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Afrique du Sud : la CPI saisie après les violences xénophobes, Pretoria accusée d'avoir abandonné les migrants africains

Deux Ghanéens portent plainte contre l'Afrique du Sud devant la CPI pour son incapacité présumée à protéger les migrants africains. Pretoria rejette ces accusations tandis que plus de 160.000 étrangers ont fui les violences xénophobes.

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Afrique du Sud : la CPI saisie après les violences xénophobes, Pretoria accusée d'avoir abandonné les migrants africains


L'Afrique du Sud fait face à une nouvelle pression internationale. Deux ressortissants ghanéens ont officiellement saisi la Cour pénale internationale (CPI), accusant Pretoria de ne pas avoir protégé les migrants africains contre les violences xénophobes qui secouent le pays depuis plusieurs mois. Une initiative qui intervient alors que plus de 160.000 étrangers ont déjà quitté le territoire sud-africain, selon des estimations relayées par l'Agence France-Presse (AFP).


Une plainte devant la CPI pour des crimes contre l'humanité présumés


Selon les informations rapportées par la radio publique sud-africaine SABC, la plainte a été déposée par Palgrave Boakye-Danquah, ancien porte-parole du gouvernement ghanéen chargé des questions de sécurité, et Emmanuel Kotin, analyste indépendant spécialisé dans la lutte contre le terrorisme.


Les deux requérants demandent à la Cour pénale internationale d'ouvrir une enquête préliminaire sur les violences visant les migrants africains en Afrique du Sud.


Dans leur dossier, ils soutiennent que les attaques contre les étrangers seraient généralisées et systématiques, une qualification qui pourrait, selon eux, relever de la catégorie des crimes contre l'humanité prévue par le Statut de Rome.


Les plaignants reprochent également au gouvernement sud-africain son inaction, son incapacité présumée à assurer la sécurité des migrants et son manque de volonté à poursuivre les auteurs de ces violences.


Pretoria rejette catégoriquement les accusations


Le gouvernement sud-africain n'a pas tardé à réagir.


Dans un communiqué consulté, le ministère sud-africain des Affaires étrangères qualifie cette plainte de « requête opportuniste » et estime qu'elle ne répond pas aux critères juridiques nécessaires pour justifier l'ouverture d'une procédure devant la CPI.


Pretoria affirme respecter pleinement sa Constitution ainsi que ses engagements internationaux en matière de protection des droits humains.


Les autorités rappellent notamment qu'elles appliquent les dispositions relatives à la lutte contre les crimes de haine, le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et toutes les formes d'intolérance.


Selon le gouvernement, les éléments présentés par les plaignants ne satisfont pas aux exigences légales permettant à la Cour pénale internationale d'engager une enquête.


Plus de 160.000 migrants ont quitté l'Afrique du Sud


La plainte intervient dans un contexte particulièrement tendu.


D'après les estimations de l'AFP, plus de 160.000 ressortissants africains ont quitté l'Afrique du Sud depuis la fin du mois de mai, fuyant les violences et le climat d'insécurité.


Parmi eux figurent :



  • plus de 108.300 Zimbabwéens ;

  • près de 46.900 Malawites ;

  • 1.490 Nigérians ;

  • 926 Ghanéens.


Des milliers de Mozambicains ont également regagné leur pays, tandis que plusieurs centaines de ressortissants de l'Ouganda, du Lesotho, du Kenya et de la République démocratique du Congo ont été rapatriés.


Des violences qui continuent d'inquiéter l'Afrique


Le bilan humain reste lourd.


Au moins quatre ressortissants africains ont perdu la vie lors des violences recensées jusqu'à présent : un Malawite, deux Mozambicains et un Éthiopien.


Depuis le début de l'année, plusieurs provinces sud-africaines sont le théâtre de manifestations hostiles aux étrangers africains.


Ces rassemblements dégénèrent régulièrement en affrontements avec les forces de l'ordre, en pillages de commerces appartenant à des migrants et en troubles à l'ordre public.


Face à cette dégradation sécuritaire, plusieurs gouvernements africains, notamment le Nigeria, le Ghana, le Malawi et le Mozambique, ont organisé des opérations de rapatriement pour leurs ressortissants.


Une affaire aux conséquences diplomatiques


Au-delà de son aspect judiciaire, cette saisine de la CPI pourrait avoir des répercussions diplomatiques entre Pretoria et plusieurs capitales africaines.


L'Afrique du Sud demeure l'une des principales destinations économiques du continent, attirant chaque année des milliers de travailleurs venus des pays voisins. Cependant, la récurrence des violences xénophobes fragilise cette position et ravive les critiques sur la capacité des autorités à garantir la sécurité des populations étrangères vivant sur son territoire.


À ce stade, la Cour pénale internationale n'a pas annoncé l'ouverture d'une enquête. Si elle décidait d'examiner la plainte, il lui faudrait d'abord déterminer si les critères de compétence et de recevabilité prévus par le Statut de Rome sont réunis.




South Africa Faces ICC Complaint Over Xenophobic Violence Against African Migrants


South Africa is facing growing international scrutiny after two Ghanaian nationals filed a complaint before the International Criminal Court (ICC), accusing the government of failing to protect African migrants from recurring xenophobic attacks.


According to South African public broadcaster SABC, the complaint was submitted by Palgrave Boakye-Danquah, former spokesperson on security issues for the Ghanaian government, and Emmanuel Kotin, an independent counterterrorism analyst.


The applicants are requesting the ICC to open a preliminary examination into the attacks against African migrants, arguing that the widespread and systematic violence could amount to crimes against humanity. They accuse the South African government of failing to protect migrants, investigate the attacks, and prosecute those responsible.


South Africa's Department of International Relations and Cooperation dismissed the allegations, describing the complaint as an "opportunistic petition." In a statement, Pretoria said the country fully enforces constitutional provisions against hate crimes and hate speech while honoring its international human rights obligations, including commitments to combat racism, racial discrimination, xenophobia, and related intolerance.


The government also argued that the complaint does not meet the legal threshold required for the ICC to initiate proceedings.


The complaint comes as more than 160,000 African nationals have reportedly left South Africa since late May, according to estimates cited by Agence France-Presse (AFP).


More than 108,300 Zimbabweans have returned home, alongside nearly 46,900 Malawians. Nigeria and Ghana have repatriated 1,490 and 926 citizens respectively. Thousands of Mozambicans have also returned home, while hundreds of Ugandans, Basotho, Kenyans, and Congolese have left South Africa.


At least four African migrants—one Malawian, two Mozambicans, and one Ethiopian—have been killed during the violence.


Since the beginning of the year, anti-foreigner demonstrations have repeatedly erupted across several South African regions, often leading to clashes with police, looting of migrant-owned businesses, and widespread public disorder.


Several African governments, including Nigeria, Ghana, Malawi, and Mozambique, have organized evacuation and repatriation operations for their citizens as security conditions continue to deteriorate.


The ICC has not yet indicated whether it will proceed with a preliminary examination of the complaint.


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Mouahna Divine

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