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CEMAC : Fini le plafond de 20 milliards ! Les entreprises peuvent désormais lever des financements illimités sur le marché financier régional

Exclusif : Dès le 1er novembre 2026, la CEMAC supprime le plafond de 20 milliards FCFA sur les placements privés. Découvrez les nouvelles règles, les opportunités et les limites de cette réforme historique qui pourrait transformer le financement des entreprises camerounaises.

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CEMAC : Le plafond de 20 milliards FCFA saute, les entreprises peuvent désormais lever des financements illimités


N’Djamena, 15 octobre 2026 – C’est une décision qui pourrait bien changer la donne pour les entreprises de la zone CEMAC. Réunis au Tchad, les ministres de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) ont adopté un règlement modificatif qui libéralise en profondeur le mécanisme du placement privé sur le marché financier régional. Une réforme portée par la Cosumaf, le gendarme du marché, et publiée sur son site le 13 octobre 2026.


Exit le plafond de 20 milliards de FCFA sur douze mois. Désormais, « les opérations de placement privé ne sont soumises à aucune limitation de montant », stipule le nouvel article 88 du règlement. Traduction : une entreprise pourra rechercher 50, 100 ou même 200 milliards de FCFA auprès d’investisseurs qualifiés, sans passer par la case appel public à l’épargne.


Deux émissions maximum sur 24 mois


Mais attention, liberté ne signifie pas anarchie. Le régulateur a introduit un garde-fou : un même émetteur ne pourra réaliser plus de deux émissions par placement privé sur une période glissante de 24 mois. Une manière de discipliner le marché tout en évitant les abus.


Le placement privé, rappelons-le, consiste à proposer des titres financiers à un groupe restreint d’investisseurs avertis, sans campagne publicitaire ni ouverture au grand public. Un mécanisme discret, rapide et souvent prisé des entreprises qui ne souhaitent pas exposer leurs projets à la concurrence.


Jusqu’à 99 investisseurs qualifiés


La réforme élargit également le cercle des souscripteurs. Le plafond passe de 40 à 99 investisseurs qualifiés. La souscription minimale est fixée à 10 millions de FCFA par investisseur. Un seuil qui ne doit pas être confondu avec l’ancienne exigence d’une valeur nominale minimale de 50 millions de FCFA par titre, précise le régulateur.


Mais que les épargnants se rassurent : le placement privé reste réservé aux investisseurs qualifiés. Pour obtenir ce sésame, une personne physique doit justifier de compétences financières adaptées et d’un patrimoine net d’au moins 50 millions de FCFA. Pour une personne morale ne bénéficiant pas de plein droit de ce statut, le seuil de capitaux propres est fixé à 250 millions de FCFA, avec des exigences supplémentaires sur la capacité d’appréciation des risques.


Banques, compagnies d’assurances, caisses de retraite, caisses de dépôts et consignations et fonds d’investissement figurent parmi les investisseurs qualifiés de plein droit. La Cosumaf devra publier une liste actualisée de ces acteurs sur son site internet.


La BVMAC ouvre un compartiment dédié à la revente


Autre innovation majeure : la revente des titres. Jusqu’ici, un investisseur ne pouvait céder ses titres qu’aux souscripteurs initiaux. Désormais, un titre émis par placement privé pourra être cédé à tout autre investisseur qualifié, même s’il n’a pas participé à l’émission. Ces transactions devront obligatoirement transiter par un compartiment dédié de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC).


Une avancée qui élargit le cercle des acquéreurs potentiels sur le marché secondaire. Mais le régulateur prévient : cette possibilité ne garantit pas qu’un détenteur trouvera un acheteur au moment de revendre ses titres.


Alios Finance, pionnier camerounais du placement privé


Au Cameroun, le crédit-bailleur Alios Finance incarne déjà cette pratique. Dans la note d’information de son émission obligataire de 2025, l’entreprise recense quatre opérations de placement privé réalisées en 2007, 2008, 2023 et 2025. Des montants respectifs de 2, 3, 5 et 4 milliards de FCFA, soit un total de 14 milliards de FCFA.


Mais toutes n’ont pas connu le même succès. L’opération de 2023 n’a enregistré qu’un taux de souscription de 95 %, contre 100 % pour les trois autres. Sur la base de ces taux, le montant effectivement souscrit ressort à environ 13,75 milliards de FCFA.


Avec la nouvelle réglementation, une seule opération régionale pourrait dépasser le cumul de ces quatre émissions. De quoi faire rêver les dirigeants d’entreprises. Mais leur concrétisation dépendra de leur capacité à convaincre les investisseurs qualifiés.


Ce que dit le régulateur (et ce qu’il ne dit pas)


Le nouveau règlement précise que l’enregistrement auprès de la Cosumaf constitue un contrôle formel de conformité du dossier et ne vaut pas approbation des conditions économiques et financières de l’opération. La responsabilité de leur appréciation incombe à l’émetteur et aux investisseurs participants.


Le texte ne fournit ni estimation des financements supplémentaires susceptibles d’être mobilisés, ni bilan chiffré des placements privés réalisés sur le marché régional. Les opérations déjà enregistrées avant son entrée en vigueur resteront soumises, jusqu’à leur terme, aux anciennes dispositions.


Entrée en vigueur : 1er novembre 2026.


CEMAC: 20 Billion FCFA Ceiling Scrapped, Companies Can Now Raise Unlimited Financing on Regional Market


N’Djamena, October 15, 2026 – A decision that could reshape corporate financing in the CEMAC region. Meeting in Chad, ministers of the Central African Monetary Union (UMAC) adopted an amendment that deeply liberalizes the private placement mechanism on the regional financial market. The reform, spearheaded by COSUMAF, the market regulator, was published on its website on October 13, 2026.


Gone is the 20 billion FCFA ceiling over twelve months. Now, “private placement operations are not subject to any amount limitation,” states the new Article 88 of the regulation. Translation: a company can seek 50, 100, or even 200 billion FCFA from qualified investors without going through a public offering.


Two Issues Maximum Over 24 Months


But freedom does not mean anarchy. The regulator has introduced a safeguard: a single issuer may not carry out more than two private placement issues over a rolling 24-month period. A way to discipline the market while preventing abuse.


Private placement involves offering financial securities to a restricted group of sophisticated investors, without advertising or opening to the general public. A discreet, fast mechanism often favored by companies that do not want to expose their projects to competitors.


Up to 99 Qualified Investors


The reform also expands the pool of subscribers. The cap rises from 40 to 99 qualified investors. The minimum subscription is set at 10 million FCFA per investor. A threshold that should not be confused with the old requirement of a minimum nominal value of 50 million FCFA per security, the regulator clarifies.


But retail savers can rest easy: private placement remains reserved for qualified investors. To obtain this status, an individual must demonstrate appropriate financial skills and a net worth of at least 50 million FCFA. For a legal entity not automatically entitled to this status, the equity threshold is set at 250 million FCFA, plus requirements related to risk assessment capacity.


Banks, insurance companies, pension funds, deposit and consignment funds, and investment funds are among qualified investors by right. COSUMAF must publish an updated list of these actors on its website.


BVMAC Opens Dedicated Compartment for Resale


Another major innovation: resale of securities. Until now, an investor could only transfer securities to the initial subscribers. Now, a security issued via private placement can be sold to any other qualified investor, even one that did not participate in the initial issue. These transactions must go through a dedicated compartment of the Central African Stock Exchange (BVMAC).


A breakthrough that widens the pool of potential buyers on the secondary market. But the regulator warns: this possibility does not guarantee that a holder will find a buyer when they wish to sell.


Alios Finance, Cameroonian Pioneer of Private Placement


In Cameroon, leasing company Alios Finance already embodies this practice. In the information note for its 2025 bond issue, the company lists four private placement operations carried out in 2007, 2008, 2023, and 2025. Amounts were 2, 3, 5, and 4 billion FCFA respectively, totaling 14 billion FCFA.


But not all were equally successful. The 2023 operation recorded a subscription rate of 95%, compared to 100% for the other three. Based on these rates, the amount actually subscribed comes to approximately 13.75 billion FCFA.


Under the new regulation, a single regional operation could exceed the cumulative total of these four issues. Enough to make business leaders dream. But their realization will depend on their ability to convince qualified investors.


What the Regulator Says (and Does Not Say)


The new regulation specifies that registration with COSUMAF constitutes a formal compliance check of the file and does not constitute approval of the economic and financial conditions of the operation. Responsibility for assessing them lies with the issuer and participating investors.


The text provides neither an estimate of additional financing likely to be mobilized through these relaxations, nor a quantified assessment of private placements carried out on the regional market. Operations already registered before its entry into force will remain subject to the old provisions until their term.


Entry into force: November 1, 2026.


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Moussa Nassourou

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