Nigeria-USA : accord de 700 milliards de dollars sur les minerais – un deal historique… mais Shehu Sani tire la sonnette d’alarme
C’est un coup de tonnerre dans le monde des ressources naturelles africaines. Le gouvernement nigérian et l’administration américaine ont signé un accord-cadre visant à débloquer les investissements américains dans l’exploitation des ressources minières du Nigeria, estimées à 700 milliards de dollars. L’annonce, rapportée par le quotidien nigérian Leadership et confirmée par plusieurs médias nationaux, a été faite en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York.
Le ministre du Développement des ressources minérales solides, Dele Alake, n’a pas mâché ses mots : « Il s’agit d’une étape importante pour renforcer la coopération entre le Nigeria et les États-Unis dans le domaine des ressources naturelles. Le montant est évalué à 700 milliards de dollars. Ce cadre couvre les données géologiques et l’exploration, le développement et la transformation des ressources minières, les infrastructures et les capacités techniques. »
Concrètement, ce n’est pas un chèque de 700 milliards de dollars qui tombe demain. Il s’agit d’un cadre de coopération destiné à attirer les investissements américains dans le secteur des minerais solides nigérians – lithium, or, terres rares, uranium et bien d’autres – et à faire passer le pays du statut d’exportateur de matières premières brutes à celui de producteur à valeur ajoutée. Alake a insisté : le Nigeria ne veut plus servir de simple réservoir de matières premières pendant que d’autres pays capturent la majeure partie de la valeur.
L’accord a été paraphé à la Mission du Nigeria à New York par Dele Alake et le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau. Washington voit dans le Nigeria une puissance régionale et un partenaire stratégique pour sécuriser ses chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, surtout dans le contexte de la transition énergétique mondiale.
Mais l’opposition ne lâche rien
Tout le monde ne chante pas les louanges de ce deal. L’ancien sénateur et défenseur des droits de l’homme Shehu Sani, figure de l’opposition, a immédiatement réagi sur X. Il salue l’annonce comme « une réalisation digne d’éloges », mais exige plus de transparence.
« Les modalités de l’accord devaient être rendues publiques à l’avance afin qu’un débat puisse au moins avoir lieu au parlement. Nous devons nous assurer que nos intérêts nationaux et ceux des communautés locales seront garantis. Étant donné que la plupart des régions qui recèlent des gisements de lithium, d’or, de terres rares et d’uranium sont infestées de bandits, les questions de sécurité doivent être examinées. Ce n’est pas simplement une question économique, c’est une question de souveraineté. »
Le message est clair : un accord de cette envergure ne peut pas se contenter d’être signé en coulisses. Les communautés hôtes, souvent situées dans des zones instables, doivent être protégées. La sécurité, la redistribution des bénéfices et le contrôle national des ressources stratégiques restent des lignes rouges.
Ce que cela change vraiment
Pour le Nigeria, ce cadre s’inscrit dans l’agenda « Renewed Hope » du président Bola Tinubu, qui vise à diversifier l’économie au-delà du pétrole. Le pays veut développer le raffinage local, créer des emplois qualifiés et renforcer les compétences techniques. Pour les États-Unis, c’est une occasion de réduire la dépendance vis-à-vis de certains fournisseurs asiatiques et de s’ancrer davantage en Afrique de l’Ouest.
Pourtant, les défis restent immenses : insécurité dans les zones minières, manque d’infrastructures, besoin de données géologiques fiables et nécessité d’éviter que l’accord ne se limite à un simple remplacement d’intérêts chinois par des intérêts américains.
L’histoire est encore en train de s’écrire. Dans les mois à venir, le cadre devra se traduire en projets concrets, en investissements réels et en retombées tangibles pour les Nigérians. Sinon, les 700 milliards de dollars resteront une promesse sur papier.
Une chose est certaine : le Nigeria a mis le pied sur l’accélérateur de ses ressources minières. Reste à savoir si le volant restera fermement entre ses mains.
*Sources : déclarations du ministre Dele Alake, réactions de Shehu Sani, rapports des médias nigérians (Leadership, Punch, The Guardian Nigeria, ThisDay) – septembre 2026.*
Nigeria-US: $700 Billion Minerals Framework Signed – Historic Deal, But Shehu Sani Sounds the Alarm
It is a thunderclap in Africa’s natural resources landscape. The Nigerian government and the United States administration have signed a framework agreement aimed at unlocking American investment in Nigeria’s solid minerals sector, valued at an estimated $700 billion. The announcement, first reported by the Nigerian daily Leadership and confirmed by multiple national outlets, was made on the sidelines of the 81st United Nations General Assembly in New York.
Minister of Solid Minerals Development Dele Alake was clear: “This is an important step in strengthening Nigeria-US cooperation around our mineral resources, valued at about $700 billion. The framework covers geological data and exploration, mineral development and processing, infrastructure, and technical capacity.”
This is not a $700 billion cheque arriving tomorrow. It is a cooperation framework designed to attract US investment into Nigeria’s solid minerals – lithium, gold, rare earths, uranium and more – and to move the country from being a raw materials exporter to a player that captures more value through local processing. Alake stressed that Nigeria no longer wants to remain a mere source of raw materials while others capture most of the value.
The agreement was signed at Nigeria’s Mission House in New York by Dele Alake and US Deputy Secretary of State Christopher Landau. Washington sees Nigeria as a regional power and a strategic partner for securing critical mineral supply chains, particularly in the context of the global energy transition.
Opposition raises the red flag
Not everyone is celebrating. Former senator and human rights activist Shehu Sani, a prominent opposition voice, reacted quickly on X. He described the deal as “a commendable achievement” but demanded greater transparency.
“The details of the deal should have been made public earlier so that at least a debate could take place in parliament. We must ensure that our national interests and those of local communities are protected. Given that most of the regions that hold deposits of lithium, gold, rare earths and uranium are plagued by bandits, security issues must be examined. This is not simply an economic matter; it is a sovereignty issue.”
The message is unambiguous: an agreement of this magnitude cannot be signed behind closed doors. Host communities, many located in unstable areas, must be safeguarded. Security, benefit-sharing and national control over strategic resources remain non-negotiable.
What this really changes
For Nigeria, the framework fits into President Bola Tinubu’s “Renewed Hope” agenda of economic diversification beyond oil. The country wants to develop local refining, create quality jobs and build technical skills. For the United States, it is an opportunity to reduce dependence on certain Asian suppliers and deepen its footprint in West Africa.
Yet the challenges remain huge: insecurity in mining zones, infrastructure gaps, the need for reliable geological data, and the risk that the deal becomes little more than a swap of Chinese interests for American ones.
The story is still being written. In the coming months, the framework must translate into concrete projects, real investments and tangible benefits for Nigerians. Otherwise, the $700 billion figure will remain a paper promise.
One thing is certain: Nigeria has put its foot on the accelerator of its mineral resources. The question now is whether the steering wheel will stay firmly in its hands.
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Moussa Nassourou