Iran : le vice-président avoue la crise, les Américains préparent les canons et le détroit d’Ormuz flambe
Pendant que les rayons des magasins iraniens restent « pleins » selon le pouvoir, le peuple, lui, peinera bientôt à remplir le panier. Le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Aref, a lâché le morceau : le pays traverse une grave crise économique en pleine guerre. Les salaires et les allocations ne suffisent plus à couvrir le coût de la vie. Point final.
« Les dirigeants de la République islamique sont conscients que les salaires et les allocations ne suffisent pas à couvrir le coût de la vie, mais l’Iran est en situation de guerre et fait face à d’importantes difficultés », a déclaré Aref, cité par la chaîne iranienne SNN. Il a ajouté que le gouvernement doit « mieux travailler pour améliorer le niveau des revenus afin de répondre aux attentes de la population ». Et d’insister, avec un optimisme quasi miraculeux : même face à cette grave crise, les rayons restent pleins grâce à « la culture du sacrifice et de la responsabilité sociale profondément ancrée dans la société iranienne ».
En clair : le peuple doit encore se serrer la ceinture pendant que les dirigeants promettent de « surmonter les difficultés ». Une musique que les Camerounais connaissent bien.
Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, le ton monte. Selon le New York Times, citant des responsables américains anonymes, les militaires US examinent sérieusement des options pour une possible reprise d’opérations de combat à grande échelle contre l’Iran. Trois porte-avions seront prochainement concentrés au Moyen-Orient. Le Pentagone prépare des plans de frappes contre des sites de stockage de missiles et de drones, ainsi que d’autres sites militaires et énergétiques.
Ces derniers mois, le Pentagone et l’équipe de sécurité nationale de Donald Trump ont présenté cinq propositions d’opérations de combat à grande échelle contre l’Iran ou le mouvement yéménite Ansar Allah (Houthis). Le président américain les a toutes rejetées. Beaucoup dans son entourage proche estiment d’ailleurs que des frappes militaires ne changeront pas les plans de Téhéran et que la pression économique porte déjà ses fruits. Il suffit d’attendre un peu plus longtemps pour obtenir des concessions significatives.
Jeudi, Donald Trump a tranché publiquement : les États-Unis n’ont pas l’intention de frapper l’Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Un calendrier politique clair comme de l’eau de roche.
Et comme si le cocktail n’était pas assez explosif, plusieurs pétroliers ont sauté sur des mines dans le détroit d’Ormuz, selon l’agence iranienne Fars citant des sources militaires. « Plusieurs puissantes explosions se sont produites dans le passage sud du détroit d’Ormuz, causées par la collision de pétroliers en infraction avec des mines placées dans cette zone. » Aucune précision sur le nombre de navires endommagés ni sur d’éventuelles victimes. Le détroit d’Ormuz, artère vitale du pétrole mondial, tremble une fois de plus.
Entre l’aveu de faiblesse économique de Téhéran, la préparation militaire américaine et les explosions dans le détroit, le Moyen-Orient ressemble à une poudrière prête à sauter. Pour l’instant, Trump freine des quatre fers jusqu’aux midterms. Après le 3 novembre, personne ne sait vraiment ce qui va se passer. Une chose est sûre : pendant que les dirigeants parlent de sacrifice et de responsabilité, ce sont toujours les peuples qui paient la facture. Au Cameroun comme en Iran.
Iran: Vice President Admits Crisis, US Prepares Strikes and Strait of Hormuz Explodes
While Iranian shop shelves remain “full” according to the authorities, ordinary people are struggling to fill their baskets. Iran’s First Vice President, Mohammad Reza Aref, has admitted the obvious: the country is facing a severe economic crisis amid wartime conditions. Salaries and allowances are no longer enough to cover the cost of living.
“The leaders of the Islamic Republic are aware that salaries and allowances are not sufficient to cover the cost of living, but Iran is in a state of war and facing major difficulties,” Aref said, quoted by the Iranian channel SNN. He added that the government must work harder “to improve income levels in order to meet the population’s expectations.” Even in the midst of this serious crisis, he insisted, shop shelves remain full thanks to “the culture of sacrifice and social responsibility deeply rooted in Iranian society.”
In other words: the people must keep tightening their belts while leaders promise to “overcome the difficulties.” A familiar tune.
Meanwhile, across the Atlantic, tensions are rising. According to The New York Times, citing anonymous US officials, the American military is examining options for a possible resumption of large-scale combat operations against Iran. Three aircraft carriers are expected to be concentrated in the Middle East soon. The Pentagon is also drawing up plans for strikes on missile and drone storage sites, as well as other military and energy targets.
In recent months, the Pentagon and President Donald Trump’s national security team presented him with five proposals for large-scale combat operations against Iran or the Yemeni rebel movement Ansar Allah (Houthis). The US president rejected all of them. Many in his inner circle believe that military operations would not change Tehran’s plans and that economic pressure is already working. It just needs a little more time to force significant concessions from Tehran.
On Thursday, Donald Trump publicly stated that the United States has no intention of striking Iran before the midterm elections on November 3.
As if the situation were not explosive enough, several oil tankers struck mines in the Strait of Hormuz, according to the Iranian agency Fars citing military sources. “Several powerful explosions occurred in the southern passage of the Strait of Hormuz, caused by tankers in violation colliding with mines placed in this area.” No information was provided on the number of damaged vessels or possible casualties. The Strait of Hormuz, a vital artery for global oil supplies, is once again on edge.
Between Tehran’s admission of economic weakness, American military preparations and explosions in the strait, the Middle East looks like a powder keg ready to explode. For now, Trump is holding back until the midterms. After November 3, no one really knows what will happen. One thing is certain: while leaders talk of sacrifice and responsibility, it is always the people who pay the price. In Cameroon as in Iran.
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Moussa Nassourou