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Cameroun : la BAD approuve déjà près de 834 milliards FCFA, mais un défi majeur freine encore les projets

La Banque africaine de développement a déjà approuvé 833,8 milliards FCFA pour le Cameroun dans le cadre du DSP 2023-2028. Malgré cette forte dynamique, les décaissements restent limités et plusieurs obstacles ralentissent encore l'exécution des projets.

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Cameroun : la BAD approuve déjà près de 834 milliards FCFA, mais l'exécution des projets reste le véritable défi


Le partenariat entre le Cameroun et la Banque africaine de développement (BAD) poursuit sa montée en puissance. Depuis le lancement du Document de stratégie pays (DSP) 2023-2028, l'institution financière panafricaine a approuvé huit nouvelles opérations représentant 833,8 milliards de FCFA, soit 67,9 % du programme indicatif initial estimé à 1 227,5 milliards de FCFA.


Ces chiffres, publiés le 17 juillet 2026 par la BAD, illustrent une accélération notable des engagements financiers en faveur du Cameroun. Toutefois, les données révèlent également une réalité plus nuancée : transformer ces financements en infrastructures achevées, en services publics et en emplois demeure le principal défi.


Une mobilisation financière en nette progression


Depuis le début de la stratégie 2023-2028, les engagements de la BAD au Cameroun ont fortement progressé.


Ils atteignent désormais 1 603,6 milliards de FCFA, contre 1 226,2 milliards au lancement du DSP, soit une hausse de 377,4 milliards de FCFA (+30,8 %).


Parallèlement, la capacité annuelle d'accès du Cameroun aux ressources du guichet BAD est passée de 273,3 milliards à 429,4 milliards de FCFA, représentant une augmentation de 57,1 %.


Ces indicateurs témoignent d'une confiance renouvelée de l'institution financière envers les projets camerounais, sans pour autant garantir une mise en œuvre immédiate des investissements.


Un taux de décaissement encore limité


Malgré l'accélération des approbations, les financements ne sont pas encore consommés au même rythme.


Selon la revue conjointe du portefeuille présentée le 14 juillet 2026 à Yaoundé, le portefeuille actif de la BAD au Cameroun, évalué à 1 629,2 milliards de FCFA, affiche un taux cumulé de décaissement de 26 %.


La BAD précise toutefois que ce pourcentage concerne l'ensemble des opérations en cours, y compris celles approuvées avant le DSP 2023-2028. Il ne signifie donc pas que seuls 26 % des 833,8 milliards récemment approuvés ont été effectivement décaissés.


Des blocages administratifs persistent


La revue du portefeuille met en évidence plusieurs difficultés qui ralentissent encore la mise en œuvre des projets financés.


Parmi les principaux obstacles figurent :



  • les délais de signature et d'entrée en vigueur des conventions de financement ;

  • l'insuffisance des fonds de contrepartie mobilisés par l'État ;

  • les retards dans la transmission des rapports d'audit ;

  • certaines lenteurs dans les procédures de passation des marchés.


Ces contraintes retardent plusieurs étapes essentielles, notamment la mobilisation des entreprises, le lancement des travaux et le décaissement effectif des ressources.


Les infrastructures restent largement prioritaires


Le portefeuille de la BAD demeure fortement concentré sur les infrastructures.


La répartition actuelle des financements est la suivante :



  • Transports : 53,83 % (environ 877 milliards de FCFA) ;

  • Énergie : 22,32 % (près de 364 milliards de FCFA) ;

  • Agriculture : 10,8 % ;

  • Secteur social : 9,19 %.


Les secteurs des transports et de l'énergie concentrent ainsi plus des trois quarts des financements mobilisés par la Banque au Cameroun.


Une amélioration de la performance opérationnelle


Un indicateur traduit néanmoins une évolution encourageante.


La part des projets classés en "alerte rouge" est passée de 48 % fin février à 26 % à la mi-juillet 2026, soit une baisse de 22 points de pourcentage.


Selon la BAD, cette catégorie regroupe les projets présentant des risques critiques susceptibles de compromettre leur calendrier ou leurs objectifs.


Cette amélioration montre une réduction des difficultés opérationnelles, mais elle ne signifie pas que les fonds ont déjà été entièrement décaissés ou que les travaux sont achevés.


Le taux global de décaissement demeure, lui, fixé à 26 %.


Un plan d'accélération pour améliorer l'exécution


Afin d'améliorer les performances du portefeuille, le Cameroun et la BAD ont adopté en février 2026 un plan d'accélération reposant notamment sur :



  • des contrats de performance ;

  • des revues sectorielles mensuelles ;

  • un suivi prioritaire des projets signés mais sans décaissement depuis plus de quinze mois.


À cette occasion, Léandre Bassolé, directeur général de la BAD pour l'Afrique centrale, avait déclaré :


« Nous devons passer d'une logique de procédures à une culture de résultats. »


Selon les responsables de la Banque, la baisse du nombre de projets en difficulté pourrait refléter les premiers effets de ces mesures. Leur impact devra cependant être confirmé par une progression des décaissements et une accélération de l'exécution des chantiers.


Transformer les financements en réalisations concrètes


Le ministère camerounais de l'Économie met déjà en avant plusieurs réalisations issues du partenariat avec la BAD, notamment :



  • plus de 570 kilomètres de routes réalisés ;

  • la centrale hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) ;

  • la distribution de plus de 133 000 tonnes d'engrais et de semences améliorées.


Les projets actuellement en cours devraient également permettre la création de plus de 14 500 emplois directs, principalement destinés aux jeunes et aux femmes.


Toutefois, ces projections restent liées au rythme réel d'exécution des projets et à la capacité des différentes administrations à lever les obstacles administratifs.


À l'issue de la revue, Léandre Bassolé a rappelé que « le secteur privé devra être au cœur de la transformation économique du pays », soulignant que la réussite de la seconde moitié du DSP dépendra autant de la rapidité d'exécution que du volume des financements approuvés.


À ce stade, les chiffres publiés par la BAD traduisent une dynamique positive des engagements financiers. Leur impact économique sera toutefois apprécié à l'aune des décaissements effectifs, de l'avancement des projets et de leur capacité à produire des infrastructures, des services et des emplois durables.




Cameroon: AfDB approves nearly CFA 834 billion, but project implementation remains the biggest challenge


The African Development Bank (AfDB) has approved eight new operations worth CFA 833.8 billion for Cameroon since the launch of its 2023–2028 Country Strategy Paper (CSP). This represents 67.9% of the CFA 1.227 trillion initially planned under the strategy.


While these figures highlight a significant acceleration in financing approvals, implementation remains a key concern. According to the joint portfolio review presented in Yaoundé, the Bank's active portfolio in Cameroon totals CFA 1.629 trillion, with an overall disbursement rate of 26%.


The AfDB stresses that this percentage applies to the entire active portfolio, including projects approved before the current CSP, and should not be interpreted as meaning that only 26% of the newly approved CFA 833.8 billion has been disbursed.


The Bank also notes persistent implementation challenges, including delays in signing financing agreements, insufficient government counterpart funding, procurement bottlenecks and late audit reports.


Infrastructure continues to dominate the portfolio, with transport accounting for 53.83% of financing and energy representing 22.32%.


A positive development is the decline in projects classified as "red alert", from 48% in February to 26% in mid-July 2026, suggesting improved operational performance.


The Ministry of Economy highlights achievements already supported by the AfDB, including more than 570 kilometres of roads, the 420 MW Nachtigal hydropower plant, and the distribution of over 133,000 tonnes of fertilizers and improved seeds.


According to the AfDB, the priority for the remainder of the 2023–2028 strategy is no longer only to secure financing approvals, but to accelerate project execution so that investments translate into tangible infrastructure, economic growth and job creation.


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