Publicité

Bauxite de Minim-Martap : la raffinerie avance sur le papier, la mine cale sur le terrain

Raffinerie d’alumine de Camalco : audiences publiques du 12 au 17 octobre à Ngaoundéré et Martap. Mais la mine de bauxite perd sa date d’expédition.

Publicité

Raffinerie d’alumine de Camalco : le Cameroun ouvre les audiences publiques, la bauxite attend toujours son départ


Le ministère de l’Environnement organise, du lundi 12 au samedi 17 octobre 2026, des audiences publiques sur le projet de raffinerie d’alumine de Camalco, dans l’Adamaoua. La procédure avance. Mais la mine de bauxite censée alimenter l’usine n’a, elle, plus de date de première expédition.


Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (MINEPDED) l’a annoncé dans un communiqué public. Les audiences porteront sur le rapport d’étude d’impact environnemental et social de la future raffinerie de Camalco Cameroon. Cette société est une filiale de Canyon Resources, entreprise enregistrée en Australie. Le projet est lié au gisement de bauxite de Minim-Martap, dans la région de l’Adamaoua.


Ngaoundéré, Martap et les localités voisines


Les rencontres se tiendront à Ngaoundéré et à Martap. Des équipes mobiles iront aussi dans les localités voisines. Les habitants pourront lire le rapport et donner leur avis sur ses effets environnementaux et sociaux.


Il faut être précis sur la portée de l’exercice : cette étape ne vaut ni autorisation de construire, ni décision d’investissement. Elle ouvre la parole aux populations riveraines. Elle ne dit pas que l’usine se fera.


Une étude de faisabilité qui devait se boucler au troisième trimestre


Du côté de l’entreprise, le calendrier a déjà été annoncé. Dans une présentation d’avril 2025, Canyon disait préparer une étude de faisabilité bancaire pour une unité de 500 000 à 2 millions de tonnes d’alumine par an. En janvier 2026, cette étude était achevée à 45 %. En avril, le groupe visait une finalisation au troisième trimestre. Ce trimestre vient de s’achever, et nous n’avons pas d’information publique sur l’état final de l’étude.


2,4 millions de tonnes : le chiffre de l’État n’est pas celui de l’entreprise


Le gouvernement avance des chiffres plus élevés. Le 2 avril 2026, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) évoquait une raffinerie à Makor de 2,4 millions de tonnes par an, des travaux possibles en 2027 et un investissement de plus de 2 milliards de dollars.


Ces données sont celles de l’État. Rien n’indique qu’elles correspondent au projet examiné lors des audiences. L’écart entre la fourchette de Canyon (500 000 à 2 millions de tonnes) et le chiffre ministériel (2,4 millions) montre que le dimensionnement final reste à clarifier.


La mine de bauxite perd sa date de première expédition


C’est le point noir du dossier. En août 2026, Canyon a retiré sa prévision de premières expéditions de bauxite, qui étaient attendues au quatrième trimestre. Le groupe l’a fait dans un contexte d’incertitudes sur le financement et la logistique.


Cette décision touche d’abord l’extraction et l’exportation du minerai. Les études de la raffinerie se poursuivent. Mais une raffinerie a besoin de trois choses : de la bauxite, du transport et de l’énergie. Elle exige aussi un financement distinct de celui de la mine. Si la mine n’a pas de calendrier fiable, l’usine perd une partie de son socle.


L’enjeu : garder la valeur au Cameroun


La logique de l’État est claire. Le gouvernement veut transformer sur place une partie de la bauxite de Minim-Martap en alumine, la matière première de l’aluminium. Cette alumine pourrait approvisionner Alucam, le producteur d’aluminium primaire du pays, qui importe aujourd’hui l’alumine de ses cuves d’électrolyse. Le Cameroun garderait ainsi une plus grande part de la valeur, au lieu d’exporter du minerai brut.


De son côté, Canyon affirme que la bauxite de Minim-Martap est riche en alumine et pauvre en silice réactive, ce qui convient à plusieurs procédés de raffinage. C’est un argument de l’entreprise, qu’il faudra confronter aux études finales.


Ce qui reste à préciser


Quatre inconnues demeurent : le coût, le financement, le calendrier de construction et les caractéristiques techniques définitives de la raffinerie. Les audiences du 12 au 17 octobre permettront aux populations de s’exprimer sur l’impact du projet. Elles ne répondront pas à ces questions.




Camalco Alumina Refinery: Public Hearings Open in Cameroon, but the Bauxite Mine Still Has No Shipping Date


Cameroon’s Ministry of Environment is holding public hearings from Monday, October 12 to Saturday, October 17, 2026, on the Camalco alumina refinery project in the Adamawa region. The process is moving forward. But the bauxite mine meant to feed the plant no longer has a date for its first shipment.


Cameroon’s Ministry of Environment, Nature Protection and Sustainable Development (MINEPDED) announced the hearings in a public statement. They will focus on the environmental and social impact assessment report for the future Camalco Cameroon refinery. The company is a subsidiary of Canyon Resources, which is registered in Australia. The project is tied to the Minim-Martap bauxite deposit in Adamawa.


Ngaoundéré, Martap and neighbouring localities


The hearings will take place in Ngaoundéré and Martap, with mobile teams visiting nearby localities. Residents will be able to read the report and give their views on its environmental and social effects.


One point deserves precision: this stage is neither a construction permit nor an investment decision. It gives local communities a voice. It does not mean the plant will be built.


A feasibility study due for the third quarter


On the company side, the timeline has already been laid out. In an April 2025 presentation, Canyon said it was preparing a bankable feasibility study for a plant producing 500,000 to 2 million tonnes of alumina per year. By January 2026, the study was 45% complete. In April, the group aimed to finalise it in the third quarter. That quarter has just ended, and we have no public information on the study’s final status.


2.4 million tonnes: the State’s figure is not the company’s


The government cites higher numbers. On April 2, 2026, the Ministry of Mines, Industry and Technological Development (MINMIDT) described a refinery at Makor with a capacity of 2.4 million tonnes per year, possible works in 2027 and an investment of more than $2 billion.


These are the State’s figures. Nothing indicates they match the project being reviewed at the hearings. The gap between Canyon’s range (500,000 to 2 million tonnes) and the ministry’s 2.4 million tonnes shows that the final size is still to be clarified.


The mine loses its first-shipment date


This is the dark spot in the file. In August 2026, Canyon withdrew its forecast of first bauxite shipments, which had been expected in the fourth quarter. The group did so amid uncertainty over financing and logistics.


The decision hits mining and ore exports first. Refinery studies are continuing. But a refinery needs three things: bauxite, transport and power. It also needs financing separate from the mine’s. Without a reliable mine schedule, the plant loses part of its foundation.


The stake: keeping value in Cameroon


The State’s logic is clear. The government wants to process part of the Minim-Martap bauxite locally into alumina, the raw material for aluminium. That alumina could supply Alucam, the country’s primary aluminium producer, which currently imports the alumina for its smelting cells. Cameroon would thus keep a larger share of the value, instead of exporting raw ore.


For its part, Canyon says Minim-Martap bauxite is rich in alumina and low in reactive silica, which suits several refining processes. This is the company’s claim, and it will have to be tested against the final studies.


What remains to be settled


Four unknowns remain: cost, financing, construction schedule and the refinery’s final technical specifications. The October 12–17 hearings will let residents speak on the project’s impact. They will not answer those questions.


raffinerie d’alumine Cameroun, Camalco, Camalco Cameroon, Canyon Resources, bauxite Minim-Martap, Minim-Martap, Martap, Ngaoundéré, Adamaoua, audiences publiques, MINEPDED, étude d’impact environnemental et social, EIES, MINMIDT, mines Cameroun, bauxite Cameroun, alumine, aluminium, Alucam, transformation locale, Makor, raffinerie 2,4 millions de tonnes, investissement 2 milliards de dollars, étude de faisabilité bancaire, expéditions de bauxite, économie Cameroun, actualité Cameroun, mines et industrie, financement et logistique, valeur ajoutée locale


Mouahna Divine

Publicité