Nigeria en feu : Bandits et choléra, le double calvaire du Nord
Abuja, 23 juillet 2026 – Le nord du Nigeria continue de saigner. Entre les balles des bandits et les eaux contaminées du choléra, des centaines de familles vivent un véritable cauchemar quotidien. En l’espace de quelques jours seulement, deux fléaux distincts ont encore frappé cette région déjà martyrisée.
Du 17 au 19 juillet, une bande criminelle lourdement armée a semé la terreur dans onze villages de la région de Maru, dans l’État de Zamfara (nord-ouest). Selon des habitants et les autorités locales cités par l’Agence France-Presse (AFP), plus de 40 personnes ont été enlevées et sont toujours retenues en otages.
Alhaji Lauwali Abdullahi, résident de Maru, ne cache pas son désarroi : il pointe directement du doigt le redouté bandit Kachalla Sa’idu et son groupe comme auteurs de ces raids. De son côté, Bello Jabaka, responsable du gouvernement local de Maru, a confirmé les enlèvements et annonce qu’il va réclamer des renforts de sécurité immédiats. Contactée, la police de l’État de Zamfara n’a pour l’heure fait aucun commentaire.
Ces attaques s’inscrivent dans une triste routine. Dans le nord-ouest nigérian, des groupes armés multiplient les raids sur les villages, enlèvent contre rançon et rackettent les populations rurales souvent abandonnées à leur sort.
Pendant ce temps, dans le nord-est…
À plus de 800 kilomètres de là, dans l’État de Borno, une autre urgence, silencieuse mais tout aussi mortelle, fait des ravages. Selon le journal Premium Times, citant Médecins Sans Frontières (MSF) et les autorités locales, au moins 198 personnes sont mortes du choléra depuis le début de l’épidémie en mai. Le nombre total de cas avoisine les 35 500.
MSF, en première ligne, a pris en charge plus de 24 000 patients suspects au 12 juillet, dont plus d’un quart dans un état grave à l’admission. L’organisation soutient deux centres spécialisés, cinq unités de soins et 17 points de réhydratation orale. Pourtant, l’ONG tire la sonnette d’alarme : la maladie se propage plus vite que les réponses apportées.
Manque d’eau potable, hygiène déplorable et accès limité aux soins : les causes sont bien connues, mais persistent. Mi-juin déjà, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH) recensait 90 décès et plus de 12 000 cas. Le bilan n’a fait qu’empirer depuis.
Face à cette double tragédie, habitants et observateurs s’interrogent : jusqu’à quand le nord du Nigeria restera-t-il otage de l’insécurité et de l’abandon ? Les autorités fédérales sont attendues au tournant. La population, elle, n’en peut plus.
Nigeria on Fire: Bandits and Cholera, the Double Agony of the North
Abuja, July 23, 2026 – Northern Nigeria continues to bleed. Between bandits’ bullets and contaminated water, hundreds of families are living a daily nightmare.
Between July 17 and 19, a heavily armed criminal gang terrorized eleven villages in the Maru area of Zamfara State (northwest). According to residents and local authorities cited by AFP, more than 40 people were abducted and remain hostages.
Alhaji Lauwali Abdullahi, a resident of Maru, directly accuses the notorious bandit Kachalla Sa’idu and his group. Bello Jabaka, the local government chairman, confirmed the kidnappings and said he would request immediate security reinforcements. The Zamfara State Police is yet to comment.
These attacks are part of a grim pattern. Armed groups in northwest Nigeria routinely raid villages, kidnap for ransom, and extort rural populations often left to fend for themselves.
Meanwhile, in the northeast…
In Borno State, a silent but deadly cholera outbreak has claimed at least 198 lives, with around 35,500 cases recorded since May, according to Premium Times, citing MSF and state authorities.
By July 12, MSF had treated over 24,000 suspected patients, more than a quarter admitted in critical condition. The medical NGO is supporting two specialized centers, five treatment units, and 17 oral rehydration points. However, MSF warns that the disease is spreading faster than containment efforts.
Lack of clean water, poor sanitation, and limited healthcare access remain the main drivers. By mid-June, the UN OCHA had already reported 90 deaths and over 12,000 cases. The situation has since worsened.
Faced with this double tragedy, residents and observers wonder how much longer northern Nigeria will remain hostage to insecurity and neglect. Federal authorities are under pressure as the population reaches breaking point.
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Moussa Nassourou