CFC freine la descente aux enfers : pertes divisées par cinq en 2025
La Compagnie fermière du Cameroun (CFC), filiale de la Société anonyme des boissons du Cameroun (SABC), a ramené sa perte nette à 484,8 millions de FCFA en 2025, contre 2,46 milliards un an plus tôt. Soit une réduction spectaculaire de 80,3 %. Le chiffre d’affaires hors taxes s’est établi à 14,38 milliards de FCFA.
L’amélioration est nette. Elle reste pourtant insuffisante pour sortir du rouge. CFC avait déjà enregistré 2,99 milliards de pertes en 2023 et 3,81 milliards en 2022. Sur les quatre exercices 2022-2025, le cumul des déficits atteint environ 9,74 milliards de FCFA.
Autre fait marquant : le capital social a été fortement réduit, passant de 19,50 milliards de FCFA en 2024 à 6,49 milliards en 2025. Une baisse de 13,01 milliards (66,7 %). Les documents disponibles ne précisent pas la nature exacte de l’opération. Impossible, à ce stade, d’affirmer qu’elle découle directement des pertes accumulées.
Depuis novembre 2021, CFC exploite une maïserie à Mbankomo, près de Yaoundé, fruit d’un investissement annoncé de 18 milliards de FCFA. L’unité devait transformer jusqu’à 60 000 tonnes de maïs brut par an pour produire environ 30 000 tonnes de gritz destinés notamment à la bière. Son démarrage a coïncidé avec une chute brutale des importations camerounaises de maïs : de 34 100 tonnes en 2021 à 12 200 tonnes en 2022 (-64,4 %), selon le rapport 2022 du Comité de compétitivité.
Quatre ans plus tard, l’usine se rapproche de l’équilibre. Mais CFC reste déficitaire de près de 485 millions de FCFA, après avoir perdu près de 9,3 milliards sur les trois exercices précédents.
Banane-plantain : 150 milliards de FCFA en ligne de mire, mais pas encore en Bourse
Pendant ce temps, la Filière banane-plantain du Cameroun (FBPC) affiche une ambition d’une tout autre dimension. Elle veut mobiliser 150 milliards de FCFA sur le marché financier régional pour créer Banane-Plantain S.A., une société commerciale destinée à acheter contractuellement la production des planteurs et à la commercialiser sur le marché local, auprès des exportateurs et des industriels.
Le 10 septembre 2026 à Douala, le président de la FBPC, Samuel Tony Obam Bikoué, a rencontré la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), des sociétés de Bourse et d’autres acteurs. Louis Banga Ntolo, directeur général de la BVMAC, a qualifié cette étape de simple « consultation ». Les travaux doivent d’abord déboucher sur des recommandations.
Le schéma présenté prévoit 300 millions d’actions à 500 FCFA l’unité, soit exactement 150 milliards de FCFA. Des informations antérieures avaient évoqué 300 000 actions (soit seulement 150 millions de FCFA). La version retenue aujourd’hui correspond bien à l’objectif de 150 milliards.
Les producteurs détiendraient 25 % du capital. Les 75 % restants seraient ouverts aux particuliers, à la diaspora, aux États de la CEMAC, aux banques et aux investisseurs institutionnels. La structure serait une société à capital variable, avec possibilité d’apports en nature (terrains, matériels agricoles) et, à terme, de filiales dans les cinq autres pays de la CEMAC.
Tony Obam a fixé un horizon de six mois pour conduire la société vers la Bourse. Ce n’est pas la première fois que la filière annonce des montants élevés : en 2023, les Services du Premier ministre parlaient déjà de 70 milliards de FCFA d’investissements attendus. Aucune source publique ne permet de mesurer ce qui a réellement été mobilisé depuis. En mai 2024, la FBPC a signé une convention-cadre avec La Régionale Bank pour le financement des acteurs de la filière.
À Messamena, une plantation pilote de 50 hectares et la mise en terre de 25 000 vitroplants sont également prévues. Pour l’heure, les 150 milliards de FCFA restent un objectif de mobilisation, pas une levée déjà réalisée.
Deux signaux contrastés de l’agro-industrie camerounaise : d’un côté, une filiale de SABC qui freine enfin ses pertes après des années de saignée ; de l’autre, une filière banane-plantain qui rêve grand et se rapproche prudemment du marché financier régional. L’équilibre reste à trouver. Les prochains mois diront si les ambitions se traduisent en chiffres concrets.
CFC Cuts Losses by 80% in 2025 as Cameroon’s Banana-Plantain Sector Eyes 150 Billion FCFA Listing
The Compagnie fermière du Cameroun (CFC), a subsidiary of Société anonyme des boissons du Cameroun (SABC), reduced its net loss to 484.8 million FCFA in 2025, down from 2.46 billion the previous year — an 80.3% improvement. Turnover excluding taxes reached 14.38 billion FCFA.
The recovery is clear but incomplete. CFC still posted losses of 2.99 billion FCFA in 2023 and 3.81 billion in 2022. Cumulative deficits over the four financial years 2022–2025 total approximately 9.74 billion FCFA.
Share capital was sharply reduced from 19.50 billion FCFA in 2024 to 6.49 billion in 2025 — a drop of 13.01 billion FCFA, or 66.7%. Available documents do not specify the nature of the operation, making it impossible to confirm whether the reduction is directly linked to accumulated losses.
Since November 2021, CFC has operated a maize mill in Mbankomo, near Yaoundé, following an announced 18-billion-FCFA investment. The plant was designed to process up to 60,000 tonnes of raw maize annually into around 30,000 tonnes of grits, mainly for beer production. Its launch coincided with a sharp fall in Cameroonian maize imports — from 34,100 tonnes in 2021 to 12,200 tonnes in 2022 (−64.4%), according to the 2022 competitiveness report.
Four years on, the mill is closer to break-even. CFC remains in the red by nearly 485 million FCFA after losing close to 9.3 billion over the previous three years.
Meanwhile, the Cameroon Banana-Plantain Sector (FBPC) is pursuing a far larger ambition: raising 150 billion FCFA on the regional capital market to create Banane-Plantain S.A., a commercial company that would buy produce from growers under contract and market it locally, to exporters and processing industries.
On 10 September 2026 in Douala, FBPC chairman Samuel Tony Obam Bikoué met the Central African Stock Exchange (BVMAC), brokerage firms and other stakeholders. BVMAC managing director Louis Banga Ntolo described the meeting as a “consultation.” Recommendations must come first.
The proposed structure involves 300 million shares at 500 FCFA each, equalling 150 billion FCFA. Earlier reports mentioning 300,000 shares would have raised only 150 million FCFA; the figure now circulating aligns with the 150-billion target.
Growers would hold 25% of the capital. The remaining 75% would be open to individuals, the diaspora, CEMAC states, banks and institutional investors. The company would be variable-capital, allowing contributions in kind (land, agricultural equipment) and, later, subsidiaries in the other five CEMAC countries.
Tony Obam has set a six-month timeline to take the company to the stock market. This is not the first large figure attached to the sector: in 2023, the Prime Minister’s Office spoke of 70 billion FCFA in expected investments. Public sources do not show how much of that amount was actually raised. In May 2024, FBPC signed a framework agreement with La Régionale Bank to finance sector actors.
A 50-hectare pilot plantation and 25,000 tissue-culture plantlets are also planned at Messamena. For now, the 150 billion FCFA remains a fundraising target, not money already raised.
Two contrasting signals from Cameroon’s agro-industry: a SABC subsidiary finally slowing its losses after years of heavy deficits, and a banana-plantain sector aiming high while approaching the regional capital market with caution. The coming months will show whether ambitions turn into concrete results.
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Silognhia Edwige