Téhéran sous pression : la banque iranienne gèle les comptes du pétrole pendant que Trump et Oman jouent au poker dans le détroit d’Ormuz
Camerounais, ouvrez grand les oreilles. Pendant que le pétrole fait grimper le prix du litre à Douala et Yaoundé, l’Iran est en train de vivre un séisme interne et externe qui pourrait faire exploser le marché mondial d’un jour à l’autre.
La Banque de l’industrie et des mines, établissement public iranien, a purement et simplement gelé les comptes de la Compagnie nationale iranienne du pétrole. Motif officiel : arriérés de paiement. L’agence Fars a révélé l’affaire. Ironie du sort : le président du conseil d’administration de cette banque est nommé par le ministère de l’Économie. Et ce gel tombe alors qu’une disposition de la loi de finances donnait jusqu’au 20 mars 2027 à la compagnie pétrolière pour rembourser sa dette. Autant dire que quelqu’un a décidé de serrer la vis à Téhéran… de l’intérieur.
Pendant ce temps, de l’autre côté de l’océan, les États-Unis continuent de frapper. Le 29 juillet, Washington a inscrit dix entités et huit pétroliers sur sa liste noire, accusés de faciliter le passage du pétrole iranien par le détroit d’Ormuz. Le message est clair : on vous étouffe.
Mais le vrai théâtre d’opérations, c’est le détroit d’Ormuz, cette artère vitale par où transite une bonne partie du pétrole mondial. Donald Trump a sorti le grand jeu. Mardi soir, avant de quitter Los Angeles, il a déclaré : « Nous avançons très bien. Nous saurons dans les 48 heures. Cela pourrait arriver demain ou après-demain. Des progrès significatifs ont été réalisés. » Il a même affirmé que les représentants américains et iraniens avaient passé « une très bonne journée de négociations ».
Sauf que Téhéran, lui, nie catégoriquement l’existence de négociations directes avec Washington. L’Iran parle uniquement de consultations avec Oman sur la navigation dans le détroit. Selon CNN, qui cite un haut responsable d’un pays du Golfe, la probabilité d’un accord d’ici vendredi n’est que de 50 %. Et il y a un détail qui pèse lourd : la délégation iranienne ne comprend aucun représentant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Or, sans le feu vert des Gardiens, un accord intérimaire risque de rester lettre morte.
La radiotélévision publique iranienne a été claire : l’accord avec Oman ne prévoit pas la réouverture immédiate du détroit. « Le détroit restera fermé si les États-Unis continuent de violer les accords et de poursuivre leur agression contre l’Iran. » De son côté, Press TV révèle qu’Iran et Oman préparent un « corridor central » temporaire (deux mois ou plus). Une fois ce nouveau passage opérationnel, les routes nord et sud seraient fermées. Objectif affiché : empêcher que le détroit ne serve encore d’instrument de pression contre Téhéran.
Sur le terrain, les Américains ne restent pas les bras croisés. Le Centcom a annoncé avoir facilité le passage de plus de 1 000 navires en trois mois. Au 4 août, 45 navires marchands ont été réorientés, deux mis hors d’état de naviguer et deux arraisonnés depuis la reprise du blocus des ports iraniens le 14 juillet. Marco Rubio, secrétaire d’État, a reconnu des « progrès » mais pas encore de décision finale. Il a néanmoins affirmé que « le détroit était ouvert » et que du pétrole transitait déjà.
Trump va plus loin. Dans un entretien à Fox News, il a martelé : « Le détroit sera ouvert très bientôt, sinon ils subiront un coup violent, et ensuite le détroit sera ouvert. » Il a aussi promis que le renoncement de l’Iran à l’arme nucléaire serait « formellement acté ». Rubio a précisé l’ordre des priorités : d’abord la navigation dans le détroit, ensuite le nucléaire.
Pendant que les grands joueurs s’affrontent, les Houthis yéménites, eux, frappent. Leur porte-parole militaire Yahya Saree a revendiqué une attaque aux missiles balistiques contre le pétrolier saoudien Wafa, près de Yanbu, dans le nord de la mer Rouge. Selon lui, huit pétroliers saoudiens ont déjà été touchés depuis le 22 juillet, et 29 autres ont été forcés de changer de cap. Les rebelles menacent d’étendre le blocus vers le nord pour couper toutes les routes saoudiennes. « Blocus pour blocus », clament-ils.
Côté pertes humaines, le Pentagone a publié des chiffres glaçants : 687 soldats américains blessés depuis le début des opérations contre l’Iran le 28 février. Dont 417 blessés et 14 tués pendant l’opération « Fureur épique » (terminée le 5 mai). Depuis le 7 juillet, 4 morts et 270 blessés supplémentaires sont comptabilisés dans des opérations à l’étranger non précisées.
Le détroit d’Ormuz, c’est le cœur du pétrole mondial. Quand il tousse, le prix du carburant grimpe jusqu’à Douala, Yaoundé et partout ailleurs. Trump promet un accord dans 48 heures. L’Iran et Oman préparent leur propre corridor. Les Gardiens de la Révolution n’ont pas encore dit leur dernier mot. Les Houthis continuent de tirer. Et la Banque iranienne a déjà gelé les comptes du pétrole.
Camerounais, tenez-vous prêts. Dans les prochaines heures, le Golfe peut basculer. Et le prix du litre aussi.
Iran: Oil Accounts Frozen, Strait of Hormuz on Edge, Trump Promises Deal “Within 48 Hours” – Gulf on the Brink
While the world watches the price of oil, Iran is facing simultaneous internal and external pressure that could reshape global energy markets within days.
Iran’s Bank of Industry and Mines, a state-owned institution, has frozen the accounts of the National Iranian Oil Company over unpaid debts, the Fars news agency reported. The bank’s board chairman is appointed by the Ministry of Economy. The freeze comes despite a provision in the budget law granting the oil company until March 20, 2027, to settle its obligations.
On July 29, the United States added ten entities and eight tankers to its sanctions list, accusing them of facilitating the shipment of Iranian oil and petroleum products through the Strait of Hormuz.
U.S. President Donald Trump said late Tuesday that negotiations with Iran were progressing well and that a result could come within 48 hours. “We’re moving along very well. We’ll know within 48 hours. It could happen tomorrow or the day after. Significant progress has been made,” he told reporters before leaving Los Angeles. He later told Fox News that the strait would open “very soon,” adding that otherwise Iran would “suffer a violent blow.”
Iran denies direct talks with Washington, saying it is only consulting with Oman on navigation in the Strait of Hormuz. CNN, citing a senior Gulf official familiar with the talks, put the chances of a deal by Friday at 50 percent. The Iranian delegation reportedly does not include representatives of the Islamic Revolutionary Guard Corps, whose approval would be required for any interim agreement.
Iranian state media stated that any deal with Oman does not provide for the immediate reopening of the strait, which will remain closed if the United States continues what Tehran calls violations and aggression. Press TV reported that Iran and Oman are developing a temporary central corridor through the strait; once operational, the northern and southern routes would be closed. Iranian Foreign Ministry spokesman Esmail Baghaei said the geographic coordinates of the new route have been agreed and a joint statement could be issued in the coming days if third parties do not obstruct the process. The route is intended to remain in force for two months or longer.
U.S. Central Command said American forces have helped more than 1,000 ships transit the strait over the past three months. As of August 4, Centcom had redirected 45 merchant vessels, disabled two, and boarded two others since the resumption of the maritime blockade of Iranian ports on July 14. Secretary of State Marco Rubio acknowledged progress in talks involving Iran and Oman but said no final decision had been reached. He maintained that the strait was open and that oil shipments were already moving through it. Rubio identified restoring normal navigation as the immediate priority, with nuclear talks to follow.
In a Fox News interview, Trump also declared that Iran’s renunciation of nuclear weapons would be formally confirmed.
Meanwhile, Yemen’s Houthi rebels claimed a ballistic missile attack on the Saudi tanker Wafa in the northern Red Sea near Yanbu. Military spokesman Yahya Saree said eight Saudi tankers have been targeted since the rebels imposed a maritime blockade on July 22, and 29 others were forced to change course. The Houthis threatened to expand operations northward to cut all Saudi shipping routes under a “blockade for blockade” strategy.
Pentagon figures show 687 U.S. service members wounded since Israeli and American operations against Iran began on February 28. Of those, 417 were wounded and 14 killed during Operation Epic Fury, which ended on May 5. An additional four killed and 270 wounded have been recorded since July 7 in unspecified overseas operations.
The Strait of Hormuz remains one of the world’s most critical oil chokepoints. Trump is promising a breakthrough within 48 hours. Iran and Oman are preparing their own temporary corridor. The Revolutionary Guards have not yet signed off. The Houthis continue striking. And Iran’s own bank has already frozen the oil company’s accounts.
The next few days will show whether the Gulf stabilizes or escalates.
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Moussa Nassourou