le colonel Bialo a expliqué qu’un terminal numérique pouvait laisser des traces permettant de retracer un itinéraire. Concernant le tracking téléphonique, il a indiqué qu’un numéro était nécessaire pour engager les recherches et qu’il disposait de celui attribué au colonel Justin Danwe.


Interrogé sur la manière dont ce numéro avait été obtenu, il a répondu que le lieutenant Gambi avait orienté les soupçons vers Danwe au cours de l’enquête, ce qui avait permis aux enquêteurs de disposer de cette information avant son interpellation.


Bialo a également expliqué que le tracking pouvait être réalisé après les faits, à partir d’une base de données. Il a évoqué une convention entre la Gendarmerie nationale et les opérateurs de téléphonie mobile, par l’intermédiaire de l’ANTIC, prévoyant la mise à disposition d’un serveur destiné à enregistrer certaines données pendant une période déterminée.


Ces explications ont replacé la question des données téléphoniques au centre des débats : les informations exploitées par les enquêteurs, leur origine et les conditions de leur utilisation restent des points essentiels pour comprendre la construction du dossier.


Bialo reconnaît avoir posé certains actes au profit de l’enquête


Questionné sur son rôle concret dans les investigations, le témoin a rappelé que le Service central des recherches judiciaires assurait principalement un appui technique à la Légion de Gendarmerie du Centre.


Il a néanmoins reconnu avoir accompli certains actes de police judiciaire, notamment en transmettant des informations au colonel Otoulou, présenté dans le compte rendu comme le responsable de l’enquête.


Un échange a également porté sur une capture d’écran de SMS entre Bruno Bidjang et Paul Daisy Biya. Bialo a confirmé avoir transmis cette capture et expliqué que Paul Daisy Biya s’était présenté avec les échanges sur son téléphone pour signaler un message qu’il jugeait important.


L’officier a précisé avoir rendu compte à sa hiérarchie et indiqué connaître Paul Daisy Biya avant cette affaire. Il a cependant refusé de dévoiler davantage ses sources de renseignement.


La défense a aussi interrogé le témoin sur les circonstances ayant conduit aux interpellations de plusieurs personnes entre le 3 et le 6 février 2023. Bialo a répondu que les recherches se poursuivaient et que les enquêteurs agissaient dans le cadre d’une enquête de flagrance.


La question de la coupure des communications


Les communications téléphoniques et numériques ont également fait l’objet d’échanges contradictoires.


Le colonel Bialo a maintenu qu’il n’y avait eu aucune coupure du réseau GSM ou d’Internet dans le groupe évoqué au cours de l’enquête. Il a opposé cette position aux déclarations attribuées au colonel Danwe, qui aurait évoqué une coupure ainsi qu’un « coup dans le coup ».


Bialo a notamment rappelé qu’Ebo Clément avait déclaré avoir reçu un appel de Danwe pendant l’opération.


Sur la question d’un éventuel second commando, l’officier s’est appuyé sur les déclarations des personnes entendues et sur les éléments techniques recueillis. Les débats ont ainsi souligné l’importance de confronter les différentes versions aux données matérielles disponibles.


Ces déclarations restent celles du témoin et ne doivent pas être confondues avec une conclusion définitive du tribunal sur les circonstances exactes de l’opération.


Les expertises et les éléments matériels contestés


Les avocats ont également interrogé Bialo sur les rapports d’expertise, les auditions et les informations susceptibles d’avoir orienté les investigations.


Le témoin a insisté sur le fait que les enquêteurs devaient s’appuyer sur des éléments matériels plutôt que sur des orientations ou des conclusions qui leur seraient imposées. Il a notamment contesté certaines interprétations avancées pendant les débats concernant les conclusions d’experts.


Un échange a conduit le président du tribunal à rappeler que les professeurs Bell et Oloumo n’étaient pas intervenus à la même étape de la procédure et que leurs rapports devaient être distingués.


Bialo a également indiqué ne pas avoir participé à certains travaux et ne pas avoir connaissance de plusieurs éléments évoqués par la défense.


Ces discussions illustrent l’enjeu de la confrontation entre les procès-verbaux, les rapports d’expertise et les déclarations recueillies au cours de l’enquête.


Eko Eko et Danwe : des auditions présentées comme complémentaires


Au cours des échanges avec Me Hossana, avocat du collectif de Maxime Eko Eko, le colonel Bialo est revenu sur les auditions de Justin Danwe et de l’ancien responsable de la DGRE.


Il a confirmé que Danwe avait été entendu à trois reprises, avec des confrontations. Interrogé sur la constance de ses déclarations et sur la qualification de mission de service, il a répondu que les hommes de Danwe avaient évoqué cet aspect.


Le témoin a surtout maintenu que les trois auditions de Danwe se complétaient, tant sur les motivations, les commanditaires allégués, les acteurs que sur le déroulement de l’opération.


Cette appréciation est importante dans un dossier où les responsabilités individuelles et la chaîne de commandement alléguée constituent des questions centrales. Elle demeure toutefois la lecture du témoin, dont les déclarations sont soumises au débat contradictoire.


Des interrogations sur les conditions d’audition d’Eko Eko


Les avocats ont également cherché à comprendre pourquoi Maxime Eko Eko avait été entendu dans un espace aménagé au sein de la Gendarmerie nationale, alors qu’il ne faisait pas partie des effectifs de cette institution.


Bialo a répondu qu’aucun texte ne précisait le lieu où une personne devait être entendue. Il a expliqué que cet espace avait été utilisé parce que les enquêteurs avaient affaire au directeur général de la DGRE.


Interrogé sur d’éventuels traitements de faveur, il a rejeté cette qualification, affirmant que Danwe avait formulé des demandes auprès du commissaire du Gouvernement et que les autres personnes concernées auraient pu faire de même.


La défense a également questionné le caractère verbal de certaines demandes ainsi que les modalités des confrontations. Le témoin a expliqué que celles-ci s’inscrivaient dans la continuité de la procédure.


Une audience marquée par les objections et les suspensions


Le contre-interrogatoire a été ponctué de plusieurs objections des avocats, certains estimant que les questions répétées risquaient de ralentir les débats, tandis que d’autres ont défendu leur droit à consulter les pièces du dossier et à interroger le témoin.


Le commissaire du Gouvernement, le lieutenant-colonel Dr Atemengué, a appelé les parties à faire preuve de bonne foi et à privilégier des questions contribuant à la célérité de la procédure. Le tribunal a également renvoyé les parties à la consultation des pièces disponibles au greffe.


Au cours de l’après-midi, les questions ont notamment porté sur la localisation et la géolocalisation, ainsi que sur l’utilisation éventuelle d’un IMSI Catcher. Bialo a déclaré ne pas avoir entendu parler de l’utilisation de ce dispositif dans cette opération.


Il a aussi indiqué ne pas pouvoir établir clairement, à partir du document en sa possession, les résultats de certaines demandes de géolocalisation.


L’audience a été suspendue à 18 h 05 en raison de l’indisponibilité physiologique d’un membre de la collégialité, avant la reprise prévue le lendemain à 10 heures, selon le compte rendu transmis.


Un témoignage toujours soumis au contradictoire


Avec ces audiences des 12 et 13 octobre 2026, le dossier Martinez Zogo demeure marqué par des débats sur la procédure d’enquête, l’exploitation des données techniques et la portée des déclarations des différents protagonistes.


Le colonel Bialo a maintenu son appartenance à la commission d’enquête et défendu la cohérence des investigations auxquelles il dit avoir contribué. En face, les avocats de la défense ont continué à questionner la formalisation de son rôle, la traçabilité des éléments techniques et les conditions dans lesquelles certaines personnes ont été entendues.


La suite de la procédure devra permettre au tribunal d’apprécier les pièces versées au dossier, les explications des témoins et les arguments des différentes parties. À ce stade, les déclarations rapportées lors de ces audiences ne constituent pas, à elles seules, une décision judiciaire définitive sur la culpabilité des accusés.













Martinez Zogo Case: Colonel Bialo Faces Questions Over Phone Tracking and Investigation Commission


The October 12 and 13, 2026 hearings at the Yaoundé Military Tribunal featured intense cross-examination of Lieutenant-Colonel Dieudonné Bialo. Defense lawyers questioned his membership of the joint investigation commission, the technical procedures used to track phones and the actions taken during the investigation into journalist Martinez Zogo’s murder.


The trial over the death of Cameroonian journalist Martinez Zogo continues to focus on disputed investigative procedures and technical evidence. During hearings on October 12 and 13, Lieutenant-Colonel Dieudonné Bialo, head of the National Gendarmerie’s Central Judicial Research Service, faced questions from defense lawyers representing several defendants.


Bialo maintained his previous statements about his role in the investigation. However, the exchanges highlighted several contentious issues, including his participation in the joint police-Gendarmerie investigation commission, the legal basis for his appointment, phone-tracking procedures and the chronology of investigative actions.


The hearing report was written by Polycarpe Xavier Atangana.


Investigation commission under scrutiny


At the beginning of the questioning, lawyers asked Bialo about his professional background, previous assignments and the circumstances under which he joined the investigation commission.


The officer declined to answer several questions about his career and personal circumstances, arguing that some were unrelated to the purpose of his testimony. He nevertheless reaffirmed that he had been a member of the joint investigation commission.


Defense lawyers challenged his account, pointing to a document dated February 3, 2023, in which his name allegedly did not appear. They also asked whether an additional or amended document had formally confirmed his appointment.


Bialo maintained that he had replaced Lieutenant-Colonel Ayissi Nanga, who was absent after being admitted to the War College. He said the Government Commissioner at the time had been informed of the replacement and argued that no additional formal act was required.


The dispute remained unresolved during the exchanges, with lawyers continuing to question the commission’s legal basis, the date of its establishment and the respective responsibilities of the investigators.


Phone tracking and the reconstruction of movements


Another major issue was the use of phone-tracking technology to reconstruct the movements of people suspected of being connected to Martinez Zogo’s abduction.


Bialo explained that a digital device could leave traces that investigators could use to reconstruct a route. Regarding phone tracking, he said a telephone number was needed to conduct the operation and confirmed that he had obtained the number associated with Colonel Justin Danwe.


Asked how investigators acquired that number, Bialo said Lieutenant Gambi had directed suspicions towards Danwe during the investigation, allowing investigators to obtain the information before his arrest.


Bialo also explained that tracking could be carried out retrospectively using a database. He referred to an agreement between the National Gendarmerie and mobile operators, through Cameroon’s National Agency for Information and Communication Technologies (ANTIC), under which a server was made available to record certain data for a specified period.


His testimony placed the origin and use of telephone data at the centre of the proceedings.


Bialo acknowledges investigative actions


Questioned about his direct involvement, Bialo reiterated that the Central Judicial Research Service mainly provided technical assistance to the Centre Gendarmerie Legion.


He nevertheless acknowledged taking certain judicial-police actions, including passing information to Colonel Otoulou, whom the hearing report identifies as responsible for the investigation.


The questioning also addressed a screenshot of text messages exchanged between Bruno Bidjang and Paul Daisy Biya. Bialo confirmed that he had forwarded the screenshot and explained that Paul Daisy Biya had brought the messages to investigators’ attention on his phone.


The officer said he had reported the matter to his superiors and acknowledged knowing Paul Daisy Biya before the case. He declined, however, to disclose further details about his intelligence sources.


Lawyers also asked what had happened between February 3 and 6, 2023, when several individuals were arrested. Bialo replied that investigations were continuing and that the authorities were operating under the legal framework of a flagrante delicto investigation.


Disputed claims over a communications blackout


Telephone and internet communications also featured prominently in the cross-examination.


Bialo maintained that there had been no interruption of GSM or internet services within the group discussed during the investigation. His statement contrasted with remarks attributed to Danwe, who reportedly referred to a communications blackout and a “plot within the plot”.


Bialo also referred to a statement by Ebo Clément, who reportedly said that Danwe had called him during the operation.


The exchange highlighted the importance of comparing witness statements with available technical evidence. Bialo’s account remains testimony presented to the court rather than a final judicial finding.


Experts’ reports and disputed evidence


Defense lawyers questioned Bialo about expert reports, witness interviews and information that may have influenced the investigation.


The officer stressed that investigators should rely on material evidence rather than being directed by particular interpretations or conclusions. The discussion also included the reports associated with Professor Bell and Oloumo.


The presiding judge clarified that the two experts had not been appointed at the same stage of the proceedings and that their reports should be distinguished.


Bialo said he had not participated in certain work and did not have information about several matters raised by the defense.


Danwe’s statements described as complementary


During questioning by lawyer Hossana, representing the collective of Maxime Eko Eko, Bialo returned to Danwe’s interrogations and the questioning of the former intelligence service chief.


He confirmed that Danwe had been questioned three times, with confrontations also taking place. Asked about the consistency of his statements and whether he had described the operation as an official mission, Bialo said Danwe’s men had referred to that aspect.


The witness maintained that the three interrogations were complementary, covering the alleged motives, the people said to have commissioned the operation, the participants and the sequence of events.


That assessment is significant because individual responsibility and the alleged chain of command remain central issues in the case. It is, however, the witness’s interpretation and remains subject to adversarial examination.


Questions over Eko Eko’s interrogation


Lawyers also sought clarification about why Maxime Eko Eko had been questioned in a specially arranged space within the National Gendarmerie, despite not being a member of the institution.


Bialo replied that no specific legal provision dictated the location where a person had to be interviewed. He said the space was used because investigators were dealing with the director general of the DGRE, Cameroon’s intelligence service.


He rejected suggestions that Eko Eko had received preferential treatment, arguing that Danwe had made requests to the Government Commissioner and that other individuals could have done the same.


The defense also questioned the nature of certain requests and the arrangements for confrontations. Bialo said these actions formed part of the continuation of the proceedings.


A hearing marked by objections and interruptions


The cross-examination was punctuated by objections from lawyers. Some argued that repeated questions were delaying the proceedings, while others defended their right to consult case documents and question the witness.


Government Commissioner Lieutenant-Colonel Dr Atemengué called on the parties to act in good faith and focus on questions that would help move the trial forward. The court also referred the parties to the documents available at the registry.


During the afternoon, questioning covered the distinction between location and geolocation, as well as the possible use of an IMSI catcher. Bialo said he had not heard of such a device being used in the operation.


He also said the document available to him did not allow him to clearly establish the results of certain geolocation requests.


The hearing was adjourned at 6:05 p.m. because a member of the judicial panel was unavailable for physiological reasons. Proceedings were scheduled to resume the following day at 10 a.m., according to the hearing report.


The testimony remains subject to judicial scrutiny


The October 12 and 13 hearings kept investigative procedures, technical evidence and witness statements at the centre of the Martinez Zogo case.


Bialo maintained that he had been a member of the investigation commission and defended the consistency of the investigative work in which he said he had participated. Defense lawyers continued to challenge the formal basis of his role, the traceability of technical evidence and the circumstances in which certain individuals had been questioned.


The court will ultimately have to assess the documents, witness testimony and arguments presented by all parties. The statements reported during these hearings should not, at this stage, be treated as a final judicial determination of the defendants’ guilt.






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Ange NGO

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