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BCE : plus de 40 milliards d'euros versés aux banques, un économiste dénonce un système qui pourrait coûter cher aux citoyens

Plus de 40 milliards d'euros versés aux banques par la BCE : découvrez pourquoi un économiste dénonce cette politique et ses conséquences pour les citoyens.

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BCE : plus de 40 milliards d'euros versés aux banques, un économiste dénonce une politique monétaire controversée


La Banque centrale européenne (BCE) est au cœur d'une controverse qui soulève des questions sur la gestion de la monnaie, les profits du secteur bancaire et le coût des politiques monétaires pour les citoyens. Selon le professeur espagnol Pedro Gómez Martín-Romo, de l'Universitat Politècnica de València (UPV), l'institution européenne aurait indirectement subventionné les banques commerciales à hauteur de plus de 40 milliards d'euros au cours des trois dernières années, en rémunérant leurs réserves excédentaires. Une pratique que cet universitaire juge économiquement contestable et dont les conséquences pourraient dépasser largement le secteur financier.


Plus de 40 milliards d'euros versés aux banques : la politique de la BCE sous le feu des critiques


La politique monétaire de la Banque centrale européenne fait l'objet d'une remise en question. Au centre des critiques : la rémunération des réserves volontaires que les banques commerciales déposent auprès de la banque centrale.


Dans son analyse consacrée aux mécanismes monétaires européens, le professeur Pedro Gómez Martín-Romo estime que la BCE a versé plus de 40 milliards d'euros au secteur bancaire au cours des trois dernières années à travers ce dispositif.


Cette situation ne concerne pas uniquement la zone euro. Des mécanismes comparables sont également observés dans plusieurs grandes économies, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Japon et au Brésil.


Pour comprendre cette controverse, il faut revenir aux politiques monétaires mises en œuvre pendant les années d'expansion monétaire. Durant cette période, les grandes banques centrales ont injecté des volumes considérables de liquidités dans leurs systèmes financiers afin de soutenir l'activité économique et de stabiliser les marchés.


En Europe, ces interventions ont conduit les établissements bancaires à accumuler environ 2 500 milliards d'euros de réserves volontaires auprès de la BCE.


Lorsque l'inflation s'est accélérée, l'institution a engagé une remontée des taux d'intérêt pour freiner les tensions sur les prix. Mais, parallèlement, elle a continué de rémunérer les liquidités que les banques conservaient auprès d'elle.


C'est précisément cette combinaison que Pedro Gómez Martín-Romo considère comme contradictoire : après avoir injecté massivement des liquidités dans le système bancaire, la BCE doit désormais rémunérer une partie de cet excédent monétaire pour maintenir son dispositif de politique monétaire.


Réserves obligatoires ou réserves rémunérées : deux approches opposées


L'une des principales critiques formulées par l'universitaire concerne l'abandon progressif des instruments monétaires traditionnels au profit de la rémunération des réserves excédentaires.


Historiquement, les banques centrales disposaient d'un autre outil pour absorber les excès de liquidités : l'augmentation des réserves obligatoires.


Ce mécanisme impose aux banques commerciales de conserver une proportion déterminée de leurs ressources auprès de la banque centrale. En augmentant cette exigence, le régulateur réduit la quantité de fonds que les établissements peuvent mobiliser pour accorder des crédits.


Pedro Gómez rappelle plusieurs précédents historiques :






  • Aux États-Unis, la Réserve fédérale avait relevé les réserves obligatoires en 1936 et 1937 pour absorber les excédents de liquidités.








  • En Espagne, la Banco de España avait porté ce taux à 7,75 % en 1983.








  • En Allemagne et en France, la Bundesbank et la Banque de France avaient également largement utilisé cet instrument pendant les années 1970 et 1980.






À l'inverse, la rémunération des réserves bancaires volontaires ne s'est véritablement généralisée qu'au XXIe siècle, d'abord à la Banque d'Angleterre, puis à la Réserve fédérale américaine et à la Banque du Japon.


Pour le professeur espagnol, la différence entre ces deux approches est fondamentale. L'augmentation des réserves obligatoires permet de restreindre directement les capacités de crédit des banques, tandis que la rémunération des réserves volontaires leur offre un rendement sur les liquidités qu'elles conservent auprès de la banque centrale.


Une politique qui pourrait favoriser les banques au détriment de l'économie réelle


Au-delà de son coût financier, cette politique soulève une question centrale : les liquidités rémunérées par la BCE contribuent-elles réellement au financement de l'économie ?


Selon l'analyse de Pedro Gómez, la rémunération des réserves volontaires peut inciter les banques à conserver leurs liquidités auprès de la banque centrale plutôt qu'à les orienter vers des activités économiques productives.


Cette situation pourrait modifier les relations entre l'épargne et l'investissement, en favorisant une allocation moins efficace des ressources financières.


L'universitaire conteste également l'idée selon laquelle la monnaie serait neutre lorsque les autorités monétaires manipulent artificiellement sa quantité et son prix.


Il estime qu'une expansion monétaire excessive ne se limite pas à provoquer une hausse des prix des biens et des services. Elle peut également alimenter l'inflation des actifs financiers et immobiliers, favoriser la formation de bulles spéculatives et accentuer les inégalités sociales.


Dans cette perspective, la rémunération des réserves excédentaires contribuerait à maintenir un système dans lequel les institutions financières bénéficieraient de transferts importants, tandis que les coûts indirects seraient supportés par l'ensemble de la société.


Il s'agit toutefois de la thèse défendue par l'auteur, et non d'un constat faisant l'objet d'un consensus parmi les économistes.


Les pertes des banques centrales : une facture indirecte pour les contribuables ?


L'autre dimension de cette controverse concerne les finances publiques.


Pedro Gómez souligne que les bénéfices réalisés par les banques centrales nationales, notamment la Banco de España, sont normalement susceptibles d'être reversés aux Trésors publics.


Mais lorsque les banques centrales doivent verser d'importants intérêts aux établissements financiers, leurs résultats peuvent se dégrader, voire devenir déficitaires.


Cette situation réduit potentiellement les ressources financières susceptibles d'être transférées aux États.


L'auteur évoque ainsi la notion de déficit quasi budgétaire : une politique monétaire peut produire des conséquences financières comparables à celles d'une dépense publique, sans nécessairement apparaître directement dans les budgets gouvernementaux.


Le mécanisme soulève une question de répartition des coûts. D'un côté, les banques commerciales bénéficient des intérêts versés sur leurs réserves. De l'autre, les pertes ou la diminution des bénéfices des banques centrales peuvent réduire leurs contributions aux finances publiques.


La société pourrait alors supporter une double charge : les conséquences de l'inflation sur le pouvoir d'achat, puis les effets indirects de la dégradation des résultats des institutions monétaires sur les finances publiques.


La légalité de la rémunération des réserves volontaires également interrogée


La critique de Pedro Gómez ne se limite pas aux aspects économiques. Elle porte également sur le cadre juridique qui encadre les interventions de la BCE.


Selon le professeur de l'Universitat Politècnica de València, les textes européens reconnaissent explicitement à la banque centrale le pouvoir de fixer des réserves obligatoires minimales.


En revanche, il estime que le pouvoir de rémunérer les réserves volontaires n'est pas expressément reconnu avec la même clarté dans ce cadre juridique.


Cette distinction l'amène à s'interroger sur la solidité de la base juridique de cette pratique et sur les limites du pouvoir discrétionnaire de la BCE.


Il ne conclut toutefois pas à son illégalité. Il estime plutôt que cette question mérite un examen juridique et institutionnel approfondi.


« Interest Pattern » : l'alternative proposée pour réformer le système monétaire


Face aux limites qu'il identifie dans le fonctionnement actuel du système monétaire européen, Pedro Gómez propose une réforme structurelle baptisée « Interest Pattern ».


Ce modèle repose sur une idée différente de la création monétaire : celle-ci serait liée au volume des intérêts générés par l'économie réelle au cours de la période précédente.


L'objectif serait de réduire la dépendance du système monétaire aux décisions discrétionnaires des banques centrales concernant les taux d'intérêt, en privilégiant une règle davantage connectée à l'activité économique.


Dans cette architecture, la création monétaire suivrait une dynamique liée aux revenus générés par l'économie réelle, avec pour ambition de mieux équilibrer l'épargne, l'investissement et la consommation de capital.


Cette proposition constitue une alternative théorique défendue par l'auteur. Sa mise en œuvre nécessiterait néanmoins une évaluation approfondie de ses implications monétaires, financières et institutionnelles.


Un débat qui dépasse la seule question des taux d'intérêt


La réflexion de Pedro Gómez remet sur la table une question fondamentale pour les économies contemporaines : qui bénéficie réellement de la création monétaire et qui en supporte les conséquences ?


Pour l'universitaire espagnol, le débat ne devrait pas se limiter à savoir si les banques centrales doivent augmenter ou réduire leurs taux directeurs. Il devrait également porter sur les mécanismes de redistribution des ressources financières, les bénéficiaires des politiques monétaires et leurs conséquences sur les finances publiques.


La rémunération des réserves volontaires représente, selon lui, une transformation majeure du fonctionnement des banques centrales, qui mérite d'être réexaminée sous ses dimensions économiques, juridiques et institutionnelles.


Au-delà de la zone euro, cette réflexion intéresse également les économies africaines, notamment celles de la zone Cemac, où les politiques de liquidité, le financement des banques et les conditions d'accès au crédit constituent des enjeux importants pour le développement économique.


La question centrale reste donc entière : les politiques monétaires doivent-elles prioritairement rémunérer les liquidités conservées par les banques ou favoriser leur orientation vers le financement de l'économie réelle ?


Un débat qui touche directement à la souveraineté monétaire, à la stabilité financière et, surtout, au partage des coûts et des bénéfices du système bancaire.




ECB: Over €40 billion paid to banks as economist challenges controversial monetary policy


The European Central Bank (ECB) is facing growing criticism over its monetary policy, particularly the payment of interest on excess reserves held by commercial banks. According to Spanish professor Pedro Gómez Martín-Romo of the Universitat Politècnica de València (UPV), the ECB has effectively subsidized the banking sector by more than €40 billion over the past three years through this mechanism. The academic argues that the policy creates economic distortions, benefits financial institutions and ultimately shifts indirect costs onto citizens and public finances.


More than €40 billion paid to banks: the ECB's policy under scrutiny


The European Central Bank's monetary policy is increasingly being questioned. At the centre of the controversy is the payment of interest on voluntary reserves that commercial banks hold with the central bank.


In his analysis of European monetary policy, Professor Pedro Gómez Martín-Romo estimates that the ECB has transferred more than €40 billion to the banking sector over the past three years through this mechanism.


Similar arrangements can also be found in other major economies, including the United States, the United Kingdom, Japan and Brazil.


To understand the controversy, it is necessary to look back at the years of monetary expansion. During this period, major central banks injected enormous amounts of liquidity into financial systems to support economic activity and stabilize markets.


In the euro area, these interventions led commercial banks to accumulate approximately €2.5 trillion in voluntary reserves held at the ECB.


When inflation began to accelerate, the ECB raised interest rates to contain price pressures. At the same time, however, it continued paying interest on the excess liquidity that banks kept deposited with the central bank.


This combination is precisely what Gómez considers contradictory: after creating and injecting substantial amounts of liquidity into the banking system, the ECB now pays banks to maintain part of that excess liquidity.


Required reserves versus remunerated reserves: two opposing approaches


One of the professor's main criticisms concerns the gradual replacement of traditional monetary instruments with the remuneration of excess reserves.


Historically, central banks had another instrument available to absorb excess liquidity: increasing reserve requirements.


This mechanism requires commercial banks to hold a specified proportion of their resources with the central bank. Raising these requirements directly reduces the funds available to banks for lending.


Gómez highlights several historical examples:






  • In the United States, the Federal Reserve increased reserve requirements in 1936 and 1937 to absorb excess liquidity.








  • In Spain, the Banco de España raised the reserve requirement to 7.75% in 1983.








  • In Germany and France, the Bundesbank and Banque de France extensively used this instrument during the 1970s and 1980s.






By contrast, the remuneration of voluntary bank reserves only became widespread during the 21st century, first at the Bank of England and subsequently at the Federal Reserve and the Bank of Japan.


According to the Spanish professor, the economic implications of these two approaches are fundamentally different. Increasing reserve requirements directly limits banks' lending capacity, whereas paying interest on voluntary reserves provides financial institutions with a return on liquidity kept at the central bank.


A policy that could favour banks at the expense of the real economy


Beyond its financial cost, the policy raises an important question: do the reserves remunerated by the ECB actually contribute to financing the real economy?


According to Gómez, paying interest on voluntary reserves may encourage banks to keep their liquidity at the central bank rather than channel it into productive economic activities.


This situation could distort the relationship between savings and investment, leading to a less efficient allocation of financial resources.


The academic also challenges the assumption that money is neutral when its quantity and price are artificially manipulated.


He argues that excessive monetary expansion does not only contribute to inflation in goods and services. It can also drive up asset prices, including real estate and shares, fuel financial bubbles and increase social inequalities.


From this perspective, remunerating excess reserves reinforces a system in which financial institutions benefit disproportionately from monetary transfers while indirect costs are borne by society as a whole.


These arguments represent the professor's economic position and should not be interpreted as an established consensus among economists.


Central bank losses: an indirect bill for taxpayers?


Another major dimension of the controversy concerns public finances.


Gómez points out that profits generated by national central banks, including the Banco de España, are normally eligible for transfer to government treasuries.


However, when central banks pay substantial amounts of interest to commercial banks, their financial results can deteriorate and even turn negative.


This reduces the resources potentially available for transfer to public budgets.


The professor describes this as a quasi-fiscal deficit: monetary policy can generate financial consequences similar to public expenditure without necessarily appearing directly in government budgets.


The mechanism raises an important question about the distribution of costs. Commercial banks receive interest payments on their reserves, while central bank losses or reduced profits may diminish their contributions to public finances.


According to the author's argument, society could effectively pay twice: first through inflation and then through the indirect consequences of deteriorating public finances.


The legality of paying interest on voluntary reserves also questioned


Gómez's criticism extends beyond economics to the legal framework governing the ECB.


According to the UPV professor, European legislation explicitly grants the central bank the authority to establish minimum reserve requirements.


However, he argues that the legal framework does not recognize the power to remunerate voluntary reserves with the same degree of explicitness.


This distinction raises questions about the legal basis of the practice and the limits of the ECB's discretionary powers.


Importantly, the professor does not conclude that the practice is illegal. Rather, he argues that its legal and institutional foundations deserve closer examination.


Interest Pattern: an alternative proposal for monetary reform


As an alternative to the current monetary framework, Pedro Gómez proposes a structural reform known as "Interest Pattern."


The model is based on a different approach to money creation: linking monetary expansion to the volume of interest generated by the real economy during the previous period.


The objective is to reduce the system's dependence on discretionary central bank decisions concerning interest rates and introduce a framework more closely connected to actual economic activity.


Under this proposed architecture, money creation would follow a rule linked to income generated by the real economy, with the aim of improving the balance between savings, investment and capital consumption.


This remains a theoretical proposal advanced by the author and would require further assessment of its monetary, financial and institutional implications.


A debate that goes beyond interest rates


Pedro Gómez's analysis raises a fundamental question about modern economies: who actually benefits from money creation, and who ultimately bears its costs?


For the Spanish academic, the debate should not be limited to whether central banks should raise or lower interest rates. It should also examine how financial resources are distributed, who benefits from monetary policies and how these decisions affect public finances.


The remuneration of voluntary reserves represents, in his view, a major transformation in central banking that deserves renewed economic, legal and institutional scrutiny.


Beyond the euro area, these questions are also relevant to African economies, particularly those in the CEMAC region, where liquidity management, banking-sector financing and access to credit remain important development challenges.


The central question remains: should monetary policies primarily reward liquidity held by banks, or encourage financial resources to flow towards the financing of the real economy?


The answer has significant implications for monetary sovereignty, financial stability and the distribution of the costs and benefits of the banking system.


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Didier Cebas K.





 
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