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Cameroun : EPC plonge de 11 % au premier semestre, le « contexte politique dégradé » frappe les explosifs industriels

L’activité d’EPC au Cameroun a chuté de 11 % au premier semestre 2026 après un effondrement de 75 % en fin 2025. Pendant que le Gabon bondit de 46 %, le groupe pointe un climat politique difficile. Décryptage exclusif des chiffres et des enjeux.

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Au Cameroun, le spécialiste français des explosifs industriels EPC n’en finit plus de souffrir. Au premier semestre 2026, son activité a reculé de 11 % par rapport à la même période de 2025. Ce nouveau coup de frein, révélé dans les résultats publiés le 30 septembre 2026, intervient après un véritable plongeon de 75 % enregistré au quatrième trimestre 2025.


Dans son communiqué, le groupe ne mâche pas ses mots : « le Cameroun continue de pâtir d’un contexte politique dégradé ». Aucune précision n’est donnée sur les événements précis ni sur leur impact concret sur les ventes des six premiers mois de l’année. Le silence est total.


Le contraste avec le voisin gabonais est saisissant. Là-bas, EPC affiche une croissance de 46 % sur la même période. Au total, la zone Afrique–Asie-Pacifique, qui regroupe ces deux pays, progresse de 14 % pour atteindre 83,7 millions d’euros, soit environ 54,9 milliards de FCFA.


Retour en arrière. En 2025, l’activité camerounaise d’EPC avait déjà joué aux montagnes russes. Au troisième trimestre, les clients avaient massivement anticipé en constituant des stocks d’explosifs avant la période électorale. Résultat : une activité favorable. Puis, au dernier trimestre, les livraisons ont été suspendues. Le décrochage a été brutal. Malgré ces soubresauts, le groupe affirmait avoir terminé l’année 2025 à un niveau comparable à 2024. Le nouveau recul de 2026 montre que la parenthèse électorale laisse des traces plus longues que prévu.


Présent sur le terrain via EPC Cameroun, le groupe commercialise des explosifs civils et des accessoires de tir destinés aux carrières et aux opérations de minage. Sa filiale dispose d’installations de stockage à Missolé, sur l’axe Douala-Yaoundé, et rayonne également vers d’autres marchés de la CEMAC. Mais le groupe ne publie ni le chiffre d’affaires précis réalisé au Cameroun, ni les volumes, ni les contrats touchés. Le montant exact correspondant à cette baisse de 11 % reste inconnu. Rendez-vous est déjà pris : la prochaine publication, consacrée au chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026, est prévue le 12 novembre.


Pendant que certains acteurs subissent le climat politique, d’autres consolident leurs positions financières. La facilité renouvelable de 40 millions d’euros (environ 26,2 milliards de FCFA) accordée à Prometal SA par Afreximbank porte à environ 80,6 milliards de FCFA le montant cumulé des financements annoncés depuis septembre 2025 autour de Prometal SA et de ProAlu SA.


Attention aux amalgames. Les 54,4 milliards de FCFA annoncés en septembre 2025 concernaient la construction du complexe industriel ProAlu à Douala. BGFI Bank apportait 15,55 milliards, Société Générale Cameroun et Proparco 15 milliards chacun, Afriland First Bank 8,9 milliards. La nouvelle ligne d’Afreximbank, elle, est destinée à Prometal SA pour financer son cycle d’exploitation, notamment les achats de matières premières. Deux bénéficiaires, deux objets distincts.


Un écart de chiffres subsiste sur le coût de ProAlu. Les annonces gouvernementales parlaient de 88 milliards de FCFA. Proparco retient de son côté 140,3 millions d’euros, soit environ 92 milliards de FCFA. Les 54,4 milliards de concours bancaires représentaient alors environ 61,8 % de l’investissement initial. Appliqué au chiffre de Proparco, le ratio de 58 % donne plutôt 53,4 milliards. Les documents disponibles n’expliquent pas ces différences. Pour l’instant, le montant de 54,4 milliards reste la référence la plus directement liée aux conventions signées.


Cette facilité renouvelable n’est pas un décaissement immédiat de 26,2 milliards. Elle permet des tirages, des remboursements et de nouveaux tirages dans la limite convenue. Afreximbank n’a communiqué ni la maturité, ni le taux, ni les sûretés, ni les covenants. Sans les comptes de Prometal SA, impossible de mesurer l’impact réel sur l’endettement et les charges financières de l’entreprise.


Ces financements s’inscrivent dans une dynamique d’investissements industriels massifs. Prometal a déjà consacré 57 milliards de FCFA à Prometal 4 et Prometal 5, inaugurées à Douala en janvier 2024. Prometal 4 (environ 45 milliards) vise 360 000 tonnes de produits finis par an. Prometal 5 (12 milliards) regroupe la fabrication de bouteilles de gaz et les constructions métalliques. En y ajoutant ProAlu, les investissements annoncés pour ces trois projets oscillent entre 145 et 149 milliards de FCFA selon la valeur retenue pour le projet aluminium.


ProAlu doit produire des bobines d’aluminium, de l’acier prélaqué et des câbles électriques. Un contrat d’approvisionnement avec Alucam est prévu pour 2 500 tonnes d’aluminium par mois.


Après avoir financé la création de nouvelles capacités, Prometal SA obtient désormais une ligne destinée à faire tourner la machine. Le poids réel de cette facilité dans la structure financière du groupe ne pourra être évalué qu’avec la publication des comptes et des conditions précises du crédit.


Deux réalités côte à côte au Cameroun : d’un côté, un acteur historique des explosifs qui subit le poids du climat politique ; de l’autre, un industriel qui continue de lever des fonds pour consolider son outil de production et son fonds de roulement. Les prochains mois diront laquelle de ces trajectoires s’imposera.




In Cameroon, French industrial explosives specialist EPC continues to struggle. In the first half of 2026, its activity fell 11% compared with the same period in 2025. This fresh setback, revealed in results published on 30 September 2026, follows a sharp 75% contraction recorded in the fourth quarter of 2025.


In its statement, the group is blunt: “Cameroon continues to suffer from a degraded political context.” No details are provided on the specific events or their concrete impact on sales during the first six months of the year. Silence prevails.


The contrast with neighbouring Gabon is striking. There, EPC posted 46% growth over the same period. Overall, the Africa–Asia-Pacific zone, which includes both countries, rose 14% to €83.7 million, or roughly CFA 54.9 billion.


Looking back, EPC’s Cameroonian activity had already been on a rollercoaster in 2025. In the third quarter, clients built up large stocks of explosives ahead of the electoral period, supporting strong activity. Then, in the final quarter, deliveries were suspended. The drop was brutal. Despite the volatility, the group said full-year 2025 activity in Cameroon remained comparable to 2024. The fresh decline in 2026 shows that the electoral pause has left longer-lasting marks than expected.


Operating through EPC Cameroun, the group sells civil explosives and blasting accessories used mainly in quarries and mining operations. Its subsidiary has storage facilities at Missolé, on the Douala-Yaoundé axis, and also supplies other CEMAC markets. However, EPC does not publish the specific revenue generated in Cameroon, nor volumes sold or contracts affected. The exact amount corresponding to the 11% drop remains unknown. The next update, covering third-quarter 2026 revenue, is scheduled for 12 November.


While some players feel the weight of the political climate, others continue to strengthen their financial positions. The €40 million (approximately CFA 26.2 billion) revolving facility granted to Prometal SA by Afreximbank brings the cumulative financing announced since September 2025 around Prometal SA and ProAlu SA to roughly CFA 80.6 billion.


Care is needed to avoid confusion. The CFA 54.4 billion announced in September 2025 concerned the construction of the ProAlu industrial complex in Douala. BGFI Bank was to provide CFA 15.55 billion, Société Générale Cameroun and Proparco CFA 15 billion each, and Afriland First Bank CFA 8.9 billion. The new Afreximbank facility is granted to Prometal SA to finance its operating cycle, particularly raw-material purchases. Different beneficiaries, different purposes.


A discrepancy remains on the cost of ProAlu. Government announcements put the project at CFA 88 billion. Proparco cites €140.3 million, or about CFA 92 billion. The CFA 54.4 billion in bank financing then represented roughly 61.8% of the initial investment figure. Applied to Proparco’s amount, the 58% ratio yields about CFA 53.4 billion. Available documents do not explain the differences. For now, the CFA 54.4 billion figure remains the reference most directly linked to the agreements signed in September 2025.


This revolving facility is not an immediate disbursement of CFA 26.2 billion. It allows drawdowns, repayments and further drawdowns within the agreed limit. Afreximbank has not disclosed the maturity, interest rate, security, covenants or actual amounts drawn. Without Prometal SA’s accounts, the real impact on the company’s debt and financial charges cannot be measured.


These financings form part of a broader industrial investment drive. Prometal has already invested CFA 57 billion in Prometal 4 and Prometal 5, inaugurated in Douala in January 2024. Prometal 4 (about CFA 45 billion) has an announced capacity of 360,000 tonnes of finished products per year. Prometal 5 (CFA 12 billion) covers gas-cylinder manufacturing and metal constructions. Adding ProAlu, the announced investment costs for these three projects stand between CFA 145 and 149 billion, depending on the figure retained for the aluminium project.


ProAlu is set to produce aluminium coils, pre-painted steel and electrical cables. It is also linked to Alucam through a supply contract for 2,500 tonnes of aluminium per month.


After mobilising resources to create new production capacity, Prometal SA has now secured a line dedicated to financing its operations. The real weight of this facility in the company’s financial structure can only be assessed once the accounts and the precise credit terms are published.


Two realities sit side by side in Cameroon: on one side, a long-standing explosives player feeling the weight of the political climate; on the other, an industrial group continuing to raise funds to consolidate its production tool and working capital. The coming months will show which trajectory prevails.


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Mouahna Divine

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