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Cameroun : les carburants de la police plongent la SCDP dans une crise à plusieurs milliards

Au Cameroun, 4,87 milliards FCFA dus à Neptune Oil, des stocks de sécurité épuisés et une dette liée aux carburants de la police relancent les questions sur la gestion publique.

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Cameroun : une dette de 4,87 milliards FCFA pour les carburants de la police, l’alerte de la SCDP relance les interrogations


Quatre ans après l’inscription d’un rapprochement comptable entre la Sonara et la DGSN dans la programmation budgétaire de l’État, la crise des stocks de carburants destinés à la police met en lumière des engagements financiers non réglés, des réserves de sécurité épuisées et des questions persistantes sur la traçabilité des prélèvements.


Une alerte sur les stocks pétroliers, une facture de plusieurs milliards de FCFA toujours impayée et une opération de rapprochement comptable programmée dès 2022 : au Cameroun, l’approvisionnement en carburants de la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN) soulève de nouvelles interrogations sur la gestion des finances publiques et la préservation des réserves stratégiques de l’État.


Le 6 octobre 2026, deux correspondances ont remis ce dossier au premier plan. Dans un courrier adressé au secrétaire général de la présidence de la République, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, signale une convention de 4,875 milliards de FCFA avec Neptune Oil, régulièrement ordonnancée mais toujours impayée. Le même jour, la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) annonce l’épuisement total de ses stocks de sécurité et réclame la restitution des quantités de carburants prélevées pour les besoins de la police.


Derrière cette situation se dessine une question centrale : comment les engagements financiers liés aux carburants consommés par la police ont-ils été suivis, rapprochés et exécutés, alors qu’un mécanisme de réconciliation entre la Société nationale de raffinage (Sonara) et la DGSN figurait déjà dans les documents budgétaires de l’État quatre ans plus tôt ?


Une opération comptable programmée dès août 2022


La piste remonte au cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) 2023-2025 du ministère des Finances (Minfi), daté du 26 août 2022.


Au sein du programme 034, consacré à la gestion budgétaire de l’État, l’activité référencée 5720F00260 prévoyait le suivi des consommations de carburant du ministère de la Défense (Mindef) ainsi que la « réconciliation des données financières et comptables entre la SONARA et la DGSN », au titre de la dette flottante.


Cette opération n’a pas disparu des documents de programmation. Elle figure également dans le CDMT 2024-2026 du Minfi, établi en mai 2023, sous la référence 5820F00260.


Dans les finances publiques, la dette flottante renvoie à des engagements financiers qui restent à régulariser ou à consolider, notamment des créances détenues par des fournisseurs et des prestataires de l’État.


Toutefois, les documents budgétaires consultés ne précisent ni le montant des engagements concernés par le rapprochement Sonara-DGSN ni les résultats auxquels cette opération aurait abouti. Ils ne permettent pas non plus d’établir un lien direct entre cette réconciliation comptable et la convention conclue ultérieurement avec Neptune Oil.


Cette distinction est essentielle : l’existence d’une activité budgétaire de rapprochement ne suffit pas à démontrer que les créances aujourd’hui signalées correspondent aux engagements examinés en 2022 et en 2023.


Neptune Oil : 4,875 milliards de FCFA ordonnancés mais non payés


Dans sa correspondance du 6 octobre 2026 adressée au secrétaire général de la présidence de la République, Gaston Eloundou Essomba détaille une convention signée entre le ministère des Finances et le distributeur pétrolier Neptune Oil.


D’un montant exact de 4 875 520 000 FCFA, cette convention porte sur le remplacement de 5 860 m³ de carburants, soit 5,86 millions de litres, consommés par la police au cours des années 2022 et 2023.


Selon le ministre, les sommes correspondantes ont été « régulièrement engagées, liquidées et ordonnancées », mais « demeurent à date impayées ».


En pratique, l’engagement, la liquidation et l’ordonnancement correspondent à différentes étapes de la procédure de dépense publique. L’ordonnancement constitue l’ordre donné à l’organisme chargé du paiement de régler la dépense, après sa validation administrative. Il ne signifie toutefois pas que le fournisseur a effectivement reçu les fonds.


Dans le cas présent, le processus n’avait donc pas débouché sur un règlement au 6 octobre 2026, malgré l’accomplissement des étapes administratives mentionnées par le ministre.


Cette convention faisait suite à une instruction du secrétaire général de la présidence de la République, datée du 14 juin 2024. Le ministère des Finances devait alors engager en urgence un distributeur pétrolier pour assurer l’approvisionnement de la police, dans l’attente de la reconstitution des stocks de sécurité.


Le non-paiement signalé plus de deux ans après cette instruction illustre les difficultés de financement d'un mécanisme destiné, à l’origine, à répondre à un besoin d’approvisionnement urgent.


Plus de 21 milliards FCFA de carburants consommés : attention aux amalgames


La correspondance ministérielle du 6 octobre avance également un montant nettement supérieur : 21 061 896 338 FCFA, correspondant à la valeur de 22 765 m³ de carburants consommés par la DGSN au 6 octobre 2026.


Cette somme doit cependant être interprétée avec prudence. Elle représente la valeur des produits prélevés, et non un état détaillé des factures impayées. Elle englobe notamment des carburants appartenant à des distributeurs pétroliers qui en réclament le remplacement auprès de la SCDP.


Il serait donc incorrect d’additionner automatiquement les 4,875 milliards de FCFA dus dans le cadre de la convention Neptune Oil aux 21,06 milliards de FCFA mentionnés par le ministre. Les documents disponibles ne précisent pas suffisamment le périmètre de chaque opération pour exclure un chevauchement.


La différence entre la valeur des carburants consommés, les sommes dues aux fournisseurs, les créances comptabilisées et les montants effectivement payés constitue ainsi un enjeu majeur de transparence financière.


Pour établir la situation exacte, il faudrait notamment disposer d’un état détaillé des enlèvements, des propriétaires des produits, des factures correspondantes, des règlements déjà effectués et des éventuels engagements restant à honorer.


La SCDP confirme 22,765 millions de litres prélevés


La lettre signée le même jour par Véronique Moampea Mbio, directrice générale de la SCDP, apporte un élément chiffré supplémentaire.


À la fin du mois de juillet 2026, les enlèvements de carburants effectués pour la police totalisaient :




  • 11 543 613 litres de super ;




  • 11 221 664 litres de gasoil.




Le volume cumulé atteint ainsi 22 765 277 litres, soit environ 22 765 m³.


Ce chiffre correspond, à l’arrondi près, au volume de 22 765 m³ mentionné par le ministre de l’Eau et de l’Énergie dans sa correspondance du 6 octobre.


Cette concordance confirme l’ampleur des prélèvements recensés. Elle laisse néanmoins une question ouverte : comment les consommations ont-elles évolué entre la fin juillet et le début du mois d’octobre, alors que les deux documents font état de volumes pratiquement identiques malgré plus de deux mois d’écart ?


Les relevés détaillés des mouvements de stocks permettraient de vérifier si le chiffre ministériel reprend l’état arrêté à fin juillet ou s’il intègre effectivement les consommations intervenues jusqu’au 6 octobre.


Les stocks de sécurité sont épuisés


Dans sa correspondance, la SCDP annonce « l’épuisement total des stocks de sécurité » et demande la restitution des quantités consommées avant toute reprise des prélèvements au profit de la police.


La société réclame également la désignation officielle des responsables habilités à signer les documents d’enlèvement dans ses dépôts. Cette demande touche directement à la traçabilité des opérations et à l’identification des agents autorisés à engager les mouvements de produits pétroliers.


À ces préoccupations s’ajoute une facture de 204 887 493 FCFA au titre des frais de passage, calculés à raison de 9 FCFA par litre hors taxes.


Ces frais rémunèrent les prestations de stockage et de manutention assurées par la SCDP. Ils sont distincts de la valeur des carburants eux-mêmes et ne doivent donc pas être confondus avec les sommes réclamées au titre du remplacement des produits consommés.


La situation met ainsi en évidence plusieurs niveaux de responsabilité financière : le coût des carburants prélevés, les obligations de remplacement des produits appartenant aux distributeurs, les frais logistiques de la SCDP et les paiements que l’État doit encore effectuer.


Tradex proposée pour reprendre l’approvisionnement de la police


Face aux difficultés de reconstitution des réserves, Gaston Eloundou Essomba estime que le dispositif d’approvisionnement de la police par un distributeur privé est « structurellement inopérant ».


Le ministre invoque notamment les tensions de trésorerie de l’État et la dépendance des distributeurs pétroliers aux financements bancaires de court terme. Dans un tel contexte, les retards de paiement peuvent compliquer le renouvellement des stocks et fragiliser la continuité des approvisionnements.


Pour sortir de cette impasse, il propose de confier l’approvisionnement de la DGSN à Tradex, entreprise déjà chargée de celui du ministère de la Défense dans un dispositif étendu à la Garde présidentielle.


La proposition vise à revoir le mécanisme d’approvisionnement de la police plutôt qu’à maintenir un dispositif dont le financement et la reconstitution des stocks semblent rencontrer des difficultés persistantes.


Le courrier du ministre sollicite cependant des instructions de la présidence de la République. Il ne fait état d’aucune décision définitive autorisant le transfert de cette mission à Tradex.


Ce que prévoit la réglementation sur les stocks de sécurité


Au-delà des difficultés de paiement, le dossier soulève la question du cadre réglementaire applicable aux réserves pétrolières stratégiques.


L’arrêté n° 023/MINMEE du 28 septembre 2001 prévoit le maintien des stocks de sécurité à un niveau représentant au moins trente jours de consommation, par catégorie de produit et par zone géographique.


Ces réserves appartiennent à l’État et sont destinées à préserver l’approvisionnement en cas de force majeure. Elles se distinguent des stocks-outils détenus par les opérateurs pétroliers, dont le minimum réglementaire correspond à quinze jours de consommation.


Le texte encadre également les conditions de prélèvement. L’utilisation des stocks de sécurité est soumise à l’accord préalable du ministre chargé des produits pétroliers. Parmi les circonstances susceptibles de justifier leur mobilisation figurent les catastrophes naturelles, les ruptures de pont et l’épuisement imprévu des stocks-outils.


L’autorisation doit prendre la forme d’une lettre ministérielle délivrée à la demande de la société de stockage. Elle doit notamment préciser les délais prévisibles de reconstitution des réserves.


L’arrêté prévoit par ailleurs la remise en place des stocks dans les trente jours suivant le retour à la normale constaté par l’administration compétente.


Dans sa lettre, la SCDP invoque un « Très Haut Accord » de la présidence de la République pour expliquer les prélèvements effectués au profit de la police. Elle ne cite toutefois aucune référence d’autorisation ministérielle de prélèvement.


Cette absence de référence dans la correspondance ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’aucune autorisation n’a été délivrée. La production des lettres d’autorisation permettrait de vérifier les conditions dans lesquelles les réserves ont été mobilisées, les quantités autorisées et les délais de reconstitution prescrits.


Des obligations de contrôle et de transmission des données


La réglementation de 2001 prévoit également la transmission mensuelle au ministère chargé des produits pétroliers des mouvements de stocks et des copies des éventuelles autorisations de prélèvement, au plus tard le 20 du mois suivant.


Elle impose aussi des contrôles physiques trimestriels, comprenant le jaugeage des réservoirs et l’établissement d’un rapport conjoint.


À ce titre, les états relatifs aux mouvements de juillet 2026 devaient être transmis au plus tard le 20 août 2026. Leur examen permettrait de confronter les volumes comptabilisés aux quantités effectivement présentes dans les dépôts et aux autorisations délivrées.


La SCDP rappelle enfin deux correspondances antérieures adressées à la DGSN, les 13 mars 2024 et 26 juin 2025. Le contenu de ces lettres et les suites qui leur ont été réservées restent à établir.


Un dossier qui appelle des clarifications documentées


L’alerte du 6 octobre 2026 ne constitue pas le point de départ du dossier. Les documents budgétaires du Minfi montrent qu’un rapprochement des données financières et comptables entre la Sonara et la DGSN était déjà programmé en 2022, puis reconduit en 2023.


Mais plusieurs éléments restent à établir pour reconstituer précisément la chaîne des responsabilités : les résultats de ce rapprochement comptable, le détail des créances liées aux carburants consommés par la police, les justificatifs des prélèvements effectués sur les stocks de sécurité, les autorisations administratives correspondantes et le calendrier de reconstitution des réserves.


Les relevés de stocks, les états de consommation, les factures des distributeurs, les preuves de paiement et les correspondances échangées entre les administrations concernées permettraient de distinguer les engagements budgétaires des dettes effectivement exigibles et des montants déjà réglés.


En attendant ces clarifications, trois faits ressortent des documents cités : une convention de 4,875 milliards de FCFA demeure impayée, la valeur des carburants consommés par la police est estimée à plus de 21 milliards de FCFA et la SCDP affirme que ses stocks de sécurité sont totalement épuisés.


Au Cameroun, l’enjeu dépasse désormais la seule facture pétrolière. Il concerne à la fois la continuité de l’approvisionnement des forces de sécurité, la protection des réserves stratégiques de l’État et la capacité des administrations à assurer un suivi comptable transparent des produits prélevés et des engagements financiers associés.




Cameroon: Police Fuel Supplies Trigger a Multi-Billion CFA Franc Crisis at SCDP


Four years after Cameroon’s Ministry of Finance scheduled an accounting reconciliation between Sonara and the national police, a fuel supply crisis has brought unpaid financial commitments, depleted strategic reserves and questions over the traceability of fuel withdrawals back into focus.


An alert over petroleum stocks, an unpaid bill worth billions of CFA francs and an accounting reconciliation scheduled as early as 2022: in Cameroon, fuel supplies to the General Delegation for National Security (DGSN) are raising fresh questions about public financial management and the protection of the state’s strategic reserves.


On October 6, 2026, two official letters brought the issue back into the spotlight. In a letter addressed to the Secretary-General of the Presidency of the Republic, Minister of Water and Energy Gaston Eloundou Essomba reported that a CFAF 4.875 billion agreement with Neptune Oil had been formally authorized for payment but remained unpaid. On the same day, the Cameroon Petroleum Depots Company (SCDP) announced that its emergency security stocks had been completely depleted and demanded the replenishment of the fuel withdrawn for police operations.


The situation raises a central question: how have financial commitments relating to fuel consumed by the police been monitored, reconciled and settled when an accounting reconciliation mechanism between the National Refining Company (Sonara) and the DGSN had already appeared in government budget documents four years earlier?


An accounting reconciliation scheduled in August 2022


The paper trail leads back to the Ministry of Finance’s Medium-Term Expenditure Framework (MTEF) for 2023–2025, dated August 26, 2022.


Under Programme 034, which covers government budget management, activity reference 5720F00260 provided for monitoring fuel consumption by the Ministry of Defence (Mindef) and the “reconciliation of financial and accounting data between SONARA and the DGSN” under the heading of floating debt.


The operation was retained in subsequent budget planning documents. It also appeared in the Ministry of Finance’s 2024–2026 MTEF, prepared in May 2023, under reference 5820F00260.


In public finance, floating debt refers to financial commitments that have yet to be fully regularized or consolidated, including claims held by government suppliers and service providers.


However, the budget documents do not specify the amount covered by the Sonara–DGSN reconciliation or disclose its results. Nor do they establish a direct link between that accounting exercise and the agreement subsequently concluded with Neptune Oil.


This distinction matters: the inclusion of a reconciliation activity in budget planning documents does not, by itself, prove that the claims now being reported are the same commitments examined in 2022 and 2023.


Neptune Oil: CFAF 4.875 billion authorized for payment but still unpaid


In his October 6, 2026 letter to the Secretary-General of the Presidency, Gaston Eloundou Essomba detailed an agreement signed between the Ministry of Finance and petroleum distributor Neptune Oil.


The agreement, worth exactly CFAF 4,875,520,000, covers the replacement of 5,860 cubic metres of fuel, equivalent to 5.86 million litres, consumed by the police in 2022 and 2023.


According to the minister, the amount had been “regularly committed, verified and authorized for payment” but “remains unpaid to date.”


In public expenditure procedures, commitment, verification and authorization for payment are distinct administrative stages. Authorization for payment constitutes an instruction to the paying authority to settle an expenditure after administrative validation. It does not mean that the supplier has actually received the money.


In this case, the administrative process had therefore not resulted in payment by October 6, 2026, despite the completion of the stages cited by the minister.


The agreement followed an instruction issued on June 14, 2024, by the Secretary-General of the Presidency. The Ministry of Finance was directed to urgently appoint a petroleum distributor to supply the police while awaiting the replenishment of emergency security stocks.


The reported non-payment, more than two years after that instruction, highlights the financing difficulties affecting a mechanism originally intended to address an urgent fuel supply requirement.


More than CFAF 21 billion in fuel consumed: why the figures must not be conflated


The ministerial letter of October 6 also cites a significantly higher amount: CFAF 21,061,896,338, representing the value of 22,765 cubic metres of fuel consumed by the DGSN as of October 6, 2026.


This figure must be interpreted carefully. It represents the value of the products withdrawn, not a detailed statement of unpaid invoices. It includes fuel belonging to petroleum distributors who are seeking replacement products from SCDP.


It would therefore be incorrect to automatically add the CFAF 4.875 billion owed under the Neptune Oil agreement to the CFAF 21.06 billion cited by the minister. The available documents do not define the scope of each operation sufficiently to rule out an overlap.


The distinction between the value of fuel consumed, amounts owed to suppliers, recorded claims and sums actually paid is a major public financial transparency issue.


Establishing the exact position would require a detailed statement of withdrawals, ownership of the products, corresponding invoices, payments already made and outstanding financial commitments.


SCDP confirms that 22.765 million litres were withdrawn


A letter signed on the same day by SCDP Managing Director Véronique Moampea Mbio provides additional figures.


By the end of July 2026, fuel withdrawals for police operations amounted to:




  • 11,543,613 litres of premium motor spirit (petrol);




  • 11,221,664 litres of diesel.




The combined volume reached 22,765,277 litres, or approximately 22,765 cubic metres.


This figure corresponds, after rounding, to the 22,765 cubic metres cited by the Minister of Water and Energy in his October 6 letter.


The figures confirm the scale of the recorded withdrawals. However, they leave an important question unanswered: how did consumption evolve between the end of July and early October, given that the two documents report virtually identical volumes despite being issued more than two months apart?


Detailed stock movement records would help establish whether the ministerial figure refers to the position at the end of July or includes consumption through October 6.


Emergency security stocks completely depleted


In its letter, SCDP announced the “total depletion of security stocks” and demanded the replacement of the quantities consumed before any further withdrawals for police operations could resume.


The company also requested the official designation of personnel authorized to sign withdrawal documents at its depots. This requirement directly concerns operational traceability and the identification of officials empowered to authorize petroleum product movements.


The company additionally reported an invoice of CFAF 204,887,493 for handling and storage services, calculated at CFAF 9 per litre, excluding VAT.


These charges cover storage and handling services provided by SCDP. They are separate from the value of the fuel itself and must not be confused with amounts claimed for the replacement of consumed products.


The situation therefore involves several distinct financial obligations: the value of the fuel withdrawn, the replacement of products belonging to distributors, SCDP’s logistical charges and the payments still due from the state.


Tradex proposed to take over police fuel supplies


Faced with difficulties in replenishing the reserves, Gaston Eloundou Essomba described the mechanism for supplying the police through a private distributor as “structurally ineffective.”


The minister cited the state’s cash-flow constraints and distributors’ dependence on short-term bank financing. Under such conditions, delayed payments can make it more difficult to replenish supplies and threaten the continuity of fuel deliveries.


To address the problem, he proposed assigning fuel supplies to the DGSN to Tradex, a company already responsible for supplying the Ministry of Defence under a system extended to the Presidential Guard.


The proposal would change the police supply mechanism rather than maintain a system that appears to face persistent financing and stock-replenishment difficulties.


However, the minister’s letter requests instructions from the Presidency of the Republic. It does not announce a final decision authorizing the transfer of this responsibility to Tradex.


What Cameroon’s regulations say about security stocks


Beyond the payment difficulties, the case raises questions about the regulatory framework governing the country’s strategic petroleum reserves.


Order No. 023/MINMEE of September 28, 2001, requires security stocks to be maintained at a level equivalent to at least 30 days of consumption, for each product category and geographical area.


These reserves belong to the state and are intended to safeguard supplies in the event of force majeure. They are distinct from the operational stocks held by petroleum operators, for which the regulatory minimum corresponds to 15 days of consumption.


The order also regulates withdrawals. The use of security stocks requires prior approval from the minister responsible for petroleum products. Circumstances that may justify their use include natural disasters, bridge failures and the unexpected depletion of operational stocks.


Authorization must take the form of a ministerial letter issued at the request of the storage company. It must specify, among other things, the anticipated timeframe for replenishing the reserves.


The regulation also provides for the restoration of stocks within 30 days after the competent administration has established that normal conditions have returned.


In its letter, SCDP refers to a “Very High-Level Approval” from the Presidency of the Republic to explain the withdrawals made for police operations. However, it does not cite a specific ministerial authorization for those withdrawals.


The absence of such a reference in the letter does not, by itself, establish that no authorization was issued. Producing the relevant authorization letters would make it possible to verify the conditions under which the reserves were used, the quantities authorized and the replenishment deadlines imposed.


Reporting requirements and physical stock inspections


The 2001 regulation also requires monthly reports on stock movements, together with copies of any withdrawal authorizations, to be submitted to the ministry responsible for petroleum products no later than the 20th day of the following month.


It also requires quarterly physical inspections, including tank gauging and the preparation of a joint report.


Accordingly, records covering stock movements in July 2026 were due by August 20, 2026. Examining those records would make it possible to compare recorded volumes with the quantities physically held in the depots and the authorizations issued.


SCDP also refers to two earlier letters sent to the DGSN, dated March 13, 2024, and June 26, 2025. The contents of those letters and the action taken in response remain to be established.


A case requiring documentary clarification


The October 6, 2026 alert did not mark the beginning of the issue. Ministry of Finance budget documents show that a reconciliation of financial and accounting data between Sonara and the DGSN was already scheduled in 2022 and retained in the 2023 planning framework.


Several elements nevertheless remain unclear: the outcome of that reconciliation, the breakdown of claims relating to fuel consumed by the police, the supporting documents for withdrawals from security stocks, the corresponding administrative authorizations and the timetable for replenishing the reserves.


Stock records, consumption statements, distributor invoices, payment evidence and correspondence between the administrations concerned would help distinguish budget commitments from enforceable debts and amounts already settled.


For now, three facts stand out from the documents cited: an agreement worth CFAF 4.875 billion remains unpaid, the value of fuel consumed by the police is estimated at more than CFAF 21 billion, and SCDP says its security stocks have been completely depleted.


In Cameroon, the issue now goes beyond a petroleum bill. It concerns the continuity of fuel supplies to security forces, the protection of the state’s strategic reserves and the ability of public administrations to maintain transparent accounting records of withdrawn products and the associated financial commitments.


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Ange NGO

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